Depuis plusieurs jours, de nombreux échanges et questions sur les réseaux sociaux portent sur la récente contamination au norovirus des productions conchylicoles (moules et huîtres) de la zone de Tamaris. Causes, responsabilités, conséquences sanitaires : face aux approximations et aux raccourcis, l’APE souhaite apporter des éléments factuels, techniques et scientifiques afin d’éclairer le débat.
Quelle est l’origine des norovirus dans l’environnement marin ?
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) décrit clairement les mécanismes en jeu.
Les norovirus sont des virus strictement humains. Lorsqu’une personne est atteinte de gastro-entérite à norovirus, elle devient un réservoir viral et excrète de grandes quantités de virus dans ses selles. En période hivernale, lors des épidémies de gastro-entérites, ces rejets sont massifs et se retrouvent dans les eaux usées collectées dans le réseau sanitaire, puis traitées par les stations d’épuration avant rejet dans le milieu naturel.
En cas de fortes pluies, les réseaux d’assainissement peuvent être saturés. Des débordements ou rejets d’eaux usées non traitées, parfois diluées mais toujours contaminées, peuvent alors se disperser dans les eaux marines littorales et, le cas échéant, dans les zones de production conchylicole locales. C’est ce qui se produit dans zone de la baie du Lazaret-Tamaris
D’autres sources de contamination microbiologique existent également, comme le rejet accidentel en mer de filtres biomédias provenant des stations d’épuration. C’est ce que l’APE a régulièrement observé sur la presqu’ile et signalé au préfet (courrier N°APE 2022-54 du 17 novembre 2022).
En revanche incriminer une pollution microbiologique due aux fientes des oiseaux marins au moment des pluies n’apparait pas réaliste à l’échelle d’une baie comme celle du Lazaret-Tamaris. C’est une hypothèse locale mise en avant mais qui ne nous est jamais apparu comme crédible comme cela a indiqué lors de la réunion du 27 juin 2022 de la Commission régionale des cultures marines (CRCM). « FNE PACA/APE est dubitative quant à la piste de l'origine aviaire, et rappelle qu'il reste un résultat supérieur à 35000 E. coli/100ml en 2021.»
Pourquoi les huîtres et les moules sont-elles concernées ?
Les norovirus sont très résistants dans l’environnement marin, mais ils ne s’y multiplient pas, pas plus qu’ils ne se multiplient dans les huîtres. En revanche, les huîtres et les moules sont des coquillages filtreurs : une huître peut filtrer jusqu’à 5 litres d’eau de mer par heure pour se nourrir.
Ce mécanisme conduit à une concentration des virus initialement présents dans l’eau de mer, pouvant atteindre un facteur 100 dans les coquillages. La charge virale ainsi accumulée devient suffisante pour provoquer des gastro-entérites aiguës chez les personnes qui consomment ces coquillages crus ou insuffisamment cuits.
C’est ce mécanisme bien connu qui s’est une nouvelle fois produit en décembre dernier, notamment dans la rade de Toulon, comme cela a également été observé dans l’étang de Thau.
Des témoignages concordants sur le web indiquent par ailleurs qu’au cours des fortes pluies de décembre, les stations de relevage des eaux usées, en particulier celle de Saint-Elme, ont débordé, entraînant une surveste et le ruissellement d’eaux usées dans le réseau pluvial débouchant en mer.
Des alertes anciennes et des propositions ignorées
Depuis de nombreuses années, les associations FNE et APE alertent les autorités sur la contamination microbiologique chronique des eaux de la rade de Toulon et de la baie du Lazaret. Ces alertes concernent à la fois la sécurité sanitaire des consommateurs et celle des baigneurs, mais aussi l’impact sur les écosystèmes marins.
Contrairement à ce qu’affirme de façon récurrent un politicien local détracteur de nos associations, ces démarches n’ont jamais visé à nuire aux activités conchylicoles. Elles visent bien au contraire à garantir leur pérennité, en assurant une qualité des eaux compatible avec les exigences sanitaires et environnementales.
Aussi les associations préconisent notamment :
- La rénovation accélérée des secteurs vétustes des réseaux d’assainissement, afin de réduire les sources de pollution.
- Le renforcement et l’adaptation du réseau de surveillance des productions aquacoles aux spécificités hydrodynamiques de la rade.
- Une réévaluation régulière du classement sanitaire préfectoral des zones conchylicoles, condition indispensable à une gestion responsable du risque.
Ces préoccupations ont été exprimées à plusieurs reprises en réunions de la CRCM (20220627, 20230512, ifremer 20240117, 20240117) et par des courriers adressés au préfet du Var (22-58, 23-02, 23-31, 24-10)
Une gestion du risque perfectible dans le Var
Les associations ont notamment souligné les différences de gestion des épisodes pluvieux intenses entre départements, en comparant le Var et l’Hérault. En décembre 2022, à la suite d’un signalement d’épidémie de gastro-entérites, la préfète de l’Hérault avait rapidement pris des arrêtés d’interdiction de commercialisation des coquillages de l’étang de Thau.
Dans le Var, malgré des situations comparables, la gestion apparaît moins réactive. Les associations ont demandé à plusieurs reprises la communication des résultats d’analyses de norovirus sur les productions de Tamaris, sans jamais obtenir de réponse.
Les limites actuelles de la surveillance microbiologique
L’ANSES recommande aux consommateurs de s’approvisionner exclusivement dans des zones de production autorisées et contrôlées. Ces zones font l’objet d’une surveillance microbiologique fondée principalement sur la mesure d’Escherichia coli, bactérie indicatrice de contamination fécale.
Ce choix méthodologique permet une réaction rapide, car les résultats de mesure sont obtenus très rapidement. En revanche la quantification des norovirus dans les coquillages est plus longue et plus complexe. Toutefois, les prélèvements de surveillance et donc les mesures d’Escherichia coli ne sont pas systématiquement réalisés lors des épisodes pluvieux. Pourtant ce sont, précisément les périodes les plus à risque sanitaire pour les consommateurs de coquillages.
Cette lacune crée un « angle mort sanitaire » que les associations estiment nécessaire de corriger sans délai.
Par ailleurs, depuis plusieurs années, les valeurs les plus élevées de contamination sont écartées des rapports de synthèse d’Ifremer, ce qui introduit des biais d’interprétation de la qualité microbiologique réelle des eaux (Réunion CRCM du 12 mai 2023 et du 17 janvier 2024, courrier au préfet du 18 février 2024 N°APE 2024-10 et rapport FNE/APE/Les gardiens de la rade d’analyse des données historiques des contaminations bactériologiques des moules du Lazaret).
Un contexte environnemental aggravant
L’évolution climatique en cours et prévisible avec l’augmentation des pollutions entraînent déjà des effets mesurables dans la rade de Toulon : hausse de la température estivale, accumulation de plastiques et développement de germes pathogènes naturellement présents en milieu marin. C’est par exemple le cas de Vibrio parahaemolyticus, bactérie entéropathogène pouvant également contaminer les produits de la mer produisant des gastro-entérites sévères (Réunion de la CRCM du 1 décembre 2022 et courrier au préfet APE 2022-58 du 8 décembre 2022).
Conclusion : appliquer la réglementation, sans la contourner
Pour l’APE et FNE et de nombreux scientifiques il n’y aucun mystère à résoudre concernant l’origine de ces pollutions microbiologiques à répétition et « casser le thermomètre ne fait pas tomber la fièvre ».
Nier la source et les causes du problème, le réseau sanitaire vétuste à rénover, ne permet ni de protéger la santé publique, ni de sécuriser durablement les activités conchylicoles.
Aussi, les associations demandent l’application rigoureuse des critères de classement sanitaire des zones conchylicoles, tels que définis par le règlement (CE) n° 854/2004 et les instructions DGAL/SDSSA/2016-448, et en particulier :
- la révision du plan de surveillance de la zone conchylicole du Lazaret-Tamaris, avec des prélèvements systématiques lors de fortes pluies ;
- la prise en compte de l’ensemble des résultats analytiques, y compris les valeurs élevées, dans le calcul du classement sanitaire.
La transparence, l’adaptation des méthodes de contrôle et la prévention en amont sont les seules réponses responsables face à un risque sanitaire avéré.
Il en va de la protection des consommateurs, de la crédibilité des filières locales et de la qualité environnementale de la rade de Toulon.
Pour en savoir plus
- ANSES : L'investigation des toxi-infections alimentaires collectives
- ANSES : Comment éviter les intoxications alimentaires liées aux norovirus ?
- ANSES : Fiche AFSSA sur Vibrio parahaemolyticus
- Le Pèlerin du 11 février 2025 : Un an après la contamination au norovirus, les ostréiculteurs décident de briser un tabou.
- Le Figaro avec AFP édition du 12 janvier 2024: Huîtres contaminées : «Beaucoup savaient», estime une association qui porte plainte. Huîtres contaminées : «Beaucoup savaient», estime une association qui porte plainte. Le Figaro avec AFP édition du 12 janvier 2024.
Le 9 janvier 2026, le préfet du Var a pris un arrêté portant interdiction temporaire de la pêche, du ramassage, du transport, de la purification, de l’expédition, du stockage, de la distribution, de la commercialisation et de la mise à la consommation humaine des coquillages issus de la Baie du Lazaret, en raison d’une contamination par des norovirus. Cet arrêté a fait l’objet d’un communiqué de presse le 10 janvier sans préciser la source de cette contamination.
Cette décision intervient dix jours après un arrêté similaire pris le 30 décembre 2025 par la préfète de l’Hérault, concernant les productions de l’étang de Thau, également interdites à la commercialisation pour contamination virale.
Des alertes sanitaires antérieures à la décision préfectorale
Or, dès la fin décembre, de nombreux signalements de troubles digestifs sévères chez des consommateurs de coquillages de la baie du Lazaret–Tamaris ont circulé sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, près de quinze jours avant l’interdiction officielle de commercialisation.
L’APE, FNE-Var ne sont malheureusement pas surprises par cette situation puisque à de nombreuses reprises elles ont transmis au préfet leurs inquiétudes concernant l’impact de ces contaminations bactériologiques sur la santé des consommateurs des productions locales.
Des contaminations récurrentes connues de longue date
Depuis de nombreuses années (2020, 2021, etc..), les associations APE et France Nature Environnement alertent sur les contaminations microbiologiques récurrentes des productions conchylicoles du Lazaret, en particulier après les épisodes de fortes pluies.
Les causes sont bien identifiées : les dysfonctionnements des réseaux d’assainissement lors des pluies intenses, avec rejets d’eaux usées insuffisamment traitées en rade de Toulon via les déversoirs d’orage.
Pourtant, plutôt que de traiter le problème à la source, et d'adapter le réseau d’assainissement, notre association et son président évidemment ont été attaqués, certains et non des moindre, le Président du Comité de baie lui-même, allant jusqu’à mettre en cause les résultats de la surveillance bactériologique et suspecter les oiseaux comme responsables de ces contaminations...
Une étude devait être réalisée pour le démontrer mais 5 ans plus tard, les résultats ne sont toujours pas connus. Il est urgent d’attendre pour les publier peut-être ? alors que les contaminations persistent…
Une surveillance inadaptée et biaisée
Récemment, l’APE/FNE a publié un rapport d’analyse des données historiques de contamination bactériologique des moules du Lazaret. Celui-ci met en évidence un biais méthodologique majeur dans le dispositif de surveillance utilisé pour le classement sanitaire de la rade.
En effet :
- Les prélèvements officiels ne sont généralement pas réalisés en période de pluie, précisément lorsque les moules et huîtres sont le plus exposées aux contaminations microbiologiques.
- L’analyse des rapports annuels de l’Ifremer montre que la fréquence des prélèvements varie fortement selon les années, sans garantir une représentativité suffisante des situations à risque.
- L’exclusion quasi systématique des résultats d’analyse obtenus en période de précipitations, pourtant révélateurs de contaminations élevées, affaiblit gravement la représentativité de la surveillance.
- De plus, la non-prise en compte d’un nombre important de résultats supérieurs à 4 600 E. coli/100 g de chair et liquide intervalvaire, observée notamment en 2021 et 2022, introduit un biais supplémentaire dans le classement de la zone.

Casser le thermomètre ne fera pas baisser la fièvre ! Ces pratiques ne sont pas conformes à l’objectif ni aux critères de la réglementation en vigueur pour le classement sanitaire des zones conchylicoles, tels que définis par le règlement (CE) n° 854/2004 et les instructions DGAL/SDSSA/2016-448.
Des préconisations ignorées
Depuis des années, l’APE et FNE demandent une évolution de la méthodologie de surveillance, afin d’assurer une protection effective des consommateurs et une information honnête des professionnels comme du public.
Nous préconisons notamment :
- La révision du plan de surveillance de la zone conchylicole du Lazaret afin d’intégrer des prélèvements réguliers et systématiques lors des fortes précipitations, comme cela se pratique dans de nombreuses autres zones de production françaises.
- La prise en compte de l’ensemble des résultats analytiques, y compris les valeurs élevées de contamination, pour le calcul du classement sanitaire des zones de production.
Attendre encore, au détriment de la santé publique
Nous sommes ici face à un cas emblématique des conséquences de l’inaction, le fameux il est urgent d’attendre : :
- attendre pour adapter la surveillance aux réalités des réseaux d’assainissement,
- attendre pour reconnaître les situations chroniques de contamination, et
- attendre pour informer et protéger les consommateurs après de fortes pluies.
Cerise sur le gâteau, depuis mi-2024, les données de la surveillance bactériologique ne sont plus disponibles sur le site dédié de la surveillance marine (SURVAL) de l’Ifremer. Ce que nous avons déplorons régulièrement lors des réunions de la Commission des cultures marines, sans succès !
Ce n’est ni en minimisant ni en niant le problème que les autorités et les élus locaux parviendront à le résoudre.
La transparence, l’adaptation des méthodes de contrôle et la prévention en amont sont les seules réponses responsables face à un risque sanitaire avéré.
A lire :
Sécurité nucléaire, transparence, environnement et protection des populations civiles : des enjeux majeurs au cœur des échanges
France Nature Environnement (FNE) Var représentée par l’APE, a participé en tant que membre de la Commission d’information du port militaire de Toulon à la réunion du 8 janvier 2026. À cette occasion, plusieurs sujets essentiels relatifs à la sûreté nucléaire, à l’environnement, à l’information du public et à la protection des populations civiles ont été abordés avec les autorités militaires et civiles compétentes.
Transparence des travaux du comité
Lors de l’approbation du compte-rendu de la réunion du 13 janvier 2025, l’APE a signalé l’absence de pièces jointes, dont une annexe explicitement mentionnée dans le document. Les autorités se sont engagées à transmettre l’ensemble des documents manquants.
Activités du port militaire et perspectives
Les autorités ont présenté un panorama des activités menées en 2024 et 2025 ainsi que celles prévues à l’horizon 2026. Trois nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque de classe Suffren ont rejoint la base de Toulon, complétant la flotte existante de bâtiments de la classe Rubis (Perle et Améthyste). Un nouveau bassin, réceptionné en 2025, a été conçu en intégrant le risque sismique.
La période d’entretien intermédiaire du porte-avions Charles de Gaulle s’est déroulée sur huit mois pour se terminer en janvier 2024. Les travaux d’adaptation des infrastructures destinées au futur porte-avions de nouvelle génération devraient débuter en 2027 pour une mise en service prévue à l’horizon 2035.
Bilan 2024 de la sûreté nucléaire et de l’environnement
Les bilans 2024 de la sûreté nucléaire et de l’impact des activités nucléaires sur la santé et l’environnement ont été présentés par l’Autorité militaire du port.
Les effluents radioactifs liquides sont intégralement transférés hors site vers des installations spécialisées, sans rejet dans les eaux de la petite rade. Les rejets radioactifs gazeux, notamment ceux liés au porte-avions et à l’Atelier Pierre Léger, sont restés très inférieurs aux limites réglementaires en 2024. Le tritium représente la part la plus importante de ces rejets, avec 7,4 % seulement de l’autorisation annuelle. Les déchets nucléaires, essentiellement de très faible activité et en volumes limités, sont entreposés dans des installations dédiées. Les données mises à jour en 2023 sont accessibles sur le site de l’Andra.
Résultats de mesure en continue du débit de dose gamma ambiant (nanosievert/heure) d’une station installée à proximité de la base navale (200m) et d’une station plus élognée (1 km) de la base (Source réseau Teleray-ASNR).
Les résultats de mesure en continue de la dose gamma ambiante des différentes stations Marine installées sur la base navale n’ont pas montré d’anomalie des niveaux habituels, ni celles du système Téléray de l’ASNR.
Les mesures des radionucléides sur des échantillons des différents compartiments de l’environnement (air, mer, sols, chaîne alimentaire) ne montrent aucune augmentation de la radioactivité imputable aux activités nucléaires du site. L’exposition annuelle maximale estimée pour la population riveraine à partir des données de rejets radioactifs est infime (inférieure à 1 nanosievert/an), très largement en deçà de la radioactivité naturelle en France (de l’ordre en moyenne nationale de 3 millisievert/an) et du seuil réglementaire (1 millisievert).
Plusieurs exercices de sécurité nucléaire ont par ailleurs été conduits en 2024.
Exercice national PPI 2026 – ORSEC
L’autorité préfectorale a présenté l’exercice national PPI nucléaire prévu du 1er au 2 avril 2026. Il simulera un accident sur un sous-marin de classe Suffren impliquant des mesures de mise à l’abri des populations. Cet exercice sera accompagné d’actions pédagogiques à destination des élèves des établissements scolaires, centrées sur la culture du risque et de la résilience.
Application du Plan particulier d’intervention nucléaire
FNE/APE a salué la mise à disposition des comprimés d’iode en janvier 2025 dans les communes concernées à la suite de la mise en application du nouveau PPI nucléaire du port (voir notre dossier 2025). Il a été précisé par l’Autorité préfectorale que trois millions de comprimés ont été commandés, que tous les établissements publics (toutes les écoles) ont été dotés, et qu’environ 19 % de la population des quatre communes concernées a retiré ses comprimés en pharmacie.
FNE/APE a en revanche réitéré sa demande d’installation d’une station de mesure du débit de dose au sud de la base navale, dans l’axe du mistral et à proximité de la presqu’île de Saint-Mandrier. Cette demande sera transmise aux autorités compétentes (ASNR, DSND). L’association a également regretté l’absence de publication en temps réel des données de débit de dose gamma ambiant de l’ensemble des stations de la base navale et l’absence de nouveaux résultats de mesure du tritium dans l’eau de mer, radionucléide important pour son rôle d’indicateur précoce d’éventuelle contamination.
Accident sur le chantier de la zone Milhaud
L’accident survenu le 18 août 2024 lors des travaux de refonte d’un appontement, ayant blessé quatre salariés, a été évoqué. Les autorités ont indiqué que l’état de santé des blessés est désormais rétabli. Les enquêtes judiciaire et technique sont toujours en cours.
Les travaux ne reprendront pas dans cette zone avant leurs conclusions et des adaptations des procédures sous-marines sont d’ores et déjà prévues. Aucun impact sur les activités nucléaires du port militaire n’a été constaté.
Épaves dans la petite rade de Toulon
FNE/APE a rappelé les risques persistants liés aux épaves encore présentes dans la rade, notamment à proximité du site du Lazaret (voir notre dossier 2025), en particulier pour la navigation, y compris des bâtiments à propulsion nucléaire, l’environnement marin et notamment au regard des risques de pollution chimique à proximité des zones de conchyliculture et de pisciculture.
Les autorités ont indiqué que les opérations avaient été financées par des crédits du Fonds vert qui ne pouvaient concerner que des opérations en littoral civil, mais qu’une intervention pourrait être envisagée ultérieurement à l’occasion d’autres opérations de travaux.
Contexte sécuritaire et protection des populations civiles
Enfin, FNE/APE a interrogé les autorités sur les survols de drones non identifiés signalés depuis l’automne 2025 au-dessus de sites militaires sensibles (Brest) et sur la préparation des populations civiles dans un contexte international marqué par la perspective de conflits de haute intensité.
Les autorités ont indiqué que ces sujets relevaient du domaine classifié et ne pouvaient être ni confirmés ni infirmés. Par contre, elles ont affirmé leur confiance dans les dispositifs de défense existants et dans la résilience locale, reposant notamment sur une forte présence militaire et les exercices interarmées.
France Nature Environnement Var et l’APE rappellent l’importance d’une information transparente, accessible et régulière à destination des citoyens, en particulier dans un territoire qui concentre des installations militaires et nucléaires majeures, et continueront à porter ces exigences au sein des instances de concertation.
Pour en savoir plus :
Ce matin, au lever du soleil, la super lune se couchait sur la rade. Dernière pleine lune de l’année, la plus extrême avant 2042, baptisée la « pleine lune froide », elle offrait un spectacle rare, que les lève tôt ont admiré depuis Saint-Mandrier. De quoi donner envie de sortir l’appareil photo pour partager ce moment avec celles et ceux qui dormaient encore… ou qui n’auront pas la patience d’attendre 17 ans, n’en déplaise au grincheux du coin.
Sur les premières photos, la lune, de belle taille, semble se faufiler entre les gréements des voiliers du port de Saint-Mandrier. Elle éclaire le littoral de la rade et les navires qui s’en échappent, comme le dernier bâtiment ravitailleur de force Jacques Stosskopf arrivé à Toulon le 31 juillet dernier.
Quelques heures plus tard, en début de soirée, la lune a fait son tour et se lève à nouveau, cette fois au-dessus de Toulon. Le décor est moins poétique : au premier plan, les panaches des navires de la Corsica Ferries, Mega Express Two et Mega Andrea, battant pavillon italien, continuent de rejeter leurs fumées dans l’atmosphère de la rade, sans branchement électrique à quai depuis le matin (Photographies prises ce matin 5 décembre 2025 entre 7h00 et 8h30 à et entre 17h30 et 18h00).
Les graphiques des stations Atmosud de mesure de la qualité de l’air du Claret et du Terminal Cote d'Azur ainsi qu'un capteur citoyen installé bd de Strasbourg montrent des niveaux de dioxyde d'azote (NO2) qui atteignent un maximum à 63.7 µg/m3 en soirée à 17h45 (TU+1) au niveau de la station à proximité des cheminées des ferries, valeur nettement plus élevée que l'objectif de qualité retenu en France de 40 µg/m³ et de 10 µg/m³ recommandée en 2021 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en moyenne annuelle. (L'axe des abscisses est donné en heure TU, l'heure d'hiver correspond à TU+1).
Tout irait donc bien d’après le bonimenteur local, puisqu’officiellement aucune hausse des polluants ne serait mesurée en moyenne dans l’air que nous respirons. Les panaches visibles à l’œil nu ne seraient donc… pas de la pollution. Une situation qui rappelle étrangement « La Trahison des images » , de René Magritte : ce que l’on voit ne correspond pas toujours à ce qui est écrit…
Ainsi, devant le Mega Express Two, on pourrait presque légender : « Ceci n’est pas un panache de pollution ». Pourtant, le ciel, nos poumons et ceux de nos enfants, eux, ne s’y trompent pas. (Photographie prises ce matin 5 décembre 2025 à 8h24).
L’APE se bat pour que nos élus regardent la réalité en face et agissent concrètement pour la qualité de l'air de notre Rade, même lorsque les capteurs sont muets !
Rejoignez l'APE pour agir ou faites un don pour soutenir nos actions,
Ah, la douce existence du cormoran moderne. Autrefois, c’était poissons, rochers et horizon dégagé. Aujourd’hui, c’est sardines, sacs plastique et parfums au carburant, édition spéciale port urbain 2025.
Je me perche sur les rochers au bout de la digue, en sortie de port, comme d’habitude. Sauf que désormais, j’ai vue panoramique sur le grand parc d’attractions des déchets flottants. À la surface, ça brille presque autant que le décor de Noël en cours d’installation, sauf que ce ne sont pas des guirlandes, mais des bouts de plastique et des films d’hydrocarbures.
La navette passe, les voitures défilent, tout le monde fait sa petite vie. Moi, je les regarde de loin, entre deux plongées dans ce bouillon de culture chimique. Avant d’ouvrir mes ailes pour sécher mes plumes au moindre rayon de soleil, j’ai droit à mon rituel : décrassage intensif des plumes, version « spa au gasoil ». Personne ne mettrait un orteil là-dedans, mais pour pêcher, il faut bien s’y coller.
L’eau a l’air froide et claire, si on ne regarde pas trop longtemps, presque propre vue que c’est la saison où le phytoplancton est plutôt timide. Mais en y regardant de près, c’est le festival: plastiques, débris, macro/micro-morceaux de civilisation qui flottent au milieu des méduses Pelagia, et au fond ce n’est pas mieux. Un joli voile de carburant complète le tout en recouvrant quasiment toute la surface du port, une ambiance parfum « eau de port 95 octane ». Un petit arc-en-ciel à la surface, très instagrammable, si on oublie que ça tue tout ce qui vit dessous, lentement mais surement...
Alors oui, la vie de cormoran, c’est sympa. Mais si les humains pouvaient éviter de transformer mon terrain de pêche en décharge flottante, ce serait encore mieux. En attendant, je pose, ailes déployées : « édition limitée, dernier cormoran avant rupture de stock ».
#Cormoran #PollutionDuPort #SaintMandrier #Plastique #FauneMarineFatiguée
Alors que la COP30 bat son plein à Belém (Brésil) du 10 au 21 novembre, les espoirs d'avancées climatiques s'amenuisent. Les émissions mondiales de CO2 atteignent près de 60 milliards de tonnes en 2025, en hausse de 2,3 % sur un an, malgré les engagements de l'Accord de Paris. Le Brésil, hôte de la conférence, annonce une baisse de 16,7 % de ses propres émissions, mais les contradictions persistent : exploitation pétrolière offshore et projets agro-industriels contribuent toujours au réchauffement climatique. António Guterres, secrétaire général de l'ONU, alerte sur une trajectoire de +2,5 °C d'ici 2100 si les NDC (contributions nationales) ne sont pas renforcées. L'Afrique, émettant moins de 4 % des GES mondiaux, exige une "justice climatique" et des compensations.
Et chez nous ? Novembre 2025 confirme le réchauffement climatique : records de douceur en France avec +6 à 10 °C au-dessus des normales (24 °C à Biarritz, 19,3 °C en Sarthe !). Seulement 10 % du territoire a connu une gelée en ce début de mois (contre 40 % habituellement), et le réchauffement mondial frôle les +0,8 °C. L'Arctique montre des écarts +15 °C au-dessus des normales, impactant la banquise.
Le Mega Andrea de la Corsica Ferries battant pavillon italien quitte la petite rade de Toulon tout panache de polluants dehors ce 12 novembre 2025 à 20h00.
Mais regardez ces photographies prises ce soir : un navire Corsica Ferries sort de la rade de Toulon en crachant un épais nuage de fumée ! Preuve criante que les promesses locales restent lettre morte. Malgré l'investissement de 20 M€ (69 % public) dans le branchement électrique à quai (Cenaq, enfin opérationnel depuis février 2025), seuls 39 branchements sur 836 escales (moins de 5 %) ont eu lieu au 26 octobre. "Ça fait cher l'escale", grince Philippe Leroy, élu métropolitain (Var-Matin du 3 octobre 2025).
La mairie de Toulon et la métropole TPM avec son 5ème vice-président chargé parait-il de la protection de l’environnement, développement durable, transition écologique et énergétique visaient 300 branchements, et une réduction de 80 % des émissions de gaz et particules fines. Résultat ? Les moteurs au fuel tournent encore, polluant l'air des riverains du Mourillon, du Faron et de Saint-Mandrier. La mairesse Josée Massi aurait écrit à Pierre Mattei (PDG Corsica Ferries) pour exiger le branchement systématique et la fin des "panaches noirs". Le maire de Saint-Mandrier quant à lui très courageusement et comme à son habitude pour déporter le débat des idées sur les personnes s’en prend aux « écolo-bobos de l’APE », …
Ces fumées locales symbolisent l'inaction globale et locale : alors que la COP parle finance et coopération, nos poumons étouffent sous les rejets de polluants des navires. L'APE alerte : il est urgent d'imposer le branchement électrique à quai (avec des sanctions si besoin) et de monitorer les émissions portuaires pour pousser à la modernisation de la flotte de ferries avec des navires plus propres. Protégeons notre rade, notre presqu’ile et notre santé !
Agissez avec nous : Partagez ces photos, exigez avec nous un "zéro fumée" effectif dans la rade de Toulon, et rejoignez nos actions pour un littoral propre. Contact :
#COP30 #ClimatUrgent #PollutionToulon #APE83430
Alors que le monde entier espérait un tournant décisif dans la lutte contre la pollution plastique, la cinquième session du Comité intergouvernemental de négociation des Nations Unies (INC-5.2), qui s'est tenue à Genève du 5 au 15 août 2025, s'est soldée par un échec retentissant. Malgré des mois de négociations intenses, aucun traité contraignant n'a été adopté. Les pays ambitieux, comme ceux soutenant des mesures fortes sur la réduction de la production de plastiques et la gestion des substances chimiques toxiques, ont rejeté un texte jugé trop faible, trop influencé par les lobbies pétroliers et les nations productrices de plastique. Résultat : les discussions ont été ajournées sans calendrier clair, laissant la planète face à un océan, c’est le cas de le dire, de déchets qui continue de croître de manière incontrôlée.
Cet échec n'est pas qu'une nouvelle abstraite venue des couloirs de l'ONU. Il résonne cruellement ici, sur le littoral de Saint-Mandrier-sur-Mer, où nos plages sont quotidiennement envahies par des débris plastiques échoués en quantité alarmante. Du microplastique aux bouteilles et sacs abandonnés, la pollution marine frappe de plein fouet le littoral de notre commune, menaçant la biodiversité locale, la santé de nos enfants qui jouent sur le sable, et l'économie touristique qui fait vivre tant de familles.
Un littoral sous assaut : les plastiques s'échouent et s’accumulent
À Saint-Mandrier, le phénomène n'est plus sporadique ; il est chronique sur l’ensemble des plages.
Nos plages sont systématiquement polluées par des débris de déchets plastique de toutes sortes et de toutes tailles, comme ces disques de biomédias issus des stations d'épuration des eaux usées (Plage de La Vieille, 5 au 17 avril 2025).
Prenez la plage de La Vieille, par exemple : en février dernier, une vidéo partagée par notre association révélait des amas de déchets plastiques de toutes sortes, venus des courants méditerranéens ou charriés par les tempêtes (N’hésitez pas à faire des arrêts sur image, c’est édifiant).
Plus récemment, lors de l'orage violent du 21 septembre 2025, les eaux de ruissellement ont emporté vers la mer une véritable marée de débris plastiques, mélangés à des bactéries fécales, polluant irrémédiablement nos côtes.
Ces événements ne sont pas isolés : des opérations comme "Rade Propre" en juin 2025, menées par les plongeurs de la Marine nationale, ont permis de ramasser des pneus et déchets plastiques des fonds marins face à nos plages, soulignant l'ampleur du problème sous-marin qui remonte inévitablement à la surface.
La Méditerranée, est l'une des mers les plus polluées au monde par le plastique : chaque année, des tonnes de déchets issus de l'ensemble du bassin versant s'échouent sur ses rivages. À Saint-Mandrier, cela se traduit par des plages jonchées de bouteilles, barquettes, fils de pêche, biomédia issus de stations d’épuration, bouchons et de fragments indégradables qui sont enfoui dans le sable rajouté.
Les eaux de baignade de nos plages sont également directement polluées par des débris de déchets plastique de toutes sortes qui flottent à leur surface (Photographie du 20 aout 2025) qu’elles transportent avant qu’ils ne sédiment en quantité sur le fond. Ils y rejoignent le sable et les algues mortes auxquels ils se mélangent et où ils continuent à se dégrader. Ces déchets seront repris par les vagues lors des prochaines tempêtes pour s’ajouter à ceux jonchant les plages (Florilège non exhaustif de déchets photographiés ce 1er octobre 2025 à 9h30).
Deux apnées sont résumées dans cette vidéo prise aujourd’hui 1er octobre 2025 à 9h30 qui montre les déchets jonchant le fond de la plage où la vie résiste encore sous la forme d’un spirographe déployant son panache dans les eaux turbides.
Nos observations sur le terrain, menées depuis 2018, confirment que cette pollution n'est pas seulement visuelle : elle contamine l'eau, les coquillages et les poissons que nous consommons.
L'échec du traité mondial à se concrétiser aggrave ce désastre local, car sans régulation internationale sur la production et l'exportation de plastiques, les déchets continueront d'affluer via les fleuves et les vents, droit sur nos plages en particulier celles du côté de la rade de Toulon.
Les élus locaux : des actions symboliques face à un urgence criante
Face à cette marée de déchets, que font nos responsables politiques ? Des initiatives existent, certes, pour sensibiliser les habitants à réduire les déchets à la source ou encore l'adhésion à la charte régionale contre les déchets plastiques sur les plages. À l'échelle de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur, des efforts sont déployés pour viser le "zéro déchet plastique", avec des campagnes de collecte et d'éducation depuis 2016.
Mais ces mesures, bien qu'appréciables, restent cosmétiques et insuffisantes. Où sont les investissements massifs dans des bassins de rétention des eaux pluviales pour éliminer les plastiques avant qu'ils ne rejoignent la mer ? Pourquoi aucune politique locale contraignante n'impose-t-elle aux plaisanciers – nombreux dans notre rade – de respecter des normes strictes sur les déchets ? Et que dire des réensablages des plages, comme celui contesté en mai 2025, qui se font sans évaluation environnementale approfondie, risquant d'aggraver l’accumulation des microplastiques ?
L'APE alerte depuis des années sur ces lacunes : plages de Sainte-Asile, Grave-Cavalas, La Vieille déjà touchées par des contaminations fécales récurrentes, voient leurs problèmes s'amplifier par l'ajout de plastiques non gérés. Les élus de Saint-Mandrier et de la Métropole TPM doivent passer de la parole aux actes : audits réguliers des rejets, partenariats renforcés avec les associations comme la nôtre, et une mobilisation pour pousser la France à adopter des mesures nationales plus ambitieuses en attendant un traité mondial.
Vers un avenir propre : l'heure de l'engagement citoyen
L'échec de l'INC-5.2 nous rappelle que la protection de notre environnement ne peut attendre les sommets internationaux. À Saint-Mandrier, c'est ici et maintenant que nous devons agir. L'APE appelle les parents, les habitants et les vacanciers à se mobiliser : rejoignez nos ramassages de déchets sur les plages, signez nos pétitions pour une politique locale zéro plastique, et exigez des comptes à nos élus lors des prochains conseils municipaux.
Nos enfants méritent des plages propres, une mer saine et un avenir sans plastique. Ne laissons pas l'inaction globale devenir notre réalité locale. Ensemble, transformons la colère en action !
Pour en savoir plus ou participer :
- 15 septembre 2025 : Confirmation de la contamination bactériologique de la plage de Grave Cavalas
- 9 septembre 2025 Quand le ferry Pascal Lota repeint la rade de Toulon… en noir !
- 31 août 2025 : Le trafic maritime, source cachée d’émissions de méthane
- 18 août 2025 : Quand la plage de La Vieille bat un record… de pollution !?
- 10 août 2025 : Corsica Ferries : voyage inclus, fumée offerte
- 9 juillet 2025 : Plage de Cavalas, nouvelle alerte pollution
- 9 juillet 2025 : Pollution des ferries visible à l’horizon : un signal d’alerte environnemental
- 29 juin 2025 : Interdiction de fumer sur les plages à partir d’aujourd’hui
- 27 juin 2025 : Vague de chaleur : soyons vigilants et solidaires









