26 juin 2026 : « Nettoyage » ou simple régalage ? Les faits avant tout
Depuis plusieurs mois, le « nettoyage » de la plage de Sainte-Asile est régulièrement évoqué dans le débat public. Le sujet est même devenu un thème récurrent des échanges locaux, au point d’être présenté comme un enjeu important lors des dernières élections municipales.
Le 20 juin dernier, à l’occasion de la réunion de quartier de Pin Rolland, les actions en justice engagées par l’APE et France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur (FNE PACA) ont une nouvelle fois été mises en cause pour expliquer à la fois l’absence de « nettoyage » de la plage et le maintien des banquettes de posidonie, présentées comme une exception propre à Saint-Mandrier. À cette occasion, il avait été annoncé que le « nettoyage » interviendrait dès la semaine suivante.
Ce qui a réellement été réalisé
L’intervention a bien eu lieu aujourd’hui. Mais parler de « nettoyage » est inexact.
Le « nettoyage de la plage » attendu depuis plus d’un an et annoncé le 20 juin a donc été réalisé ce jour. En fait de nettoyage, c’est une tractopelle qui a réalisé le régalage de quelques mètres carrés de la plage à savoir à son nivelage qui a consisté essentiellement à égaliser la surface des parties toujours ensablées et à combler avec des rochers récupérés le long de l’épi central les ravinements au droit des 3 entrées de la plage qui avait été creusés par les eaux pluviales dévalant des voiries avoisinantes. L’écoulement des eaux pluviales n’est toujours pas maitrisé alors que cela était une demande de la DDTM-Var datant de 2019… Les banquettes de posidonie ont bien été préservées lors de cette opération dite de « nettoyage ».
Les travaux ont essentiellement consisté en un régalage de la plage, c’est-à-dire un nivellement mécanique des secteurs encore ensablés et un comblement des ravinements apparus en 2024 et amplifiés en 2025 à proximité des trois accès à la plage à l’aide de rochers prélevés en bas de la plage le long de l’épi central protégeant l’émissaire des eaux pluviales.
En revanche, les banquettes de feuilles mortes de posidonie ont été préservées, ce dont nous nous félicitons. Cette opération démontre d’ailleurs qu’il est parfaitement possible d’entretenir la plage sans porter atteinte à ces formations naturelles protégées.
En revanche, le problème structurel de l’écoulement des eaux pluviales provenant des voiries voisines, à l’origine d’une partie de ces ravinements, demeure non résolu alors même que son traitement avait déjà été demandé par les services de l’État il y a plusieurs années.
Les recours de l’APE : protéger avant tout le patrimoine naturel
Face aux critiques exprimées lors de la réunion publique, le président de l’APE a rappelé le véritable objet des recours engagés conjointement avec FNE PACA.
Ces procédures n’ont jamais eu pour objectif de s’opposer au nettoyage des plages ou au ramassage des déchets, opérations que notre association a elle-même organisées à plusieurs reprises (voir l’historique de nos actions).
Elles visaient exclusivement à obtenir qu'avant toute nouvelle recharge massive en sable, une véritable étude d’impact environnemental soit réalisée afin d’évaluer les conséquences des apports successifs sur l’herbier de posidonie qui longe la plage de Sainte-Asile.
Cette exigence est d’autant plus légitime que cet herbier borde immédiatement une Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) marine, celle des Sablettes, et constitue un patrimoine écologique remarquable pour notre commune.
Les observations de terrain légitimement posent question
Depuis plusieurs années, l’APE constate sur le secteur une régression locale de l’herbier, avec la présence de zones de matte morte et d’ensablement.
Les rapports réalisés pour le compte de la Métropole contiennent eux-mêmes des observations faisant état d’un herbier dégradé sur certains secteurs. Pourtant, aucune véritable étude d’impact globale des rechargements successifs en sable n’a été conduite depuis les premières alertes formulées dès 2019.
La question reste donc entière : pourquoi une telle étude n’a-t-elle jamais été réalisée avant de poursuivre les opérations de recharge ?
Le tribunal administratif, dans sa décision rendue en 2025, a d’ailleurs donné raison aux associations sur la nécessité d’un examen environnemental préalable.
Une contradiction qui mérite d'être soulignée
Il est pour le moins paradoxal de vouloir compenser l'érosion chronique de la plage de Sainte-Asile par des rechargements réguliers en sable tout en réclamant, dans le même temps, la destruction des banquettes de feuilles mortes de posidonie.
En effet, ces banquettes constituent un rempart naturel contre l'érosion : elles dissipent l'énergie des vagues, limitent l'entraînement du sable vers le large et favorisent sa stabilisation sur le rivage. Détruire ce mécanisme de protection tout en cherchant à lutter contre l'érosion par des interventions coûteuses apparaît difficilement cohérent au regard des connaissances scientifiques actuelles.
Préserver les banquettes de posidonie ne revient donc pas à laisser la plage à l'abandon ; c'est au contraire s'appuyer sur une solution fondée sur le fonctionnement naturel des écosystèmes littoraux.
Les banquettes de posidonie sont elles aussi protégées
Contrairement à certaines affirmations entendues, la protection des banquettes de posidonie n’est nullement une spécificité mandréenne.
Au contraire, plusieurs arrêtés préfectoraux publiés récemment pour des plages du Var rappellent explicitement que leur destruction est proscrite. Cette protection s’inscrit dans une politique plus large de préservation des écosystèmes côtiers méditerranéens.
À La Seyne-sur-Mer, les usagers sont sensibilisés au rôle essentiel des herbiers et des banquettes de posidonie grâce à une information claire et pédagogique. À Sainte-Asile, des panneaux similaires existaient également mais ils ont disparu depuis 2024. Leur réinstallation constituerait une initiative simple et utile pour mieux informer le public et favoriser une compréhension apaisée et sans polémique des enjeux de protection du littoral et sensibiliser les visiteurs à la richesse écologique exceptionnelle de notre littoral.
Sur de nombreuses plages, des panneaux pédagogiques expliquent désormais aux usagers que ces accumulations naturelles de feuilles mortes jouent un rôle essentiel : elles limitent l’érosion, piègent le sable, amortissent l’énergie des vagues et participent au bon fonctionnement des écosystèmes littoraux.
À Saint-Mandrier, une telle sensibilisation mériterait d’être relancée.
Une plage concédée doit être entretenue dans l'intérêt du public… et dans le respect de l'environnement
La concession d'une plage emporte pour son gestionnaire une responsabilité d'entretien et d'accueil du public. Cela implique notamment de veiller à la sécurité des usagers, au maintien d'un accès satisfaisant au rivage, à la propreté des lieux et, lorsque cela est nécessaire, à la réalisation de travaux compatibles avec la réglementation en vigueur.
À Sainte-Asile, plage concédée en 2017 à la commune puis à MTPM, force est toutefois de constater que les opérations d'entretien courant ont été très limitées depuis 2024. Les usagers ont ainsi pu observer l'accumulation de déchets, la dégradation progressive des accès et l'absence de traitement durable de problèmes récurrents, tels que les ravinements provoqués par les eaux pluviales.
Ces difficultés ne sauraient être imputées à la protection des posidonies ou aux recours engagés par les associations de protection de l'environnement.
À moins de vouloir entretenir volontairement la confusion, l'entretien d'une plage ne doit pas être confondu avec des opérations de rechargement en sable ou avec la destruction des banquettes de posidonie. Bien au contraire, il est parfaitement possible d'assurer la propreté, la sécurité et le confort des usagers tout en préservant ces formations naturelles qui contribuent elles-mêmes à lutter contre l'érosion du littoral.
L'enjeu est donc de concilier les attentes légitimes du public avec la préservation du domaine public maritime et des habitats protégés. De nombreuses collectivités méditerranéennes montrent aujourd'hui qu'une gestion écologique des plages est non seulement possible, mais constitue également un gage de durabilité et d'attractivité pour les générations futures.
Faire de Sainte-Asile un exemple de pédagogie environnementale
Au-delà des controverses, cette situation peut devenir une formidable opportunité.
L’APE souhaite que la Métropole TPM et la commune développent une véritable information du public sur le rôle des herbiers de posidonie et de leurs banquettes, à travers une signalétique adaptée, des animations estivales et des actions de sensibilisation sur le terrain.
Notre association est naturellement prête à participer à toute initiative allant dans ce sens.
Car protéger la nature ne signifie pas renoncer à profiter de nos plages. Au contraire, c’est garantir que les générations futures pourront elles aussi bénéficier d’un littoral vivant, résilient et accueillant. À Sainte-Asile, il est possible de concilier entretien du site, accueil du public et respect des écosystèmes : c’est cette voie d’équilibre et de responsabilité que l’APE continuera de défendre.
Protéger l’environnement, c’est prendre soin de nous tous.
Je soutiens l’APE : JE FAIS UN DON
Merci du fond du cœur pour votre générosité. Ensemble, continuons à faire vivre et respirer notre presqu’île !
25 juin 2026 : Vidéo du jour. Une matinale qui ne manque pas de panache… de fumée
Ce matin, alors que beaucoup cherchaient un peu de fraîcheur avant les fortes chaleurs annoncées, le Pascal Lota de Corsica Ferries est entré en rade de Toulon en provenance de Livourne via Bastia, laissant derrière lui un panache de fumée visible de loin… puis dans la rade.
23 juin 2026 : Regarder les gorgones. Une immersion fascinante dans les forêts animales de la Méditerranée
Jusqu'à la fin de l'été, le Fort Balaguier à La Seyne-sur-Mer accueille l'exposition « Regarder les gorgones », une invitation à découvrir l'un des trésors les plus méconnus de la Méditerranée : les gorgones, ces étonnants animaux coloniaux qui dressent leurs silhouettes en éventail sur les tombants rocheux et les récifs coralligènes.
22 juin 2026 : Alerte à l’ozone dans le Var. Pourquoi les efforts demandés aux citoyens ne s’appliqueraient-ils pas aussi aux navires les plus polluants ?
Alors que le préfet du Var a déclenché une procédure d’alerte en raison d’un épisode de pollution à l’ozone, les automobilistes sont invités à réduire leur vitesse et chacun est appelé à limiter les émissions de polluants atmosphériques.
Ces recommandations sont légitimes. Elles visent à diminuer les émissions des précurseurs de l’ozone, notamment les oxydes d’azote (NOₓ), qui réagissent sous l’effet du rayonnement solaire pour former cet ozone troposphérique nocif pour la santé humaine et les écosystèmes.
20 juin 2026 : Canicule, n’oublions pas nos alliées sous-marines !
Les températures grimpent, les nuits deviennent étouffantes et les épisodes de canicule se succèdent désormais avec une inquiétante normalité. Cette nouvelle vague de chaleur nous rappelle avec force que le changement climatique n’est plus une menace lointaine : il est déjà là.
Face à cette urgence, nous avons tendance à tourner notre regard vers les forêts terrestres. Pourtant, sous la surface de la Méditerranée, d’immenses prairies sous-marines travaillent silencieusement pour le climat : les herbiers de Posidonies.
19 juin 2026 : Une seconde chance pour la posidonie, immersion au cœur du projet PRIME de restauration des herbiers
Le 17 juin 2026, nous avons eu le privilège de découvrir sur le terrain les travaux de restauration des herbiers de posidonie menés par l'association NaturDive dans le cadre du projet PRIME (Posidonia Restoration Initiative for a Resilient Mediterranean Ecosystem).
15 juin 2026 : Projet MOANA, une journée de restitution pour la protection de nos petits fonds côtiers
Aujourd’hui s'est déroulée une journée de restitution particulièrement marquante pour l'avenir de notre littoral. C’est à bord d’un catamaran mis à disposition par la société AMC Cape Grace, au cœur de la rade de Marseille, que se sont réunis experts, représentants associatifs et élus afin de dresser le bilan du projet MOANA et de présenter les résultats des études menées au cours des deux dernières années. Porté par France Nature Environnement (FNE) grâce à la mobilisation citoyenne de la soirée télévisée « Les Super-Powers de l’Océan », ce programme a financé quatre études majeures menées au cours des deux dernières années sur les "petits fonds côtiers".
9 juin 2026 : Pétition pour le nettoyage de la plage de Sainte-Asile. Ce que dit la pétition, Ce que disent les faits
Une "pétition pour le nettoyage et réensablement de la plage saint asile" circule actuellement dans les quartiers du Pin Rolland et du Marégau . Elle vient également d'être mise en ligne. Avant de la signer, nous invitons chacun à examiner les faits.
31 mai 2026 : Marchons vers l'école célèbre la nature à l'Écomusée des 4 Frères
Sous un soleil au rendez-vous, les enfants et les accompagnateurs de l'opération « Marchons vers l'école » ont clôturé une nouvelle année de découvertes et de sensibilisation à l'environnement par une belle journée au cœur de l'Écomusée départemental des 4 Frères.
Après un trajet en covoiturage depuis la presqu'île, le petit groupe a rejoint cet Espace naturel sensible situé entre Signes et Le Beausset. Sur près de 380 hectares de collines, de forêts et de prairies, ce site remarquable offre une immersion dans la nature provençale et dans l'histoire des activités humaines qui ont façonné ces paysages.







