Quand la mer nous rappelle comment fonctionne un littoral
Les tempêtes ont parfois du bon : elles dévoilent des trésors enfouis. Ailleurs, ces trésors sont archéologiques. À Studland Bay, en Angleterre, la tempête Chandra a récemment mis au jour les vestiges d’un navire vieux de quatre siècles. Une plongée dans l’histoire maritime.
Mais les tempêtes sont souvent perçues comme des épisodes brutaux. Pourtant, pour qui observe le littoral, elles jouent un rôle essentiel : elles sculptent les plages, déplacent les sédiments, révèlent les dynamiques naturelles… et parfois, mettent aussi au jour ce que l’on aurait préféré oublier.
À Saint‑Mandrier, hélas, nos tempêtes révèlent d’autres vestiges. Moins glorieux. Moins historiques. Et surtout, beaucoup moins rassurants.
La Vieille : quand la plage recrache ce qu’on lui a fait avaler, un inventaire de chantier
À la plage de La Vieille, les vagues ont mis à nu ce que les remblais tentaient de cacher depuis des décennies :
- bordures de caniveaux,
- blocs de béton,
- gravats cimentés,
- morceaux de goudron,
- fragments de polystyrène en quantité.
Le sable de recharge a disparu, laissant réapparaître les galets d’autrefois que les anciens connaissaient encore recouverts des restes de tubes de vers marins qui ont survécu à cinquante ans d’enfouissement.
Les pluies ont aussi mis au jour la canalisation du réseau pluvial, qui débouche… directement sur la plage. Sans prolongement sous‑marin. Sans dispersion en profondeur au large. Une configuration idéale pour expliquer les pollutions microbiologiques maximales et récurrentes des eaux de baignade.
Des palmiers sur une plage méditerranéenne : une fausse bonne idée
Les plantations récentes de palmiers n’arrangent rien. Ces arbres exotiques n’offrent quasiment aucune ombre au plus fort de la journée. Pourquoi ne pas avoir choisi des essences méditerranéennes, adaptées au climat et utiles à la biodiversité ?
Le Touring : même décor, même problème
À la plage du Touring, le même spectacle : la canalisation d’un des réseaux s’est disloquée, l’émissaire semble obstrué, et les eaux de pluie finissent… sur la plage comme d’ailleurs l’émissaire de l’autre côté.
Comme toujours, on nous explique que « quand il pleut, il y a de l’eau, c’est normal ». Certes. Mais l’eau chargée de tout ce qu’elle entraîne, c’est moins normal.
Le Canon : une stratigraphie du “poubellum”
Pour un géologue, la plage du Canon est un cas d’école pour qui connaît les strates géologiques :
- à la base, blocs de goudron, béton, briques, parpaings,
- au-dessus, un lit de gravier mêlé de débris,
- et enfin, une fine couche de sable de recharge.
Pourquoi ? Parce que cette plage, comme d’autres sur la presqu’île, a été créée à partir des années 60 en remblayant la mer avec des déchets de chantier. Puis à partir des années 70 des recharges annuelles en sable n’ont fait que masquer temporairement ces remblais qui réapparaissent durant l’hiver à la période des tempêtes et autres largades.
Le sable « marin »… venu d’un port
Le 26 juin 2025, la recharge en sable est pour le moins atypique. La mairie se fend d’un communiqué sur le site du Mandréen « Cette année, conformément aux consignes imposées, le sable utilisé provient directement de la mer. Il s'agit d'un sable marin, naturellement plus foncé que celui utilisé lors des campagnes précédentes. Cette différence de teinte pourra être visible dans un premier temps, mais elle n'a aucun impact sur la sécurité ou la qualité de baignade. » On ne se pas qu’elles sont les consignes imposées et par qui puisque cette plage est gérée par la commune ? Le sable est annoncé comme provenant « directement de la mer. Il s’agit d’un sable marin » pourquoi tant d’insistance ? parce qu’il est « naturellement plus foncé … teinte pourra être visible dans un premier temps» mais rassurez-vous « aucun impact sur la sécurité ou la qualité de baignade ». En réalité il a été extrait du port de Bormes-les-Mimosas, chargé de matière organique bien décomposée… et peut‑être d’autres polluants typiques des ports. Sa couleur n’est pas un mystère : le carbone, c’est noir. Mélangé au sable, c’est gris. Il devait blanchir rapidement. Il est toujours gris. Normal.
RÉENSABLEMENT DE LA PLAGE DU CANON :
Dans le cadre de la préservation et de l'entretien du littoral, la commune procède au réensablement de la plage du Canon. Cette opération essentielle permet de maintenir la qualité d'accueil de notre plage et de lutter contre l'érosion naturelle. Cette année, conformément aux consignes imposées, le sable utilisé provient directement de la mer. Il s'agit d'un sable marin, naturellement plus foncé que celui utilisé lors des campagnes précédentes. Cette différence de teinte pourra être visible dans un premier temps, mais elle n'a aucun impact sur la sécurité ou la qualité de baignade. Nous vous remercions pour votre compréhension
Faut‑il vraiment s’allonger en été sur une couche de déchets de toutes sortes et chauffés à 40°C ? Une serviette suffit-elle comme équipement de protection ? La question mérite d’être posée : quelles autres substances peuvent accompagner ces sédiments portuaires ?
Graves-Cavalas : beauté sauvage… et canalisations douteuses
La plage du Cavalas garde un charme naturel, malgré la présence de canalisations issues du terrain militaire, dont une en fibrociment.
La question se pose : ces émissaires de rejets ont‑ils un lien avec la pollution microbiologique chronique de la plage ? La question mérite d’être posée.
Coudoulière : un exemple de renaturation réussie… mais incomplète
L’APE s’est longtemps battue pour la renaturation de la Coudoulière, en lien avec le Conservatoire du littoral. Grace à ce dernier, la partie haute de cette partie de la plage, restaurée avec des plantes d’essences méditerranéennes, a retrouvé son identité.
Mais, pour l’autre partie communale, le premier mur de blocs construit sans autorisation par la commune demeure, là où un sentier aurait pu être réaménagé en continuité avec la partie restaurée. Le littoral est un tout : nous gardons espoir qu’un jour, cette plage retrouve son unité paysagère.
Sainte-Asile : sable, galets, béton et… polémiques
Sainte-Asile n’est pas une plage de sable naturelle. Elle a été créée après la construction de la digue, et repose également en partie sur des remblais. Les tempêtes font réapparaître régulièrement les galets d’origine sous les banquettes de Posidonie tel qu’on peut le voir en ce moment.
Sainte-Asile est une plage artificielle qui se comporte… comme une plage artificielle
Les eaux de ruissellement, mal canalisées, ont mis au jour les canalisations et les remblais. Quant aux recharges en sable, elles posent un problème majeur : leur impact éventuel sur les herbiers de posidonies, espèce protégée et essentielle à l’écosystème marin méditerranéen.
L’APE, FNE Var et FNE PACA demandent depuis des années une étude d’impact pour optimiser ces recharges. Pas pour les interdire : pour les faire correctement.
Quant à la protection des herbiers de posidonies, elle suscite toujours des attaques du maire, qui accuse l’APE d’empêcher le réensablement. Rappelons-le :
- ce n’est pas « M. Calmet » mais APE + FNE Var + FNE PACA qui ont porté plainte,
- la plainte concerne la destruction d’une espèce protégée,
- nos associations demandent simplement une étude d’impact pour optimiser les recharges en sable afin d’éviter d’étouffer l’herbier de Posidonie qui se développe tout près de la plage.
Rien d’extravagant. Juste du bon sens écologique.
Pendant ce temps, un panneau pédagogique du Conseil régional du Var, informant le public sur la protection des Posidonies, s’est disloqué avant de migrer petit à petit vers la partie arbustive de Tamaris de la plage jusque dans un coin de la pinède, caché derrière un banc de honte… Ce panneau indiquant « Propriété départementale Espace naturel sensible » venant en contradiction avec la gestion de la commune ne pouvait que mourir de sa belle mort. Cela en dit long sur l’engagement de la mairie pour l’environnement naturel de notre presqu’ile !
Un haiku pour ce panneau :
Sous les pins rouillés
le panneau parle de Posidonie
ici personne n’écoute.
Un rappel utile : ces plages ne sont pas naturelles
Contrairement à ce qu’affirme parfois la communication officielle :
- La Vieille, le Canon, le Touring et Sainte-Asile ne sont pas des plages naturelles.
- Elles ont été créées à partir des années 60 en remblayant la mer avec… des déchets.
- Les recharges en sable ont simplement recouvert ces dépôts à partir des années 70.
- La place des Résistants, la pointe Saint‑Georges, l’anse de Pin Rolland ont été comblées de la même manière.
Les tempêtes ne font que révéler ce que l’on cherche à cacher et ni l’APE, ni M. CALMET n’y sont pour rien, ils ne commandent pas à la nature.
Conclusion : la mer, elle ne ment jamais
Une plage naturelle raconte l’histoire de la mer. Ici, les plages de charme raconte aussi l’histoire des pratiques humaines de Saint-Mandrier : remblayer, recouvrir, recommencer.
À chaque coup de mer, la presqu’île se souvient. Elle recrache les gravats, les canalisations, les remblais, les erreurs du passé. Elle rappelle que l’entretien du littoral ne peut pas se résumer à étaler du sable gris chaque début d’été.
L’APE continuera à documenter, alerter et proposer. Parce que protéger nos plages, ce n’est pas seulement une affaire d’esthétique. C’est une question de santé publique, de biodiversité, et de respect du littoral.
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Une réglementation indispensable pour protéger la santé de tous
Depuis de nombreuses années, l’APE milite aux côtés de France Nature Environnement pour que la réglementation interdisant le brûlage des déchets verts soit respectée à Saint-Mandrier-sur-Mer.
Nous menons régulièrement des campagnes d’information afin de sensibiliser les habitants de la commune aux risques sanitaires liés à cette pratique encore trop répandue.
Exemples de panaches provoqués par le brulage de végétaux qui peuvent contaminer fortement leur environnement immédiat (Photographies prises dans le Var en mars 2026).
En effet, lors du brûlage de végétaux à l’air libre, de grandes quantités de particules fines (PM2,5) associées à de nombreuses substances toxiques sont émises. Ces polluants sont particulièrement nocifs pour la santé : ils pénètrent profondément dans les voies respiratoires et sont dangereux à la fois pour les personnes qui réalisent ces brûlages et pour celles qui vivent à proximité.
Selon Santé publique France, la pollution de l’air en particulier aux particules fines est responsable d’environ 40 000 décès prématurés chaque année en France.
Des mesures citoyennes de la qualité de l’air
Afin de mieux comprendre l’exposition réelle de la population à ces polluants, l’APE participe à des campagnes de mesure de la qualité de l’air avec des capteurs citoyens. Ces dispositifs viennent compléter les mesures réalisées par les stations fixes de l’organisme régional AtmoSud dont la presqu’ile est dépourvue.
L’objectif est simple : augmenter la densité des points de mesure afin d’obtenir une vision plus précise des concentrations de particules fines sur notre territoire et d’en identifier les sources, quel qu’elles soient, pour les réduire.
Des attaques infondées… puis un revirement
Notre engagement n’a malheureusement pas toujours été bien accueilli. En effet, cette démarche citoyenne nous a pourtant valu des propos pour le moins surprenants de la part du maire, M. Vincent, qui en 2024 nous a accusé sur son site Facebook et dans un courrier de faire du « flicage » et d’ignorance de la loi.
Afin de rétablir les faits, l’APE avait alors saisi l’organisme de surveillance de l’air AtmoSud ainsi que la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, en leur transmettant un courrier détaillé.
Une réglementation désormais très claire
Ironie du sort, un an plus tard, en juin dernier, un arrêté municipal signé par ce même M. Vincent est venu interdire les brûlages sur la commune. Une décision que nous saluons, car elle va dans le sens de la protection de la santé publique.
Mais la règle départementale est aujourd’hui encore plus explicite : depuis le 2 novembre 2025, un arrêté préfectoral interdit le brûlage des déchets verts toute l’année sur l’ensemble du département du Var.
Seules quelques situations très spécifiques peuvent faire l’objet d’une autorisation :
- déchets végétaux issus d’exploitations agricoles (tailles de vignes ou d’arbres fruitiers) et d’exploitation forestière
- travaux liés à la prévention des incendies et des opérations relevant des Obligations Légales de Débroussaillement (OLD)
Dans des cas précis, seul le préfet peut accorder une dérogation, via un formulaire entièrement dématérialisé disponible sur le site de la préfecture.
Une pratique qui persiste encore
Malgré ce cadre réglementaire très clair, nous avons constaté plusieurs brûlages en début d’hiver sur la commune.
Ces pratiques sont pourtant interdites dans la majorité des situations et contribuent directement à dégrader la qualité de l’air que nous respirons tous.
Respecter la loi pour protéger la santé de tous
Le respect de cette réglementation n’est pas une contrainte administrative inutile : c’est un geste essentiel pour préserver la qualité de l’air et protéger la santé publique.
Chacun peut agir simplement en privilégiant des solutions alternatives comme le compostage, le broyage ou la collecte en déchèterie.
Respecter l’interdiction de brûlage des déchets verts, c’est contribuer concrètement à préserver la qualité de l’air et à protéger la santé de toutes les Mandréennes et de tous les Mandréens.
Dans le bulletin municipal de décembre dernier, puis dans une publication sur son site en ligne en janvier 2026, le maire sortant, M. Vincent, s’est félicité de l’amélioration de la qualité de l’air sur le territoire de la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM). Selon lui, cette évolution serait le résultat direct de « notre stratégie sur les transports, l’isolation des bâtiments et les moyens de chauffage ».
L’affirmation est catégorique. Elle est aussi très contestable. Sur les sujets d’urbanisme et d’environnement, M. Vincent affectionne les déclarations définitives. Elles s’accompagnent régulièrement d’attaques personnelles, notamment contre le président de l’APE, dont il semble visiblement jalouser l’expertise et les connaissances sur ces questions.
Mais revenons aux faits.
Oui, la qualité de l’air s’améliore… mais partout en Europe
Oui, la qualité de l’air s’est améliorée ces dernières années. Personne ne le conteste. Mais il convient d’emblée de tempérer l’autosatisfaction affichée par M. Vincent : cette amélioration n’est pas spécifique à notre métropole. Elle est observée dans toute l’Europe.
Evolutions des principaux polluants dans l’atmosphère en Europe de 20025 à 2023 (à gauche) et en France de 2000 à 2024 (à droite).
Les raisons sont connues et largement documentées par les organismes scientifiques européens. Le rapport « 2014-2024: A decade of air quality improvements in Europe » publié par le programme Copernicus Atmosphere Monitoring Service montre que la baisse des concentrations de nombreux polluants est une tendance générale sur le continent. Mieux, le rapport Europe’s Environment 2025 report de l’Agence européenne pour l’environnement souligne que tous les polluants atmosphériques, dont les émissions sont réglementées, ont enregistré des tendances à la baisse significatives depuis 2005 !
Elle résulte avant tout des politiques publiques européennes de réduction des émissions polluantes et des progrès technologiques, notamment dans les transports et l’industrie.
Autrement dit, contrairement à ce que laisse entendre M. Vincent, ce ne sont pas les décisions de la métropole TPM qui ont amélioré la qualité de l’air en Europe.
Des résultats locaux loin d’être exemplaires
Lorsque l’on compare les chiffres, la réalité est même beaucoup moins flatteuse pour la métropole.
Depuis 2014 :
- les émissions de SO₂ ont diminué de 85 % en Europe, mais seulement de 17 % à TPM
- celles de NOx ont baissé de 53 % en Europe, contre 35 % à TPM
- les COVNM ont reculé de 35 % en Europe, mais seulement de 7 % sur notre territoire
- les PM2,5 ont diminué de 38 % en Europe, contre 24 % à TPM
- l’NH₃ a baissé de 17 % en Europe, contre 5 % à TPM
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : les progrès observés localement ne sont ni exceptionnels ni particulièrement rapides. Ils s’inscrivent simplement dans une tendance générale observée partout en Europe.
Le progrès technologique, principal moteur de l’amélioration
Dans l’article de Var-Matin du 29 janvier 2026 « Du mieux pour la qualité de l’air, jusqu’à quand ? » que M. Vincent cite sur son site Facebook, en le tronquant judicieusement du texte expliquant les causes, pour appuyer sa démonstration, les spécialistes d’AtmoSud donnent d’ailleurs une explication très claire.
Facebook de G. Vincent du 4 février 2026 et photo du panache du Pascal Lota de la Corsica Ferries battant pavillon italien entrant dans la petite rade de Toulon ce 5 mars 2025 à 7h50.
M. Damien Piga, directeur de l’innovation à AtmoSud, rappelle que l’amélioration de la qualité de l’air est avant tout liée au progrès technologique, notamment dans l’automobile. Lorsque les particuliers renouvellent leur véhicule, les nouveaux modèles respectent des normes environnementales plus strictes et émettent moins de polluants. Autrement dit, l’amélioration observée est d’abord liée au renouvellement du parc automobile et aux normes européennes, bien plus qu’à une stratégie locale particulière.
Un point que M. Vincent se garde bien de rappeler.
Respecter les limites réglementaires ne signifie pas forcèment protéger la santé
Autre affirmation trompeuse quant à notre santé : M. Vincent souligne que les stations de mesure d’AtmoSud ne dépassent pas les valeurs réglementaires.
C’est exact.
Mais ces valeurs réglementaires européennes restent bien supérieures aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, publiées en 2021. Comme nous vous l’annoncions à l’époque, ces recommandations sont aujourd’hui la référence scientifique médicales pour protéger la santé. Autrement dit, respecter la réglementation ne signifie pas que l’air est sans danger pour la santé de la population exposée à ces pollutions.
Les mesures réalisées à Saint-Mandrier sont préoccupantes
Les données objet de l’analyse personnelle de M. Vincent sont celles de la ville de Toulon. Regardons les données recueillies par la station temporaire installée à Saint-Mandrier entre août et octobre 2021. Les résultats montrent que les concentrations de particules fines PM2,5 dépassent très fréquemment les niveaux recommandés par l’OMS, et la moyenne sur cette période est de 9,7 µg/m3, soit le double de la valeur annuelle recommandée par l’OMS (5 µg/m3).
Or ces particules sont précisément celles qui présentent les impacts sanitaires les plus importants sur notre santé !
Les mesures de dioxyde d’azote révèlent également des pics significatifs et nombre de valeurs dépassant les valeurs recommandées par l’OMS.
Localisation de la station temporaire à Saint-Mandrier en 2021.
Evolutions exprimées en µg/m3 des particules fines de tailles inférieures à 0,5 µm (graphe de gauche) et du dioxyde d’azote NO2 (Graphe de droite) mesurés à la station Atmosud installée temporairement à Saint-Mandrier Village du 2 aout au 6 octobre 2021 avec des enregistrements toutes les 15 minutes et une interruption des données entre le 10 septembre et le 13 septembre. Les niveaux recommandés annuels et journaliers par l’OMS-2021 sont indiquées par deux lignes en rouge sur chaque graphe.
Ces résultats renforcent une des demandes que l’APE formule depuis des années : l’installation d’une station permanente de mesure de la qualité de l’air à Saint-Mandrier, incluant un détecteur du débit de dose ambiant (radioactivité) afin d’identifier précisément les sources de pollution locales.
Des sources de pollution locales encore largement ignorées
M. Vincent critique également les photographies montrant les panaches de fumée de certains navires dans la rade.
Pourtant, l’impact des activités maritimes a déjà été étudié et modélisé, notamment concernant les émissions de dioxyde de soufre. Selon les conditions de vent, ces pollutions peuvent se déplacer et affecter des zones situées à distance des quais. Les données horaires de certaines stations Atmosud situées près des ferries montrent d’ailleurs régulièrement des niveaux élevés de particules fines.
Visualisation des données en différents polluants mesurés par la station Atmosud Toulon-TCA située sur le quai du port commercial de Toulon (Prise d’écran le 9 mars 2026 à 18h45). Le tableau montre que les concentrations en particules fines PM2,5 ont atteint une valeur maximale de 89 µg/m3 lors des dernières 48 heures (AirPACA).
Faire semblant de ne pas voir ces réalités n’aide en rien à améliorer la situation.
Malheureusement cette évolution à la baisse n’est pas aussi significative pour l’ozone.
Ainsi l'Europe a connu un épisode de pollution atmosphérique d’ozone important à la mi-juin 2025, avec des concentrations d'ozone élevées dépassant les seuils réglementaires dans nombre de pays. Cette situation persista durant le week-end en raison de conditions météorologiques favorables : soleil, chaleur et stabilité. Situation qui concerna notre région.
Les concentrations d'ozone ont commencé à augmenter dans le bassin méditerranéen le 9 juin 2025 et ont progressé significativement jour après jour dans la quasi-totalité des pays européens et en particulier en région PACA. Seule la Scandinavie a été épargnée.
L'animation ci-dessus illustre l'évolution horaire des concentrations d'ozone le 9 juin 2025, avec des niveaux faibles la nuit en l'absence de soleil et une augmentation rapide durant la journée. Les pays méditerranéens et l'Europe centrale sont les zones les plus exposées, où la combinaison des sources d'émission et des températures élevées crée des conditions optimales pour la production d'ozone.
La qualité de l’air est désormais un enjeu politique local
Comme le rappelle également Damien Piga dans l’article de Var-Matin, la question de la qualité de l’air devient aujourd’hui un enjeu de plus en plus local. La présence de la voiture dans les centres urbains, le développement des transports en commun, les mobilités douces, les zones piétonnes ou les pistes cyclables sécurisées sont autant de leviers d’action concrets.
L’autosatisfaction du vice-président chargé de la Protection de l’environnement, développement durable, transition écologique et énergétique tient lieu de politique environnementale… Pourtant ce sont autant de sujets qui devraient naturellement être au cœur des débats métropolitains et municipaux, des actions toujours absentes du programme du candidat Vincent.
Plutôt que de se satisfaire d’améliorations qui sont en réalité observées dans toute l’Europe, il serait peut-être temps d’ouvrir ce débat sérieusement.
Car si la qualité de l’air s’améliore, elle reste encore loin des niveaux réellement protecteurs pour la santé. Et sur ce point, beaucoup reste à faire localement pour que l’air soit vraiment respirable sans impacter notre santé. Il est urgent d’agir, et c’est possible !
La préfecture du Var a annoncé par un communiqué de presse sur Facebook (!) la levée de l’arrêté temporaire du 6 janvier 2026 d’interdiction temporaire de la pêche, du ramassage, du transport, de la purification, de l’expédition, du stockage, de la distribution, de la commercialisation et de la mise à la consommation humaine des coquillages issus de la zone du Lazaret. Le collecte, la vente et la consommation des coquillages, moules et huitres, issus de cette zone sont à nouveau autorisés à compter de ce lundi 2 mars 2026.
Selon le communiqué, les analyses réalisées « depuis un mois » montrent une décroissance des concentrations en norovirus, qui seraient désormais en dessous des seuils de quantification, dans un contexte de moindre pression sur les réseaux d’assainissement et de baisse des précipitations après les épisodes pluvieux de février.
Une interdiction record… annoncée de manière minimale
Cette réouverture met fin à une période d’interdiction exceptionnellement longue pour la baie du Lazaret, débutée le 6 janvier à la suite d’une contamination des coquillages par les norovirus et prolongée après la confirmation de cette contamination lors des prélèvements de fin janvier. Il s’agit de la plus longue fermeture connue de ce secteur pour ce motif, ce que l’APE redoutait depuis plusieurs années au regard des épisodes répétés de pollution microbiologique dans cette baie.
Depuis longtemps, l’association alerte sur la vulnérabilité du site : réseau d’assainissement sous tension en cas de fortes pluies, rejets cumulés du bassin versant, ruissellements importants lors des épisodes méditerranéens, et proximité immédiate d’usages multiples (conchyliculture, baignade, plaisance). La durée inédite de l’interdiction de ce début d’année 2026 confirme que la baie du Lazaret reste un point faible récurrent concernant les pollutions bactériologiques du littoral toulonnais.
Des données toujours indisponibles pour le public
Si le communiqué évoque une « cinétique favorable de décroissance des norovirus », l’absence d’accès du public aux résultats détaillés des analyses reste problématique. Les citoyens, les consommateurs et les associations ne disposent ni des valeurs chiffrées, ni de la fréquence des prélèvements, ni des tendances sur ces derniers 18 mois des indicateurs de contaminations microbiologiques (bactérie Escherichia coli entre autres), alors que ces informations sont essentielles pour comprendre réellement l’état sanitaire du milieu.
Quelle est la raison qui fait que les données de surveillance bactériologique ne sont plus disponibles en toute transparence ?
Aucune réponse à nos courriers adressés au préfet et à l’Ifremer.
De la même manière, les références aux réseaux d’assainissement et aux épisodes météorologiques restent très générales : aucune information précise n’est donnée sur les incidents passés, les éventuels travaux d’entretien réalisés, les plans de mise en conformité ou les engagements futurs pour limiter le risque de nouvelles contaminations.
On sait seulement que, sur une période récente, « aucun incident » n’aurait été constaté et que les pluies ont diminué, ce qui ne préjuge en rien des prochains épisodes intenses.
Ce que demande l’APE
Face à cette situation, l’APE et FNE renouvellent plusieurs demandes constantes :
- La publication régulière dès leur obtention des résultats d’analyses (norovirus, bactéries, paramètres de qualité d’eau), sous forme de séries temporelles compréhensibles pour le grand public.
- La mise à disposition d’un bilan pluriannuel des épisodes de fermeture (dates, durées, causes identifiées) pour objectiver le caractère désormais chronique des pollutions de la baie du Lazaret.
- Une transparence accrue sur l’état des réseaux d’eaux usées et pluviales, les incidents enregistrés et les travaux programmés, notamment autour de la rade et des quartiers riverains de la baie.
- L’inscription de la baie du Lazaret comme zone prioritaire de réduction des pollutions microbiologiques par la métropole, avec un calendrier d’actions et un suivi partagé avec les associations et les professionnels.
Une vigilance qui reste de mise
La réouverture de la baie est évidemment une bonne nouvelle pour les conchyliculteurs et les acteurs économiques, durement touchés par cette longue interruption d’activité, comme pour les consommateurs attachés aux produits de la rade. Mais elle ne doit pas faire oublier la fragilité structurelle du site.
L’APE continuera donc à suivre de près la qualité des eaux de la baie du Lazaret et les décisions des autorités, et à informer les habitants dès que de nouvelles données seront rendues publiques. La meilleure protection des activités économiques locales passe par une amélioration réelle, durable et vérifiable de l’état sanitaire du milieu, et non par la seule alternance de périodes d’interdiction et de réouverture, décidées sur la base de données auxquelles le public n’a toujours pas accès.
Le communiqué de presse publié le 21 février 2026 par les services de l’État et les collectivités territoriales confirme le maintien de l’interdiction de collecte et de consommation des coquillages issus de la baie du Lazaret, dans la rade de Toulon, en raison d’une contamination persistante au norovirus.
En vigueur depuis le 6 janvier 2026, cette mesure fait suite aux analyses sanitaires ayant mis en évidence la présence persistante début février du virus, dans un contexte d’intempéries répétées et de risques élevés à très élevés de gastro-entérites virales.
Si les autorités annoncent des dispositifs de soutien aux conchyliculteurs impactés, cet épisode sanitaire soulève des enjeux plus larges qui dépassent la seule dimension économique.
Le norovirus : un indicateur de contamination des milieux (voir les explications ici)
La contamination au norovirus n’est ni un phénomène rare ni imprévisible. Bien connu des scientifiques et des autorités sanitaires, il constitue un marqueur typique de contamination microbiologique des eaux, le plus souvent d’origine fécale.
Les coquillages, organismes filtreurs, concentrent naturellement les micro-organismes présents dans leur environnement. Ils deviennent ainsi des sentinelles particulièrement sensibles de la qualité sanitaire des masses d’eau côtières.
Lors d’épisodes pluvieux importants, les réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales peuvent être la cause des contaminations : débordements, rejets insuffisamment traités, dysfonctionnements d’ouvrages ou ruissellements chargés en contaminants. Autant de mécanismes susceptibles de favoriser la diffusion de virus entériques vers le milieu marin.
À la lumière des événements récents, il apparaît tout aussi essentiel de s’interroger sur l’efficacité et l’application du système d’alerte sanitaire. Son amélioration constitue un enjeu majeur pour éviter la répétition des nombreux cas de gastro-entérites observés ces dernières semaines. Ces situations soulèvent également, de manière légitime, la question des responsabilités dans la prévention des risques sanitaires et de la protection des populations.
Une problématique déjà documentée sur le territoire
Cette nouvelle interdiction intervient dans un contexte que l’APE a déjà eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises : la vulnérabilité des zones littorales face aux contaminations microbiologiques et la question récurrente de l’état des réseaux d’assainissement.
Les épisodes de pollution affectant les eaux de baignade ou les zones conchylicoles ne relèvent pas uniquement d’aléas climatiques. Ils traduisent également des fragilités structurelles : vieillissement des infrastructures, surcharge des systèmes unitaires, artificialisation des sols accentuant les ruissellements, pressions urbaines croissantes.
Ces facteurs sont aujourd’hui bien identifiés dans la littérature scientifique et dans de nombreux rapports institutionnels.
Des aides économiques nécessaires mais non suffisantes
Les mesures annoncées par l’État, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et le Conseil départemental du Var visent légitimement à soutenir la trésorerie des entreprises conchylicoles et à limiter les impacts sociaux de la crise.
Ces dispositifs – aides « de minimis », activité partielle, allègement des redevances domaniales – constituent des réponses d’urgence indispensables. En revanche, il n’est pas mentionné de soutien ou d’indemnisation des personnes malades, professionnels indépendants qui perdent des jours de travail.
Mais ils ne sauraient occulter la question centrale : comment réduire durablement la probabilité et la fréquence de ces crises sanitaires ?
Prévention, infrastructures et qualité des eaux : un enjeu majeur de santé publique
Les contaminations virales du milieu marin rappellent une réalité fondamentale : la qualité des eaux littorales dépend directement des choix d’aménagement, de l’état des réseaux et des politiques publiques d’assainissement.
Dans un contexte de période électorale où les annonces et engagements se multiplient, il est utile de rappeler que la résolution de ces problématiques repose avant tout sur des actions structurelles, durables et vérifiables dans le temps, de la responsabilité des municipalités et du préfet.
Les débats publics récents illustrent d’ailleurs les divergences d’analyse sur ces sujets. Certaines explications avancées tendent à banaliser les phénomènes observés, comme celles du maire de Saint Mandrier, M. Vincent, et l’urgence d’attendre en les attribuant exclusivement à des mécanismes naturels, comme les variations de pression atmosphérique ou la montée temporaire du niveau marin lors d’épisodes pluvieux, présentés comme des situations normales à l’échelle méditerranéenne.
Si ces mécanismes physiques existent bien entendu, ils ne sauraient à eux seuls expliquer des contaminations virales récurrentes, dont les déterminants sont largement documentés par les connaissances scientifiques en matière d’assainissement, d’hydrologie urbaine et de qualité des eaux.
Une vigilance collective indispensable
L’APE rappelle que ces épisodes ne doivent pas être analysés comme de simples événements anecdotiques mais comme des signaux d’alerte.
Ils invitent à une réflexion globale sur la gestion des eaux usées et pluviales, l’urbanisation des bassins versants, la résilience des équipements publics et la protection des milieux côtiers.
Garantir durablement la qualité sanitaire des eaux littorales constitue un impératif qui engage l’ensemble des acteurs publics et privés.
- 6 février 2026 : Baie du Lazaret : présence du Norovirus, interdiction de ventes des coquillages prolongée
- 29 janvier 2025 : Communiqué de clarification – APE Saint-Mandrier
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