
Le 3 octobre dernier, nous vous l’annoncions : le Scarlet LadyScarlet Lady, ainé et identique au Valiant Lady de la compagnie Virgin Voyages devait reprendre le flambeau des croisières de 7 jours « The Irresistible Med » à partir du 6 mai 2024… Et bien c’est une information confirmée et validée ce jour même.
Le Scarlet Lady navigant actuellement sous le pavillon de Bahamas est le premier né de la compagnie américaine Virgin Voyages. Il a effectué sa première visite de la rade de cette année dont il a contaminé l’atmosphère à partir du terminal croisière de La Seyne dès 8h20 et ce jusqu’à son départ vers 18h30 en direction de la Marina di Carrara en Italie. L’occasion de prendre des clichés cocasses comme si par exemple une excroissance avait poussé sur les abris de la mytiliculture de la baie du Lazaret ou s’était ajoutée aux bâtiments de l’ancienne base aéronavale de Saint-Mandrier ou même sur les ponts du navire de croisière Azamara Quest battant pavillon maltais et qui avait passé la journée dans le port de Toulon et en partance pour Nice (Photographies du 6 mai 2024 à partir de 18h00).
D’un tonnage de 110 000t pour une longueur de 278 mètres et une Largeur de 38 mètres, le Scarlet Lady a commencé ses rotations en 2020. Ses 17 ponts, ses 1408 cabines et ses 2 piscines accueillent 2860 passagers et 1160 membres d'équipages.
Le navire de croisière Azamara Quest a été construit en 2000, pèse 30 000 tonnes et dispose de 361 cabines pouvant accueillir jusqu'à 794 passagers servis par 408 membres d'équipage. Il y a 11 ponts passagers, dont 6 avec cabines.
Le panache de rejet des résidus de combustion du Scarlet Lady est proportionnel à ses dimensions et il faudra vous habituer à sa présence à chacune de ses escales toulonnaises. D’après les informations disponibles sur internet, le Scarlet Lady comme le Valiant Lady est équipé d’épurateurs à l'eau de mer hybrides des gaz d’échappement de ses moteurs (appelés scrubbers en anglais) afin de réduire les rejets d’oxyde de soufre dans l’air. Le panache de rejet change alors de couleur en fonction du fonctionnement des épurateurs. Lorsqu’ils ne sont pas en marche, le panache de rejet prend une couleur teintée par les oxydes de soufre en particulier et par les autres contaminants (Photographies des 6 mai 2024).
Aucune indication n’est disponible sur le modèle des équipements mais leur efficacité est variable suivant les systèmes et leur mode de fonctionnement : rejettent-ils les lixiviats directement en mer avec ou sans traitement, au port ?
Si vous l’avez raté, pas de panique vous pourrez le voir à nouveau dans la rade le 20 mai, le 3 juin, 17 juin, 1 juillet 2024, etc. dates auxquelles vous pouvez vous mettre à la campagne pour y respirer un air plus pur…
Si vous voulez un autre avenir pour notre métropole, faites-le savoir en signant la pétition « STOP CROISIERES GRANDE RADE DE TOULON », ICI
Question panaches, les jours de congés du mois de mai préfigurent ceux de la période estivale qui s’approche…
Quelques exemples. Le Mega Express Three battant pavillon italien de la Corsica Ferries est arrivé au large du Cap Cépet vers 15h30, est entré en rade tout panache dehors, laissant derrière lui dans l’atmosphère les multiples contaminants de la combustion du fuel marine dans ses vieux moteurs. A l’arrivé à quai, il a continué à emboucaner l’atmosphère du port jusqu’aux bâtiments à proximité (16h45) avant de repartir en fin de journée (19h40). Il a été suivi par le panache du Mega Andrea battant pavillon italien qui l’a rejoint dans le port de Toulon après une approche de nos côtes vers 16h45. En fin de journée, vers 22h00, le Mega Smeralda battant pavillon italien est parti à vive allure à destination de Minorque laissant sa trainée de polluants dans son sillage (Photographies du 4 mai 2024).
Il est pourtant urgent d’agir et de remplacer ces navires polluants par de nouveaux utilisant des moteurs non polluants pour limiter le réchauffement climatique et donc celui des mers et océans. Ce graphique montre l’évolution journalière de la température de surface de (SST) l’Océan Atlantique Nord (60°S-60°N) estimée à partir des données de la NOAA OISST v2.1 (View details). Les résultats SST en 2024 sont systématiquement supérieurs à ceux des années précédentes dans la dynamique évolutive à la hausse observée depuis mars 2023.
Le Mega Smeralda est un cruise-ferry du groupe Corsica Ferries-Sardinia Ferries battant pavillon italien. Il a été mis en service en 1985 et est équipé de quatre moteurs diesels. Avec ses près de quarante ans d’âge, son panache habituel est bien visible loin sur l’horizon. Celui de la frégate de défense aérienne (FDA) est plus discret. La FDA est équipée de 2 moteurs de propulsion diesel et de 2 turbines à gaz de propulsion et plus récente, elle a été admise au service actif en 2011. Le bâtiment ravitailleur de forces (BRF), Jacques Chevallier, ne montre pas de panache visible. Livré à la Marine nationale en 2023, sa propulsion diesel-électrique est composée de 4 moteurs diesel.

Dans la brume matinale le Mega Sméralda de la Corsica Ferries battant pavillon italien approche tout panache dehors de la petite rade dispersant dans l’atmosphère les contaminants présents dans les gaz d’échappement de ses moteurs dont une grande partie va retomber à la surface de la mer contaminant les écosystèmes marins de la rade.
Une contamination visible dans le ciel brumeux au-dessus de la rade en sortie des cheminées du Mega Smeralda en provenance d’Ajaccio qui est bien mise en évidence en jouant sur le contraste de phase des photographies prises lors de son passage devant le village (photographies prises le 7 avril 2024 à 10h30).
Un signe que l’été approche ? Les navires s’agrègent sur les quais du port de Toulon : le Mega Regina de la Corsica Ferries battant pavillon italien, le Marella Explorer 2 de la compagnie britannique Marella Cruises battant pavillon Maltais et le Kalliste de la compagnie française La Méridionale battant pavillon français. Des trois, c’est le Marella Explorer 2 qui apparemment émettait le panache le plus marqué dans l’atmosphère tout en générant des aérosols de l’eau du port...

Le soleil se couche et le Mega Express Three de la Corsica Ferries battant pavillon italien s’éloigne panache sur l’horizon en direction de Bastia. Tout le long de son trajet, il va disperser dans l’atmosphère les polluants des gaz de ses moteurs dont une grande partie va retomber à la surface de la mer contaminant les écosystèmes marins.
Une pollution bien visible dans un ciel sans nuage. Le Mega Express Three quitte la rade Toulon pour rejoindre la Corse (photographies prises le 3 avril 2024 à 20h00).
Les épaves des bateaux drossés à la côte ou reposant au fond de l’eau contiennent des combustibles, des équipements électriques, batteries, amiante, peintures et linoléums/plastiques, matériaux dont les composants sont libérés dans le milieu marin, pour certains, immédiatement lors de l’échouage des bateaux, ou le seront progressivement au cours du temps lors de la dégradation de ces épaves.
Les constituants de ces matériaux sont autant de sources de contamination des différentes composantes abiotiques (eaux et sédiments) et vivantes du milieu marin. Dispersés dans les eaux et les sédiments marins de la rade, ils sont incorporés par les différents organismes vivants des chaînes alimentaires marines.
Les épaves sont donc des sources de contaminations chimiques pour les organismes marins, y compris les moules, huîtres et poissons faisant l’objet d’élevages dans la rade. Ces contaminants chimiques viennent s’accumuler à ceux déjà présents dans les différentes composantes des écosystèmes marins (bioaccumulation) de la petite rade les mettant à risque ainsi que les activités économiques.
La plupart de ces contaminants ne font l’objet d’aucune surveillance réglementaire du milieu marin. C’est le cas des PFAS dénomination qui vient de l’anglais « Per and polyfluoroalkyl substances » (substances alkylées per ou polyfluorées) couvrant des milliers de composés différents. Les PFAS sont des molécules chimiques synthétisées artificiellement. Certaines formes de PFAS sont appelées des « précurseurs », puisqu’elles peuvent se dégrader dans l’environnement et se transformer en d’autres PFAS, dont le PFOA ou le PFOS, deux molécules interdites. Leur persistance et leur capacité à s’accumuler dans les tissus des organismes vivants font qu’on les retrouve en haut des chaînes alimentaires. Ainsi elles sont détectées notamment jusque chez les mammifères marins de l’Arctique.
Aussi, conformément au décret du Décret n° 2015-458 du 23 avril 2015, pour l’APE il est important que les épaves, en particulier celles immergées depuis des années dans la rade, soient relevées rapidement pour être éventuellement déconstruites par une filière ad hoc par exemple en liaison avec l’Association pour la plaisance éco-responsable (APER) qui gère une filière de déconstruction éco-responsable comme cela est préconisé par le Secrétariat d’Etat chargé de la mer.
L'inventaire cartographique des épaves récentes de la rade de Toulon vient d'être mis à jour et publié.
Vous pouvez le télécharger en cliquant sur Sources de pollution de la rade de Toulon Inventaire cartographique des épaves récentes Actualisation au 27 février 2024.
Au 27 février 2024 ce sont 45 épaves, 20 de voiliers et 25 de canots, qui ont été inventoriées, un total en augmentation de 3 épaves par rapport à l’inventaire réalisé en 2023. Ce nouveau décompte résulte d’une meilleure couverture géographique du littoral à la suite de nouveaux signalements d’épaves, en particulier sur le littoral du domaine militaire de la commune de Saint-Mandrier.
Aujourd’hui 11 mars2024, ce sont 3 des voiliers échoués sur les rochers protégeant la Corniche Georges Pompidou qui ont été enlevés par la municipalité de la Seyne-sur-Mer, en particulier celui qui avait été drossé à la côte devant Michel Pacha (Photographies du 11 mars 2024). Ils étaient échoués depuis des mois et commençaient à se délabrer sérieusement. Allez encore un effort, il en reste donc 42 pour que le littoral de la rade offre un spectacle digne de l’engouement des amoureux de la rade.
A la date de publication du rapport, aucune épave de voilier à la coque complètement immergée observée en 2023 (voir ce post) n’avait été enlevée bien qu’étant un risque à la navigation. De même, à de nombreux endroits dans la rade subsistent des déchets immergés de différents types. Les épaves de ces bateaux sont autant de sources de pollution des différentes composantes abiotiques et biotiques du milieu marin, contaminations qui préoccupent les associations.
Comme en 2023, afin de faciliter la tache de leur enlèvement, cette nouvelle version de l’inventaire a été transmise aux autorités (préfet du Var et préfet maritime) en tant que contribution au projet Sentinelles de la nature (https://sentinellesdelanature.fr/) mis en place par France Nature Environnement. Le projet Sentinelles a pour objectif de permettre à la communauté citoyenne de géolocaliser les atteintes à l'environnement afin de les signaler à l’autorité afin que soit apporter des solutions de remédiation, avec l’appui des associations et des fédérations de protection de l'environnement.
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