Dans le bulletin municipal de décembre dernier, puis dans une publication sur son site en ligne en janvier 2026, le maire sortant, M. Vincent, s’est félicité de l’amélioration de la qualité de l’air sur le territoire de la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM). Selon lui, cette évolution serait le résultat direct de « notre stratégie sur les transports, l’isolation des bâtiments et les moyens de chauffage ».
L’affirmation est catégorique. Elle est aussi très contestable. Sur les sujets d’urbanisme et d’environnement, M. Vincent affectionne les déclarations définitives. Elles s’accompagnent régulièrement d’attaques personnelles, notamment contre le président de l’APE, dont il semble visiblement jalouser l’expertise et les connaissances sur ces questions.
Mais revenons aux faits.
Oui, la qualité de l’air s’améliore… mais partout en Europe
Oui, la qualité de l’air s’est améliorée ces dernières années. Personne ne le conteste. Mais il convient d’emblée de tempérer l’autosatisfaction affichée par M. Vincent : cette amélioration n’est pas spécifique à notre métropole. Elle est observée dans toute l’Europe.
Evolutions des principaux polluants dans l’atmosphère en Europe de 20025 à 2023 (à gauche) et en France de 2000 à 2024 (à droite).
Les raisons sont connues et largement documentées par les organismes scientifiques européens. Le rapport « 2014-2024: A decade of air quality improvements in Europe » publié par le programme Copernicus Atmosphere Monitoring Service montre que la baisse des concentrations de nombreux polluants est une tendance générale sur le continent. Mieux, le rapport Europe’s Environment 2025 report de l’Agence européenne pour l’environnement souligne que tous les polluants atmosphériques, dont les émissions sont réglementées, ont enregistré des tendances à la baisse significatives depuis 2005 !
Elle résulte avant tout des politiques publiques européennes de réduction des émissions polluantes et des progrès technologiques, notamment dans les transports et l’industrie.
Autrement dit, contrairement à ce que laisse entendre M. Vincent, ce ne sont pas les décisions de la métropole TPM qui ont amélioré la qualité de l’air en Europe.
Des résultats locaux loin d’être exemplaires
Lorsque l’on compare les chiffres, la réalité est même beaucoup moins flatteuse pour la métropole.
Depuis 2014 :
- les émissions de SO₂ ont diminué de 85 % en Europe, mais seulement de 17 % à TPM
- celles de NOx ont baissé de 53 % en Europe, contre 35 % à TPM
- les COVNM ont reculé de 35 % en Europe, mais seulement de 7 % sur notre territoire
- les PM2,5 ont diminué de 38 % en Europe, contre 24 % à TPM
- l’NH₃ a baissé de 17 % en Europe, contre 5 % à TPM
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : les progrès observés localement ne sont ni exceptionnels ni particulièrement rapides. Ils s’inscrivent simplement dans une tendance générale observée partout en Europe.
Le progrès technologique, principal moteur de l’amélioration
Dans l’article de Var-Matin du 29 janvier 2026 « Du mieux pour la qualité de l’air, jusqu’à quand ? » que M. Vincent cite sur son site Facebook, en le tronquant judicieusement du texte expliquant les causes, pour appuyer sa démonstration, les spécialistes d’AtmoSud donnent d’ailleurs une explication très claire.
Facebook de G. Vincent du 4 février 2026 et photo du panache du Pascal Lota de la Corsica Ferries battant pavillon italien entrant dans la petite rade de Toulon ce 5 mars 2025 à 7h50.
M. Damien Piga, directeur de l’innovation à AtmoSud, rappelle que l’amélioration de la qualité de l’air est avant tout liée au progrès technologique, notamment dans l’automobile. Lorsque les particuliers renouvellent leur véhicule, les nouveaux modèles respectent des normes environnementales plus strictes et émettent moins de polluants. Autrement dit, l’amélioration observée est d’abord liée au renouvellement du parc automobile et aux normes européennes, bien plus qu’à une stratégie locale particulière.
Un point que M. Vincent se garde bien de rappeler.
Respecter les limites réglementaires ne signifie pas forcèment protéger la santé
Autre affirmation trompeuse quant à notre santé : M. Vincent souligne que les stations de mesure d’AtmoSud ne dépassent pas les valeurs réglementaires.
C’est exact.
Mais ces valeurs réglementaires européennes restent bien supérieures aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, publiées en 2021. Comme nous vous l’annoncions à l’époque, ces recommandations sont aujourd’hui la référence scientifique médicales pour protéger la santé. Autrement dit, respecter la réglementation ne signifie pas que l’air est sans danger pour la santé de la population exposée à ces pollutions.
Les mesures réalisées à Saint-Mandrier sont préoccupantes
Les données objet de l’analyse personnelle de M. Vincent sont celles de la ville de Toulon. Regardons les données recueillies par la station temporaire installée à Saint-Mandrier entre août et octobre 2021. Les résultats montrent que les concentrations de particules fines PM2,5 dépassent très fréquemment les niveaux recommandés par l’OMS, et la moyenne sur cette période est de 9,7 µg/m3, soit le double de la valeur annuelle recommandée par l’OMS (5 µg/m3).
Or ces particules sont précisément celles qui présentent les impacts sanitaires les plus importants sur notre santé !
Les mesures de dioxyde d’azote révèlent également des pics significatifs et nombre de valeurs dépassant les valeurs recommandées par l’OMS.
Localisation de la station temporaire à Saint-Mandrier en 2021.
Evolutions exprimées en µg/m3 des particules fines de tailles inférieures à 0,5 µm (graphe de gauche) et du dioxyde d’azote NO2 (Graphe de droite) mesurés à la station Atmosud installée temporairement à Saint-Mandrier Village du 2 aout au 6 octobre 2021 avec des enregistrements toutes les 15 minutes et une interruption des données entre le 10 septembre et le 13 septembre. Les niveaux recommandés annuels et journaliers par l’OMS-2021 sont indiquées par deux lignes en rouge sur chaque graphe.
Ces résultats renforcent une des demandes que l’APE formule depuis des années : l’installation d’une station permanente de mesure de la qualité de l’air à Saint-Mandrier, incluant un détecteur du débit de dose ambiant (radioactivité) afin d’identifier précisément les sources de pollution locales.
Des sources de pollution locales encore largement ignorées
M. Vincent critique également les photographies montrant les panaches de fumée de certains navires dans la rade.
Pourtant, l’impact des activités maritimes a déjà été étudié et modélisé, notamment concernant les émissions de dioxyde de soufre. Selon les conditions de vent, ces pollutions peuvent se déplacer et affecter des zones situées à distance des quais. Les données horaires de certaines stations Atmosud situées près des ferries montrent d’ailleurs régulièrement des niveaux élevés de particules fines.
Visualisation des données en différents polluants mesurés par la station Atmosud Toulon-TCA située sur le quai du port commercial de Toulon (Prise d’écran le 9 mars 2026 à 18h45). Le tableau montre que les concentrations en particules fines PM2,5 ont atteint une valeur maximale de 89 µg/m3 lors des dernières 48 heures (AirPACA).
Faire semblant de ne pas voir ces réalités n’aide en rien à améliorer la situation.
Malheureusement cette évolution à la baisse n’est pas aussi significative pour l’ozone.
Ainsi l'Europe a connu un épisode de pollution atmosphérique d’ozone important à la mi-juin 2025, avec des concentrations d'ozone élevées dépassant les seuils réglementaires dans nombre de pays. Cette situation persista durant le week-end en raison de conditions météorologiques favorables : soleil, chaleur et stabilité. Situation qui concerna notre région.
Les concentrations d'ozone ont commencé à augmenter dans le bassin méditerranéen le 9 juin 2025 et ont progressé significativement jour après jour dans la quasi-totalité des pays européens et en particulier en région PACA. Seule la Scandinavie a été épargnée.
L'animation ci-dessus illustre l'évolution horaire des concentrations d'ozone le 9 juin 2025, avec des niveaux faibles la nuit en l'absence de soleil et une augmentation rapide durant la journée. Les pays méditerranéens et l'Europe centrale sont les zones les plus exposées, où la combinaison des sources d'émission et des températures élevées crée des conditions optimales pour la production d'ozone.
La qualité de l’air est désormais un enjeu politique local
Comme le rappelle également Damien Piga dans l’article de Var-Matin, la question de la qualité de l’air devient aujourd’hui un enjeu de plus en plus local. La présence de la voiture dans les centres urbains, le développement des transports en commun, les mobilités douces, les zones piétonnes ou les pistes cyclables sécurisées sont autant de leviers d’action concrets.
L’autosatisfaction du vice-président chargé de la Protection de l’environnement, développement durable, transition écologique et énergétique tient lieu de politique environnementale… Pourtant ce sont autant de sujets qui devraient naturellement être au cœur des débats métropolitains et municipaux, des actions toujours absentes du programme du candidat Vincent.
Plutôt que de se satisfaire d’améliorations qui sont en réalité observées dans toute l’Europe, il serait peut-être temps d’ouvrir ce débat sérieusement.
Car si la qualité de l’air s’améliore, elle reste encore loin des niveaux réellement protecteurs pour la santé. Et sur ce point, beaucoup reste à faire localement pour que l’air soit vraiment respirable sans impacter notre santé. Il est urgent d’agir, et c’est possible !
La préfecture du Var a annoncé par un communiqué de presse sur Facebook (!) la levée de l’arrêté temporaire du 6 janvier 2026 d’interdiction temporaire de la pêche, du ramassage, du transport, de la purification, de l’expédition, du stockage, de la distribution, de la commercialisation et de la mise à la consommation humaine des coquillages issus de la zone du Lazaret. Le collecte, la vente et la consommation des coquillages, moules et huitres, issus de cette zone sont à nouveau autorisés à compter de ce lundi 2 mars 2026.
Selon le communiqué, les analyses réalisées « depuis un mois » montrent une décroissance des concentrations en norovirus, qui seraient désormais en dessous des seuils de quantification, dans un contexte de moindre pression sur les réseaux d’assainissement et de baisse des précipitations après les épisodes pluvieux de février.
Une interdiction record… annoncée de manière minimale
Cette réouverture met fin à une période d’interdiction exceptionnellement longue pour la baie du Lazaret, débutée le 6 janvier à la suite d’une contamination des coquillages par les norovirus et prolongée après la confirmation de cette contamination lors des prélèvements de fin janvier. Il s’agit de la plus longue fermeture connue de ce secteur pour ce motif, ce que l’APE redoutait depuis plusieurs années au regard des épisodes répétés de pollution microbiologique dans cette baie.
Depuis longtemps, l’association alerte sur la vulnérabilité du site : réseau d’assainissement sous tension en cas de fortes pluies, rejets cumulés du bassin versant, ruissellements importants lors des épisodes méditerranéens, et proximité immédiate d’usages multiples (conchyliculture, baignade, plaisance). La durée inédite de l’interdiction de ce début d’année 2026 confirme que la baie du Lazaret reste un point faible récurrent concernant les pollutions bactériologiques du littoral toulonnais.
Des données toujours indisponibles pour le public
Si le communiqué évoque une « cinétique favorable de décroissance des norovirus », l’absence d’accès du public aux résultats détaillés des analyses reste problématique. Les citoyens, les consommateurs et les associations ne disposent ni des valeurs chiffrées, ni de la fréquence des prélèvements, ni des tendances sur ces derniers 18 mois des indicateurs de contaminations microbiologiques (bactérie Escherichia coli entre autres), alors que ces informations sont essentielles pour comprendre réellement l’état sanitaire du milieu.
Quelle est la raison qui fait que les données de surveillance bactériologique ne sont plus disponibles en toute transparence ?
Aucune réponse à nos courriers adressés au préfet et à l’Ifremer.
De la même manière, les références aux réseaux d’assainissement et aux épisodes météorologiques restent très générales : aucune information précise n’est donnée sur les incidents passés, les éventuels travaux d’entretien réalisés, les plans de mise en conformité ou les engagements futurs pour limiter le risque de nouvelles contaminations.
On sait seulement que, sur une période récente, « aucun incident » n’aurait été constaté et que les pluies ont diminué, ce qui ne préjuge en rien des prochains épisodes intenses.
Ce que demande l’APE
Face à cette situation, l’APE et FNE renouvellent plusieurs demandes constantes :
- La publication régulière dès leur obtention des résultats d’analyses (norovirus, bactéries, paramètres de qualité d’eau), sous forme de séries temporelles compréhensibles pour le grand public.
- La mise à disposition d’un bilan pluriannuel des épisodes de fermeture (dates, durées, causes identifiées) pour objectiver le caractère désormais chronique des pollutions de la baie du Lazaret.
- Une transparence accrue sur l’état des réseaux d’eaux usées et pluviales, les incidents enregistrés et les travaux programmés, notamment autour de la rade et des quartiers riverains de la baie.
- L’inscription de la baie du Lazaret comme zone prioritaire de réduction des pollutions microbiologiques par la métropole, avec un calendrier d’actions et un suivi partagé avec les associations et les professionnels.
Une vigilance qui reste de mise
La réouverture de la baie est évidemment une bonne nouvelle pour les conchyliculteurs et les acteurs économiques, durement touchés par cette longue interruption d’activité, comme pour les consommateurs attachés aux produits de la rade. Mais elle ne doit pas faire oublier la fragilité structurelle du site.
L’APE continuera donc à suivre de près la qualité des eaux de la baie du Lazaret et les décisions des autorités, et à informer les habitants dès que de nouvelles données seront rendues publiques. La meilleure protection des activités économiques locales passe par une amélioration réelle, durable et vérifiable de l’état sanitaire du milieu, et non par la seule alternance de périodes d’interdiction et de réouverture, décidées sur la base de données auxquelles le public n’a toujours pas accès.
Le communiqué de presse publié le 21 février 2026 par les services de l’État et les collectivités territoriales confirme le maintien de l’interdiction de collecte et de consommation des coquillages issus de la baie du Lazaret, dans la rade de Toulon, en raison d’une contamination persistante au norovirus.
En vigueur depuis le 6 janvier 2026, cette mesure fait suite aux analyses sanitaires ayant mis en évidence la présence persistante début février du virus, dans un contexte d’intempéries répétées et de risques élevés à très élevés de gastro-entérites virales.
Si les autorités annoncent des dispositifs de soutien aux conchyliculteurs impactés, cet épisode sanitaire soulève des enjeux plus larges qui dépassent la seule dimension économique.
Le norovirus : un indicateur de contamination des milieux (voir les explications ici)
La contamination au norovirus n’est ni un phénomène rare ni imprévisible. Bien connu des scientifiques et des autorités sanitaires, il constitue un marqueur typique de contamination microbiologique des eaux, le plus souvent d’origine fécale.
Les coquillages, organismes filtreurs, concentrent naturellement les micro-organismes présents dans leur environnement. Ils deviennent ainsi des sentinelles particulièrement sensibles de la qualité sanitaire des masses d’eau côtières.
Lors d’épisodes pluvieux importants, les réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales peuvent être la cause des contaminations : débordements, rejets insuffisamment traités, dysfonctionnements d’ouvrages ou ruissellements chargés en contaminants. Autant de mécanismes susceptibles de favoriser la diffusion de virus entériques vers le milieu marin.
À la lumière des événements récents, il apparaît tout aussi essentiel de s’interroger sur l’efficacité et l’application du système d’alerte sanitaire. Son amélioration constitue un enjeu majeur pour éviter la répétition des nombreux cas de gastro-entérites observés ces dernières semaines. Ces situations soulèvent également, de manière légitime, la question des responsabilités dans la prévention des risques sanitaires et de la protection des populations.
Une problématique déjà documentée sur le territoire
Cette nouvelle interdiction intervient dans un contexte que l’APE a déjà eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises : la vulnérabilité des zones littorales face aux contaminations microbiologiques et la question récurrente de l’état des réseaux d’assainissement.
Les épisodes de pollution affectant les eaux de baignade ou les zones conchylicoles ne relèvent pas uniquement d’aléas climatiques. Ils traduisent également des fragilités structurelles : vieillissement des infrastructures, surcharge des systèmes unitaires, artificialisation des sols accentuant les ruissellements, pressions urbaines croissantes.
Ces facteurs sont aujourd’hui bien identifiés dans la littérature scientifique et dans de nombreux rapports institutionnels.
Des aides économiques nécessaires mais non suffisantes
Les mesures annoncées par l’État, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et le Conseil départemental du Var visent légitimement à soutenir la trésorerie des entreprises conchylicoles et à limiter les impacts sociaux de la crise.
Ces dispositifs – aides « de minimis », activité partielle, allègement des redevances domaniales – constituent des réponses d’urgence indispensables. En revanche, il n’est pas mentionné de soutien ou d’indemnisation des personnes malades, professionnels indépendants qui perdent des jours de travail.
Mais ils ne sauraient occulter la question centrale : comment réduire durablement la probabilité et la fréquence de ces crises sanitaires ?
Prévention, infrastructures et qualité des eaux : un enjeu majeur de santé publique
Les contaminations virales du milieu marin rappellent une réalité fondamentale : la qualité des eaux littorales dépend directement des choix d’aménagement, de l’état des réseaux et des politiques publiques d’assainissement.
Dans un contexte de période électorale où les annonces et engagements se multiplient, il est utile de rappeler que la résolution de ces problématiques repose avant tout sur des actions structurelles, durables et vérifiables dans le temps, de la responsabilité des municipalités et du préfet.
Les débats publics récents illustrent d’ailleurs les divergences d’analyse sur ces sujets. Certaines explications avancées tendent à banaliser les phénomènes observés, comme celles du maire de Saint Mandrier, M. Vincent, et l’urgence d’attendre en les attribuant exclusivement à des mécanismes naturels, comme les variations de pression atmosphérique ou la montée temporaire du niveau marin lors d’épisodes pluvieux, présentés comme des situations normales à l’échelle méditerranéenne.
Si ces mécanismes physiques existent bien entendu, ils ne sauraient à eux seuls expliquer des contaminations virales récurrentes, dont les déterminants sont largement documentés par les connaissances scientifiques en matière d’assainissement, d’hydrologie urbaine et de qualité des eaux.
Une vigilance collective indispensable
L’APE rappelle que ces épisodes ne doivent pas être analysés comme de simples événements anecdotiques mais comme des signaux d’alerte.
Ils invitent à une réflexion globale sur la gestion des eaux usées et pluviales, l’urbanisation des bassins versants, la résilience des équipements publics et la protection des milieux côtiers.
Garantir durablement la qualité sanitaire des eaux littorales constitue un impératif qui engage l’ensemble des acteurs publics et privés.
Le 4 février 2026, la Préfecture du Var a confirmé le maintien de l’interdiction de collecte, de vente et de consommation des coquillages (huîtres, moules, palourdes) issus de la Baie du Lazaret, dans la rade de Toulon. Cette mesure, prise initialement par arrêté préfectoral du 9 janvier dernier, fait suite à de nouvelles analyses sanitaires du 29 janvier qui ont révélé la présence persistante de norovirus dans les coquillages.
Ce maintien intervient dans un contexte environnemental particulièrement dégradé : des épisodes de fortes pluies depuis le 18 janvier ont affecté le bassin versant de la rade, saturant les réseaux d’assainissement et favorisant les rejets d’eaux usées dans les milieux naturels, contribuant à la contamination microbiologique des milieux littoraux comme la Baie du Lazaret.
Ainsi, le bulletin hebdomadaire du réseau sentinelle pour la semaine dernière montre un taux d’incidence élevé de diarrhée aiguë en région PACA. Le taux d’incidence de diarrhée aiguë est de 227 cas pour 100 000 habitants, plus du double de celui pour la France à 101 cas pour 100 000 habitants.
Littoral de la rade et submersions
Parallèlement à ces préoccupations sanitaires, notre littoral continue de subir les conséquences des événements météorologiques extrêmes. Les phénomènes de pluies intenses conjointement à une pression barométrique basse et des vagues ont entraîner des phénomènes de submersion marine.
Les routes longeant la baie du Lazaret à Tamaris et au niveau des ports de La Seyne et Saint-Mandrier ont été submergées comme c’est le cas par fortes pluies
En particulier, les zones basses et portuaires de la rade, déjà fragilisées par des pressions multiples (urbanisation, assainissement, climat), montrent une vulnérabilité accrue aux inondations et aux intrusions marines. Cette vulnérabilité ne concerne pas seulement la sécurité sanitaire avec la consommation des coquillages, mais aussi l’intégrité des milieux naturels sensibles et à terme la sécurité des habitants et de leurs habitations dans ces secteurs littoraux.
Une alerte qui dépasse la conchyliculture
Les eaux usées non maîtrisées lors des épisodes pluvieux, combinées à la montée du niveau de la mer et à des réseaux d’assainissement parfois saturés, créent un terrain propice aux contaminations récurrentes des zones conchylicoles et des eaux baignables.
Il est essentiel que les autorités compétentes (État, Métropole, communes) s’engagent de manière plus déterminée dans :
- l’adaptation des réseaux d’assainissement à l’augmentation de population et pluviaux face aux pluies méditerranéennes intenses ;
- la surveillance sanitaire continue des zones littorales sensibles, y compris en conditions post-pluvieuses ;
- la communication claire et transparente envers les professionnels et le grand public. En effet, aujourd’hui aucune donnée n’est disponible sur les niveaux de contamination des mollusques depuis avril 204 sur le site de l’Ifremer.
Notre littoral, ses activités traditionnelles et la santé publique ne peuvent plus être sacrifiés au nom d’une gestion par défaut. L’alerte sanitaire de la Baie du Lazaret doit servir de déclencheur pour repenser la protection environnementale et sanitaire du bassin de la rade de Toulon.
Notre association vit grâce à l’énergie de ses bénévoles… et grâce à vous.
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Ensemble, nous pouvons faire bouger les lignes.
À la suite de notre publication concernant la contamination bactériologique du port de Saint-Mandrier, les habituels dénigreurs de l’APE se sont exprimés sans retenue. Aussi, nous souhaitons apporter une clarification claire et sans ambiguïté sur le sens de notre démarche notamment aux pratiquants des joutes provençales.
L’APE ne s’attaque ni aux joutes provençales, ni à aucun sport nautique. Les joutes font partie intégrante de l’histoire, de l’identité et de la culture de Saint-Mandrier. Elles doivent pouvoir continuer à être pratiquées, transmises et vécues avec fierté.
Notre démarche vise un seul objectif : La protection de la santé des personnes, qu’il s’agisse de jouteurs, de baigneurs, de plongeurs, de plaisanciers ou de leurs proches.
Les conditions environnementales ont évolué au fil des années : augmentation du nombre de bateaux dans le port, accroissement de la population, rejets liés aux eaux de ruissellement après les pluies de plus en plus fréquentes, épisodes de contamination récurrents. Ces éléments font que la situation actuelle ne peut plus être comparée à celle d’il y a plusieurs décennies.
Lorsque les indicateurs bactériologiques sont élevés, ils peuvent révéler la présence d’autres germes pathogènes non systématiquement mesurés. La contamination n’est pas toujours immédiatement perceptible et ne provoque pas nécessairement des symptômes chez tous les individus.
C’est pourquoi l’APE demande simplement la mise en place de contrôles microbiologiques de l’eau avant les entraînements ou les épreuves, en particulier après de fortes pluies, comme cela se pratique dans de nombreux sports nautiques et comme cela a été fait récemment pour les activités dans les eaux de la Seine depuis les épreuves olympiques.
Quelles sont les raisons qui justifient que ces contrôles bactériologiques ne sont pas réalisés sur les eaux du port de Saint-Mandrier, mystère comme diraient certains ?
Prévenir un risque, ce n’est pas interdire une pratique. C’est permettre qu’elle se poursuive durablement et en toute sécurité.
L’APE agit depuis des années sur l’ensemble des problématiques liées à la qualité de l’eau : port, rade, baignade, productions mytilicoles et ostréicoles. Nous ne sommes ni contre les sportifs, ni contre les professionnels de la mer. Nous sommes pour l’amélioration de la qualité de l’eau, au bénéfice de toutes et tous.
Notre volonté est simple : que jouteurs, baigneurs, plongeurs, voileux et familles puissent continuer à vivre en harmonie avec la mer, sans mettre leur santé en danger.
Nous regrettons enfin que certains élus de la commune cherchent à instrumentaliser ce débat sanitaire en établissant un lien entre l’APE et la liste d’opposition, essayant de créer la polémique afin d’éviter d’aborder le fond du sujet. Créer la confusion en dénigrant ceux qui ne pensent pas comme eux semble être leur mantra.
L’APE est une association indépendante, qui agit depuis plus de 40 ans sur les questions de santé environnementale et de qualité de vie, en dehors de tout engagement partisan. Réduire ces enjeux à une manœuvre politique ne sert ni l’intérêt général, ni la protection de la santé des habitantes et habitants.
De notre côté, le dialogue reste ouvert, dans le respect mutuel et l’intérêt général.
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