Il suffit parfois d’un simple regard pour comprendre que la nature est une artiste hors pair. Le criquet égyptien (Anacridium aegyptium), ce grand orthoptère méditerranéen, en offre une preuve éclatante : au fil de sa croissance, il change littéralement de tenue, passant d’un accoutrement digne d’un carnaval à une discrète livrée de commando.
Le juvénile : la star du carnaval
La vidéo est courte, mais elle en dit long. Une colonne de fourmis avance en file bien ordonnée, à l'ombre, sur ce qui ressemble à une autoroute miniature parfaitement organisée. Puis la ligne atteint la limite de l'ombre, et là, au contact du sol en plein soleil, elle hésite, s’éparpille, et finit par rebrousser chemin. Pas une exception isolée : la colonne entière refuse obstinément de s'aventurer plus loin.
Ce matin, la nature mandréenne nous a offert un spectacle grandiose… dans un espace grand comme un mouchoir de poche. Un simple carré de menthe en fleur s’est transformé en scène de théâtre, où se pressent des artistes aux costumes les plus éclatants, la nature a un sacré sens du costume.
Ces derniers jours, en dehors des cigales difficile de croiser beaucoup d'insectes ou d'arachnides dans nos jardins et sur nos sentiers : la chaleur écrasante les pousse à se faire discrets, à l'abri de l'ombre ou de la fraîcheur relative du petit matin et du soir. Mais quelques observations récentes, faites sur la presqu'île, montrent que la nature ne renonce pas — elle s'adapte.
35°C à l'ombre, l'asphalte qui fond, les cigales qui crissent à s'en décrocher les tympans... et pendant que nous cherchons désespérément le moindre courant d'air, tout un petit monde, lui, ne semble pas franchement gêné par la chaleur. Bien au contraire. Les photos macro du jour en attestent : côté romance, l'été bat son plein chez nos amis les insectes.
C’est un événement particulièrement précoce cette année ! Alors que les premiers éclats de chaleur stimulent notre flore locale et exotique, la colline de la Renardière, qui domine le village de Saint-Mandrier, résonne déjà d’un son bien familier.
Hier en fin d’après-midi, lors d'une balade sur les hauteurs, la toute première cymbalisation de la saison a été surprise et enregistrée. Si les cigales attendent habituellement que les températures s'installent durablement, dépassant les 23°C, pour faire vibrer leurs cymbales, celle-ci a décidé de prendre les devants et de lancer, avec un peu d'avance, la bande-son de notre été mandréen.
Il est à peine 10 heures du matin, et le thermomètre frôle déjà les 30°C sur la presqu'île. Depuis trois jours, les températures dépassent les normales saisonnières de plusieurs degrés en ce mois de mai 2026 pour atteindre les niveaux plus habituels des mois de juillet. C'est alors qu'elle attire l'attention : une guêpe poliste, immobile sur son nid exposé en plein soleil, ailes déployées, qui bat des ailes à toute vitesse sans décoller. Elle ne s'envole pas. Elle ne chasse pas. Elle ventile.
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