19 avril 2026 : Le gesse d'Espagne (Lathyrus clymenium), une élégante discrète du printemps méditerranéen
Une plante que l'on croise sans toujours la reconnaître
Avec ses petites fleurs bicolores aux teintes allant du rose vif au pourpre profond, le gesse d'Espagne est l'une de ces plantes sauvages qui méritent que l'on s'arrête. Présente sur la presqu'île de Saint-Mandrier comme dans l'ensemble du pourtour méditerranéen occidental, Lathyrus clymenium appartient à la grande famille des Fabacées, celle des pois, des fèves et des vesces, et partage avec elles ce caractère grimpant et cette fleur en forme de papillon caractéristique, que les botanistes appellent fleur papilionacée.
Elle fleurit en ce moment même sur nos collines, dans les friches, les garrigues ouvertes et les lisières de pinèdes. Nos photos en témoignent.
Portrait botanique
Lathyrus clymenium est une plante herbacée annuelle, c'est-à-dire qu'elle complète son cycle de vie en une seule saison. Elle lève au printemps, fleurit entre mars et mai selon l'altitude et l'exposition, fructifie sous forme de gousses allongées et disparaît avec les chaleurs estivales.
Sa tige, anguleuse et ailée, peut atteindre 30 à 80 centimètres de long. Les feuilles sont composées de folioles par paires, terminées par une vrille simple qui lui permet de s'accrocher aux végétaux voisins pour s'élever vers la lumière.
Ce qui la distingue au premier coup d'œil, c'est la couleur de ses fleurs : les pétales supérieurs, l'étendard, sont d'un rouge vineux à pourpre intense, tandis que les pétales inférieurs, la carène, tirent vers le rose pâle ou le blanc rosé. Ce contraste chromatique est sa signature. Les fleurs sont regroupées en grappes lâches de deux à six fleurs, portées par un pédoncule grêle.
Ses gousses, une fois mûres, sont aplaties, souvent légèrement velues sur les bords, et contiennent plusieurs graines arrondies.
Distribution et écologie
Le gesse d'Espagne est une espèce typiquement méditerranéenne occidentale. On la trouve principalement sur le pourtour du bassin méditerranéen : péninsule ibérique, sud de la France, Italie, Maghreb, Grèce et îles de Méditerranée. Elle est particulièrement bien représentée en Provence et sur le littoral varois, où les conditions lui conviennent parfaitement : sols calcaires ou sablonneux bien drainés, ensoleillement généreux, végétation ouverte.
Sur la presqu'île de Saint-Mandrier, elle colonise volontiers les friches herbacées, les talus, les abords de chemins et les zones de garrigue basse. Elle affectionne les sols peu fertiles et perturbés, là où la végétation n'est pas trop dense et où elle peut trouver des supports pour grimper.
Un rôle écologique méconnu
Comme toutes les Fabacées, le gesse d'Espagne entretient une relation symbiotique avec des bactéries du sol du genre Rhizobium, logées dans de petits nodules fixés sur ses racines. Ces bactéries ont la propriété de fixer l'azote atmosphérique et de l'incorporer au sol sous forme assimilable par les plantes. Le gesse contribue ainsi discrètement à la fertilisation naturelle des milieux où il pousse, un service écosystémique précieux dans nos sols méditerranéens souvent pauvres.
Ses fleurs sont par ailleurs visitées par les abeilles sauvages et les bourdons, qui y trouvent nectar et pollen en cette période printanière où les ressources florales commencent tout juste à s'étoffer.
Une plante sauvage à observer, pas à cueillir
Lathyrus clymenium ne figure pas sur les listes d'espèces protégées en France, mais comme toutes les plantes sauvages, elle participe à l'équilibre des milieux naturels qui font la richesse et la singularité de notre presqu'île. L'APE vous invite à l'observer, à la photographier et à la laisser accomplir son cycle naturel.
Si la gesse d’Espagne est encore présente sur notre territoire, elle reste dépendante d’équilibres fragiles. L’artificialisation des sols, le débroussaillage intensif ou encore l’urbanisation des paysages contribuent à faire disparaître ces espèces spontanées.
Si vous souhaitez identifier les plantes sauvages de la presqu'île, plusieurs flores régionales font référence, notamment la Flore de Provence de Molinier et Martin ou les guides de la collection Bonnier. L'application PlantNet, développée par l'INRAE et ses partenaires, constitue également un outil pratique pour une première identification sur le terrain.
Vous avez photographié des plantes sauvages remarquables sur la presqu'île ? Envoyez-nous vos images : elles pourraient illustrer un prochain article.
17 avril 2026 : Pollution atmosphérique en rade de Toulon, les photos parlent d'elles-mêmes
Ce que nos photos montrent
Les photographies publiées ici ont été prises récemment depuis la presqu'île de Saint-Mandrier. Elles montrent des panaches de fumée noire ou grise s'échappant des cheminées de ferries. Pas besoin de long discours : ces images témoignent d'une réalité que certains responsables politiques, prompts à se féliciter de progrès qui restent à démontrer, semblent avoir décidé de ne plus voir.
Le Pascal Lota et leurs contemporains : une pollution bien réelle
Les ferries de Corsica Ferries ont longtemps été pointés du doigt pour leur utilisation de fioul lourd à haute teneur en soufre, carburant bon marché mais extrêmement polluant, notamment lors des manœuvres portuaires.
14 Avril 2026 : L'Arctic Metagaz, un méthanier fantôme au cœur d'une crise méditerranéenne
Le MT Arctic Metagaz est un méthanier russe de 277 mètres de longueur pour 43 mètres de largeur, d'un tonnage brut d'environ 93 844 tonnes et d'une capacité de cargaison de 138 000 m³ de GNL. Construit en Corée du Sud en 2003 par le chantier naval Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering, il a connu plusieurs noms au fil de sa carrière : Berge Everett, GDF Suez Everett, Everest Energy, avant d'être rebaptisé Arctic Metagaz en 2025.
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2026, le navire est victime d'explosions en Méditerranée, alors qu'il navigue au large de la Libye. L'Autorité libyenne des ports et du transport maritime parle d'« explosions soudaines » d'origine inconnue, suivies d'un « énorme incendie ». Les 30 marins russes parviennent à se réfugier dans un canot de sauvetage et sont secourus par un pétrolier.
12 avril 2026 : Printemps sur la presqu'île, les premiers grands rendez-vous de la nature
Les premières journées vraiment chaudes sont là. Le soleil s'attarde, l'air s'adoucit, et la nature, fidèle à ses rythmes millénaires, reprend ses droits avec une énergie communicative. Ces derniers jours, nos observateurs ont eu la chance de saisir trois scènes remarquables, témoins de la vitalité du vivant dans notre région.
L'essaim : quand les abeilles font halte chez nous
8 avril 2026 : Japon, l'ivresse du hanami, quand les cerisiers embrasent Tokyo
Chaque année, au Japon, un phénomène aussi attendu que les bulletins météo mobilise tout un peuple : la floraison des cerisiers, le sakura. Pendant quelques jours à peine, rarement plus d'une semaine dans toute leur splendeur, les Prunus transforment parcs, berges et allées en nuages roses et blancs d'une beauté presque irréelle.
7 avril 2026 : Le coin des Passionnés de photographie, Bruno Barbey, « Visions sur le monde 1964 - 2020 »
À voir en ce moment, à la Villa Tamaris, centre d’art de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, l’exposition du reporter photographe Bruno Barbey, intitulée « Visions sur le monde 1964 - 2020 ».
2 avril 2026 : Exercice nucléaire en rade de Toulon : un scénario de rejet radioactif
Dans le cadre des exercices nationaux de sécurité nucléaire, différents scénarios sont simulés afin de tester la réactivité des autorités et l’efficacité des dispositifs de protection des populations.
Parmi eux, un scénario particulièrement sensible concerne un accident sur le réacteur d’un sous-marin nucléaire à quai dans le port militaire de Toulon, accompagné d’un rejet de gaz radioactifs dans l’atmosphère. Un cas d’école qui permet de mieux comprendre les risques… et de connaître les bons réflexes à adopter.


