Vous avez raté les plus beaux panaches de l'année 2024 du littoral toulonnais, entre autres ceux des navires de la Corsica Ferries battant pavillon italien ? Alors vous trouverez un bref rappel de panaches de polluants qui sont la preuve par neuf que le Plan climat régional « Une Cop d’avance », le dispositif « Escales Zéro Fumée » ne sont pas développés à la hauteur des enjeux sanitaires, n’en déplaise à ceux qui se vantent à longueur d’articles de presse de l’ambition de leurs projets…
La majorité des émissions du transport maritime sont émises lors du stationnement à quai et dans la zone de navigation à vitesse réduite à l’entrée des ports. Ferries, paquebots à quai consomment l’équivalent d’environ 250 voitures. Entre 500 et 2 000 litres par heure de gasoil lourds dit marine particulièrement polluant pour un paquebot pour 7 litres par heure en moyenne pour une voiture.
Cette pollution de l’air provenant des navires à quai génère des nuisances pour les riverains comme pour les usagers des ports. Aujourd’hui, 20% de la population régionale est exposée à un dépassement des normes de la qualité de l’air avec des pics plus importants dans les ville-ports, plus significative sur les aires toulonnaiseet marseillaise.
D’après les responsables politiques, nous le savons il est donc urgent d’attendre ! Pourtant, la pollution de l'air serait responsable de 48 000 à 100 000 décès chaque année en France. La prise de conscience au sein de la population progresse mais la prévention des risques fait encore défaut et les pouvoirs publics tardent à mettre en place des mesures efficaces.
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Au petit matin, en provenance du port espagnol de Malaga, le Brillant Lady battant pavillon des Bahamas de la compagnie Virgin croisières est arrivé au large des côtes varoises avant d’entrer dans la rade et d’accoster au quai du terminal commercial de Toulon. Avec ses 278 mètres de long, 38m de large et ses 110 000 tonnes brutes, les sirènes ont du souci à se faire…
Le Brilliant lady est arrivé au lever du soleil, un panache typique de rejets de polluants bien visible sur l’horizon. Il est entré en rade toute fumée dehors comme lors de sa manœuvre d’accostage. Toute la journée et la nuit, ses rejets ont contaminés l’atmosphère sans qu’il soit évidemment connecté aux potences d’alimentation électrique : là c’est un autre type d’enfumage. Petit détail, ses 1 400 cabines étaient vides de leurs 2 770 passagers potentiels, donc hors les frais de quai, aucun bénéfice pour les commerçants mais une belle pollution pour tous les riverains de la rade depuis son arrivée.
Le Brilliant Lady a été mis à l’eau le 25 novembre 2022 à Sestri. Chantier naval Fincantieri de Ponente (Gênes). C’est le dernier né de la série de 4 navires identiques, le Scarlet Lady, Valiant Lady et le Resilient Lady que nous connaissons bien par l’importance de leurs rejets atmosphériques dans la rade et à quai en plein centre ville de Toulon !
Evidemment, Virgin vante l’utilisation de technologies alternatives de pointe pour réduire l’impact environnemental global de ses navires avec le fameux système de lavage des gaz de type scrubber….
En cette fin de journée au soleil couchant, les badauds sur les quais du port de Toulon ont respiré un air qui avait une forte probabilité d’être pollué par les rejets de particules et autres polluants bien mis en évidence par les panaches des navires rabattus par le vent vers les quais.
Toujours pas de branchement des navires visibles sur les bornes électriques des quais d’ailleurs peu utiles lors des arrivées et départs des vieux bateaux battant pavillon italien de la Corsica Ferries qui, parait-il, aurait bénéficié des subsides des contribuables français pour moderniser sa flotte afin de réduire les rejets atmosphériques de ses navires (Photographies du Corsica Marina Seconda prises le 6 décembre 2024 vers 17h45 à quai au port de Toulon).
Le 1er novembre dernier nous rappelions une fois de plus, qu’en France, le brûlage des déchets verts à l’air libre, est interdit. Pourtant il est encore très répandu : plus de 15% des personnes possédant un jardin enfreignent la loi (parfois sans le savoir), et 830 000 tonnes de déchets végétaux sont brûlés chaque année.
Pour notre région, l’association Atmosud précise que les brûlages de déchets verts représentent parfois localement jusqu’à 45% des particules dans l’air en PACA. Cette association recommande d’utiliser le site SignalAir afin de renseigner la localisation puis caractériser la nuisance. Cette pratique, qui émet des polluants atmosphériques toxiques, est néfaste pour notre santé et pour l’environnement, de plus elle limite le retour au sol de la matière organique.
Les brulages répétitifs dans la zone urbaine du village sont particulièrement nocifs lorsque les fumées persistent durant des heures enfumant largement les zones habitées et les poumons de ceux y résidant (Photographies prisent le 23 novembre et le 4 décembre 2024).
En 2023, en partenariat avec l'ADEME, FNE a réalisé une vidéo pour inciter au changement dans la gestion des déchets végétaux avec les outils existants pour agir et transformer cette matière en ressource.
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En France, le brûlage des déchets verts à l’air libre, pourtant interdit, est encore très répandu : plus de 15% des personnes possédant un jardin enfreignent la loi (parfois sans le savoir), et 830 000 tonnes de déchets végétaux sont brûlés chaque année.
Cette pratique, qui émet des polluants atmosphériques toxiques, est néfaste pour notre santé et pour l’environnement, et elle limite le retour au sol de la matière organique ( Photographie prise le 1 novembre 2024 à 7:50). Voir également les photos de l'année passée.
En 2023, en partenariat avec l'ADEME, FNE a réalisé une vidéo pour inciter au changement dans la gestion des déchets végétaux avec les outils existants pour agir et transformer cette matière en ressource.
La pollution de l’air des navires s’explique notamment par les rejets dus aux teneurs élevées en soufre des carburants utilisés par les navires. Fioul lourd, diesel marin… (Photographie du Costa Fascinosa de la compagnie Costa Croisières à l’entrée de la petite rade prise le 1 novembre 2024 à 8:03)
En effet, les carburants des navires ont une teneur en soufre jusqu’à 3 500 fois plus élevée que le diesel des voitures. Une fois brûlé, ce carburant les navires rejettent du dioxyde de soufre, connu pour son impact sanitaire (maladies respiratoires, bronchites, irritations de la gorge) et environnemental (pluies acides) mais aussi du dioxyde d’azote.
Nous saluons le rôle de la France dans la création de la zone à faible émission de soufre en Méditerranée (zone SECA), mais il est nécessaire d’aller plus loin pour protéger la santé des riverains des villes portuaires en Méditerranée et ailleurs.
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