18 mai 2026 : Disparition de Monica Montefalcone, la Posidonie perd une grande voix
Le monde scientifique est en deuil.
La biologiste marine italienne Monica Montefalcone est décédée au large des Maldives lors d’une plongée survenue ce 14 mai. Chercheuse reconnue internationalement, professeure à l’Université de Gênes et plongeuse expérimentée, elle consacrait depuis des décennies sa vie à l’étude et à la protection des écosystèmes marins méditerranéens, en particulier des herbiers de Posidonia oceanica.
Cette plante marine endémique de Méditerranée qui forme des prairies sous-marines verdoyantes que l'on observe dans nos fonds entre 0 et 40 mètres de profondeur. Une plante que beaucoup regardent sans la voir, mais dont elle savait toute la valeur : nurserie pour les poissons, productrice d'oxygène, puits de carbone, rempart naturel contre l'érosion côtière, indicateur de la qualité des eaux.
La professeure Monica Montefalcone avait 51 ans. Sa fille Giorgia Sommacal, 23 ans, est décédée avec elle, ainsi que trois autres Italiens liés à l'Université de Gênes : les jeunes biologistes Muriel Oddenino et Federico Gualtieri, récemment diplômé qui l'avait citée comme guide et inspiratrice lors de la remise de son diplôme et l'instructeur de plongée Gianluca Benedetti. Un plongeur secouriste des forces armées maldivienne a lui aussi perdu la vie lors des opérations de recherche.
Le groupe explorait des grottes sous-marines dans l'atoll de Vaavu, à environ 90 minutes de bateau de la capitale Malé.
La disparition de Monica Montefalcone touche profondément tous ceux qui œuvrent pour la défense du milieu marin. À travers ses travaux scientifiques, ses missions de terrain et son engagement constant pour la préservation des herbiers marins, elle avait acquis une reconnaissance majeure dans le domaine de l’écologie côtière méditerranéenne.
Une spécialiste reconnue des herbiers de posidonie
Monica Montefalcone était considérée comme l’une des grandes spécialistes de Posidonia oceanica, cette plante marine endémique de Méditerranée souvent qualifiée de « poumon de la Méditerranée ». Ses recherches ont largement contribué à mieux comprendre :
- le déclin des herbiers,
- les impacts des ancrages de bateaux,
- les perturbations liées aux activités humaines,
- la cartographie et le suivi écologique des fonds marins,
- ainsi que les mécanismes de restauration écologique des herbiers dégradés.
Ses publications scientifiques font aujourd’hui référence dans le domaine de l’écologie marine méditerranéenne.
Parmi ses travaux majeurs figurent notamment :
- “Substitution and phase-shift in Posidonia oceanica meadows of NW Mediterranean Sea” (2007), consacré aux modifications écologiques et aux régressions des herbiers méditerranéens.
- “BACI design reveals the decline of the seagrass Posidonia oceanica induced by anchoring” (2008), étude démontrant scientifiquement les effets destructeurs des ancrages sur les herbiers de posidonie.
- “Ecosystem health assessment using the Mediterranean seagrass Posidonia oceanica: A review” (2009), importante synthèse sur l’utilisation de la posidonie comme indicateur de l’état écologique des eaux côtières.
- “The influence of coastal dynamics on the upper limit of the Posidonia oceanica meadow” (2010), étude sur l’impact des dynamiques côtières sur l’évolution des herbiers.
- “The exergy of a phase shift: Ecosystem functioning loss in seagrass meadows of the Mediterranean Sea” (2015), travail portant sur la perte de fonctionnalité écologique des herbiers dégradés.
Une vie consacrée à la mer
Au-delà des publications scientifiques, Monica Montefalcone incarnait une approche profondément engagée de la science : une science de terrain, au contact direct des écosystèmes marins, tournée vers la transmission et la protection du vivant.
Ses collègues la décrivent comme une chercheuse exigeante, passionnée et généreuse, ayant contribué à former de nombreux jeunes scientifiques et à sensibiliser le grand public à la fragilité des milieux marins méditerranéens.
La Méditerranée perd aujourd’hui une scientifique de premier plan, au moment même où les herbiers de posidonie demeurent menacés par :
- l’artificialisation du littoral,
- les ancrages répétés,
- les pollutions,
- les travaux maritimes,
- le changement climatique,
- et la dégradation croissante des écosystèmes côtiers.
Préserver la posidonie, préserver la Méditerranée
À l’heure où certains continuent encore de considérer les feuilles mortes de posidonie comme de simples « déchets » à évacuer des plages, les travaux de Monica Montefalcone rappellent avec force le rôle absolument essentiel de cette plante marine :
- protection des plages contre l’érosion,
- stockage du carbone,
- oxygénation des eaux,
- nurserie pour de nombreuses espèces,
- stabilisation des fonds marins,
- maintien de la biodiversité méditerranéenne.
L’APE adresse ses pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches, à ses collègues ainsi qu’à l’ensemble de la communauté scientifique marine.
Pour l'APE, dont l'un des combats permanents est la protection des herbiers de posidonie de notre rade, la disparition de Monica Montefalcone laisse un vide scientifique et humain considérable. Ses travaux ont fourni des arguments décisifs à tous ceux qui, en Méditerranée, défendent ces écosystèmes contre les mouillages anarchiques, la dégradation de la qualité des eaux et l'indifférence des décideurs.
La meilleure manière d’honorer sa mémoire sera pour nous de poursuivre le combat pour la protection des herbiers de posidonie et des équilibres fragiles de la Méditerranée.
Pour en savoir plus sur les articles scientifiques les plus significatifs publiés sur Posidonia oceanica par Monica Montefalcone :
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