30 mai 2026 : Edgar Morin (1921–2026), L’écologie et la poésie comme art de penser la complexité
Hommage à un visionnaire de l’écologie et de la pensée poétique
En ce mois de mai 2026 caniculaire, le monde vient de perdre l’un de ses plus grands esprits : Edgar Morin, sociologue, philosophe et anthropologue français, s’est éteint à l’âge de 104 ans. Son œuvre monumentale, marquée par une pensée complexe et humaniste, a profondément influencé notre rapport au monde, à la nature et à la poésie. À travers ses écrits, il a su lier écologie, éthique et imagination, offrant des clés pour repenser notre place dans l’univers et notre responsabilité envers le vivant.
Pour l’APE, qui défend la préservation des écosystèmes méditerranéens et la beauté du vivant, l’héritage de Morin résonne avec une actualité brûlante. Son approche holistique, où science, art et philosophie se rencontrent, nous rappelle que la protection de la nature ne peut se réduire à des solutions techniques ou politiques : elle exige aussi une révolution de l’imaginaire.
L’écologie comme pensée complexe
Edgar Morin a été l’un des premiers à souligner que les crises écologiques ne pouvaient être comprises isolément. Dans son œuvre majeure, « La Méthode » (6 volumes, 1977–2004), il développe une théorie de la complexité, où tout est lié : l’humain, la société, la nature. Pour lui, la crise écologique est avant tout une crise de pensée : nous devons sortir des logiques réductrices pour embrasser une vision systémique du monde.
Dans « Terre-Patrie » (1993), il appelle à une conscience planétaire :
« Nous devons apprendre à penser la Terre comme une communauté de destin. L’écologie n’est pas une discipline parmi d’autres, mais une révolution culturelle qui nous invite à repenser notre rapport au temps, à l’espace et au vivant. »
Pour Morin, l’écologie est indissociable de l’éthique : protéger la nature, c’est aussi protéger l’humain de lui-même. Cette idée est à la base des actions de l’APE, qui défend une approche intégrée de la préservation des milieux naturels, comme les herbiers de posidonie ou l’ensemble des écosystèmes littoraux de Saint-Mandrier.
La poésie comme langage du vivant
Edgar Morin a toujours vu dans la poésie un moyen de dépasser les limites de la raison pure. Dans « Le Paradigme perdu : la nature humaine » (1973), il explore comment l’art et la poésie permettent de réenchanter le monde, de retrouver un lien sensible avec la nature, souvent perdu dans la modernité.
Pour lui, la poésie est une forme de résistance :
« La poésie est une rébellion contre l’ordre du monde tel qu’il est, une quête de l’harmonie perdue entre l’humain et le cosmos. » (« Introduction à la pensée complexe », 1990).
Cette vision est bien celle de l’APE, qui, à travers ses actions, cherche à sensibiliser par l’émotion : que ce soit en observant une guêpe poliste ventiler son nid sous un soleil précoce, en écoutant le chant d’une cigale en mai, ou en admirant les fleurs de la nigelle de Damas. La beauté du vivant est un levier pour promouvoir l’action écologique.
L’héritage de Morin pour l’APE
Les idées d’Edgar Morin résonnent particulièrement avec les valeurs de notre association :
- L’écologie comme lien : Comme lui, nous croyons que la protection de la nature passe par une compréhension globale des écosystèmes. Les banquettes de posidonie, les plages de Saint-Mandrier ou les jardins de la presqu’île ne sont pas des éléments isolés, mais des maillons d’un tout interconnecté.
- La poésie comme outil de mobilisation : Ses réflexions sur l’art et la nature nous inspirent à mêler science et émotion dans nos actions. Une photo de guêpe poliste, de fleur de sauge de Jérusalem ou un enregistrement de cigale ne sont pas que des observations : ce sont des appels à l’émerveillement et à la protection.
- L’urgence d’agir : Morin nous rappelle que « l’ère planétaire exige une réponse planétaire » (« La Voie : Pour l’avenir de l’humanité », 2011). Face aux défis écologiques, chaque geste compte, chaque voix compte.
« La poésie est la respiration de l’univers. », Edgar Morin, « Les Stars » (2001).
Un héritage à vivre au quotidien
Edgar Morin nous laisse un message simple mais profond : « La complexité n’est pas une fatalité, mais une chance. » En ces temps de crises écologiques, son œuvre nous invite à agir avec intelligence, sensibilité et audace.
Edgar Morin nous invite à ne jamais séparer le combat environnemental de la culture et de l'éducation. Dans son ouvrage clé pour les générations futures, « Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur » (1999), rédigé à la demande de l'UNESCO, il insistait sur la nécessité d'enseigner la condition humaine et notre ancrage terrestre.
À l’APE 83430, nous continuerons à nous inspirer de sa pensée pour continuer à défendre la biodiversité de Saint-Mandrier et au-delà, en mêlant rigueur scientifique, engagement citoyen et émerveillement poétique. Comme il l’écrivait :
« Le futur n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire. »
Et vous, comment imaginez-vous l’écologie de demain ?
Partagez vos réflexions, vos observations ou vos coups de cœur littéraires en commentaire. Ensemble, continuons à penser et agir pour un monde où nature et humanité ne font qu’un.
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Pour aller plus loin : Ses œuvres clés sur l’écologie et la poésie
Voici quelques-unes de ses références essentielles pour approfondir sa pensée :
- « La Méthode » (6 tomes, 1977–2004) : Une œuvre fondatrice sur la complexité, où il développe une approche systémique du monde.
- « Terre-Patrie » (1993) : Un plaidoyer pour une conscience écologique mondiale.
- « Introduction à la pensée complexe » (1990) : Une entrée accessible dans sa philosophie, où il explique comment penser le monde dans sa globalité.
- « Le Paradigme perdu : la nature humaine » (1973) : Une réflexion sur l’unité entre l’humain et la nature, et le rôle de l’art dans cette relation.
- « La Voie : Pour l’avenir de l’humanité » (2011) : Un appel à repenser notre avenir commun face aux crises écologiques et sociales.
26 mai 2026 : Premier chant de cigale sur la presqu'île !
C’est un événement particulièrement précoce cette année ! Alors que les premiers éclats de chaleur stimulent notre flore locale et exotique, la colline de la Renardière, qui domine le village de Saint-Mandrier, résonne déjà d’un son bien familier.
Hier en fin d’après-midi, lors d'une balade sur les hauteurs, la toute première cymbalisation de la saison a été surprise et enregistrée. Si les cigales attendent habituellement que les températures s'installent durablement, dépassant les 23°C, pour faire vibrer leurs cymbales, celle-ci a décidé de prendre les devants et de lancer, avec un peu d'avance, la bande-son de notre été mandréen.
25 mai 2026 : Quand la chaleur réveille les couleurs de la presqu’île
Avec le retour des belles journées ensoleillées, les paysages de Saint-Mandrier-sur-Mer se métamorphosent en phase avec la semaine de la nature dédiée à la biodiversité. La chaleur naissante, loin de flétrir notre flore, agit comme un coup de baguette magique. Dans la garrigue, au détour des sentiers du littoral ou au cœur de nos jardins, les bourgeons éclatent.
Voyageons ensemble à la découverte de ces espèces qui colorent notre quotidien, entre espèces autochtones provençales, parfaites adaptées à notre climat méditerranéen, et plantes exotiques venues d’ailleurs, la nature nous rappelle sa résilience et sa diversité.
Les Autochtones : l'âme de notre maquis provençal
Ces plantes locales se sont adaptées depuis des millénaires à notre climat méditerranéen. Robustes, économes en eau, elles forment le socle de nos paysages naturels sauvages et résistent magnifiquement à la chaleur.
24 mai 2026 : La guêpe poliste qui ventile, quand le vivant s'adapte à des chaleurs de juillet… en mai
Il est à peine 10 heures du matin, et le thermomètre frôle déjà les 30°C sur la presqu'île. Depuis trois jours, les températures dépassent les normales saisonnières de plusieurs degrés en ce mois de mai 2026 pour atteindre les niveaux plus habituels des mois de juillet. C'est alors qu'elle attire l'attention : une guêpe poliste, immobile sur son nid exposé en plein soleil, ailes déployées, qui bat des ailes à toute vitesse sans décoller. Elle ne s'envole pas. Elle ne chasse pas. Elle ventile.
23 mai 2026 : La pulicaire, discrète sentinelle de la biodiversité méditerranéenne
En cette fin de printemps, les parties encore naturelles de la presqu’île de Saint-Mandrier se parent de petites touches jaune d’or. Au bord des chemins, dans les friches littorales, les zones sèches ou les espaces encore épargnés par l’artificialisation, la pulicaire attire aujourd’hui le regard… mais surtout une multitude d’insectes.
19 mai 2026 : Consigne des bouteilles plastique, les maires bloquent, nos plages paient le prix
Ce 19 mai 2026, Emmanuel Macron a de nouveau relancé le débat sur la consigne des bouteilles en plastique lors d'un conseil de planification écologique. « Je pense qu'il faut maintenant bouger », a déclaré le chef de l'État, demandant au gouvernement « d’engager les concertations pour définir les actions concrètes qui nous permettront d'atteindre l'objectif de recyclage en 2030 ». La réponse des collectivités n'a pas tardé : l'AMF, France urbaine et Intercommunalités de France ont aussitôt publié un communiqué commun réaffirmant leur « opposition totale » à ce qu'elles appellent une « fausse consigne » et une « aberration environnementale et financière ». « On va se battre », a prévenu le vice-président de l'AMF.
18 mai 2026 : Disparition de Monica Montefalcone, la Posidonie perd une grande voix
Le monde scientifique est en deuil.
La biologiste marine italienne Monica Montefalcone est décédée au large des Maldives lors d’une plongée survenue ce 14 mai. Chercheuse reconnue internationalement, professeure à l’Université de Gênes et plongeuse expérimentée, elle consacrait depuis des décennies sa vie à l’étude et à la protection des écosystèmes marins méditerranéens, en particulier des herbiers de Posidonia oceanica.
17 mai 2026 : La nigelle de Damas, une étoile méditerranéenne au cœur de nos jardins
Elle est partout et pourtant souvent ignorée. Avec son feuillage vaporeux, ses fleurs étoilées d'un bleu limpide et ses capsules gonflées qui persistent longtemps après la floraison, la nigelle de Damas (Nigella damascena L.) est l'une des plus belles plantes sauvages et ornementales du bassin méditerranéen. Et l'une des plus discrètes.
« Cheveux-de-Vénus » : une plante aux mille noms
8 mai 2026 : Préserver la paix, préserver le vivant
Le 8 mai 1945, l’Europe retrouvait enfin le silence après des années de fracas, de destructions et de souffrances humaines inimaginables. Cette date marque la victoire contre la barbarie nazie, mais surtout le retour espéré de la paix sur un continent ravagé par la guerre.
Quatre-vingts ans plus tard, alors que les derniers témoins de cette époque disparaissent peu à peu, le devoir de mémoire demeure plus essentiel que jamais. Car la paix n’est jamais acquise. Elle est fragile. Elle se construit, se protège et se transmet.



