19 juin 2026 : Une seconde chance pour la posidonie, immersion au cœur du projet PRIME de restauration des herbiers
Le 17 juin 2026, nous avons eu le privilège de découvrir sur le terrain les travaux de restauration des herbiers de posidonie menés par l'association NaturDive dans le cadre du projet PRIME (Posidonia Restoration Initiative for a Resilient Mediterranean Ecosystem).
Le groupe de membres de France Nature Environnement et de l’APE à bord du bateau sur le site de l'écomusée sous-marin de Cannes. Dans les eaux limpides des îles de Lérins, deux espèces protégées, Posidonie et Cymodocées cohabitent sous la forme de beaux herbiers bien développés. Six statues y ont été immergées entre 84 à 132 mètres du rivage sud de l'île Sainte-Marguerite, à une profondeur de 3 à 5 mètres, facilement accessible en palmes, masque et tuba. Elles sont couvertes d’algues Padina et d’acétabulaire.
Équipés de palmes, masque et tuba, profitant d'une mer calme à 22 °C et de conditions idéales d'observation, nous avons rejoint le site de l'Écomusée sous-marin de Cannes, entre les îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat. À quelques mètres seulement sous la surface, derrière l'image de carte postale des yachts au mouillage et des eaux turquoise, se déroule un patient travail de restauration écologique.
Sauver les fragments arrachés avant qu'ils ne disparaissent
Le principe du projet est à la fois simple et ingénieux : récupérer les fragments de rhizomes de posidonie arrachés par les ancres ou les tempêtes, qui dérivent sur les fonds marins et sont généralement condamnés à disparaître, pour leur offrir une seconde chance de vivre sur ce site en les replantant.
Les fragments de posidonie arrachés par les ancres retrouvent une seconde vie grâce au projet PRIME. Samuel Jeglot, directeur de NaturDive nous montre les fragments de rhizomes collectés la veille et qui ont été sélectionnés pour être replantés en plongée dans les jours suivants.
Les plongeurs sélectionnent sur le fond les fragments de rhizomes encore vigoureux sur lesquels subsistent quelques feuilles, les regroupent en lots de cinquante rhizomes avant de les conserver immergés dans des filets jusqu'à leur replantation.
Chaque carré replanté par les plongeurs représente des dizaines de fragments de rhizomes soigneusement fixés à l’aide de plusieurs agrafes dans les rhizomes de la matte morte tapissant le fond du site. Soigneusement localisés, ils seront suivis scientifiquement pendant plusieurs années.
Ceux-ci sont ensuite fixés méthodiquement sur des zones de matte morte à l'aide d'agrafes métalliques, selon une géométrie étudiée pour favoriser leur reprise et la reconstitution progressive de l'herbier.
Cartographie des surfaces concernées par la restauration de posidonie depuis 2024 (Crédit Natur Dive)
Depuis son lancement, le projet affiche déjà des résultats remarquables : 2 735 m² d'herbiers restaurés, 38 100 fragments replantés, 759 heures d'immersion et près de 400 plongées individuelles consacrées à cette mission de restauration écologique.
Une méthodologie rigoureuse dans un site exceptionnel
Le choix de l'Écomusée sous-marin de Cannes ne doit rien au hasard. Cette zone bénéficie de nombreux statuts de protection, notamment Natura 2000, le sanctuaire Pelagos et une zone interdite aux engins motorisés, qui offrent des conditions favorables au succès de la restauration. Les plantations font ensuite l'objet d'un suivi scientifique pendant au moins cinq ans afin d'évaluer leur croissance et leur pérennité.
Un laboratoire grandeur nature… mais aussi un territoire sous forte pression
La zone des îles de Lérins constitue un remarquable laboratoire pour la restauration écologique, mais elle illustre également les nombreux conflits d'usages qui affectent aujourd'hui le littoral méditerranéen. Chaque été, des centaines de bateaux de plaisance, voiliers et yachts fréquentent ce secteur très prisé. Malgré les réglementations mises en place, les mouillages demeurent l'une des principales causes d'arrachement des rhizomes de posidonie.
De nombreux voiliers et yachts mouillent entre les iles de Lerins avec des mouvements quasi permanents de navettes entre le bateau pizza, cocktails et autres services… Passages de câbles et autres tuyauteries, installations aquacoles, infrastructures portuaires compliquent la gestion de la zone.
À cette forte fréquentation nautique s'ajoutent diverses activités maritimes, notamment des installations aquacoles et des infrastructures portuaires situées à proximité, qui témoignent de la multiplicité des usages concentrés sur un espace marin restreint. Concilier tourisme, économie maritime, plaisance et préservation d'un patrimoine naturel exceptionnel représente un défi majeur pour les gestionnaires du littoral.
Cette réalité rappelle que la restauration écologique, aussi exemplaire soit-elle, ne peut constituer qu'une partie de la réponse. La protection durable des herbiers de posidonie passe avant tout par une réduction des pressions qui s'exercent sur eux et par une gestion concertée des activités humaines en mer.
Restaurer, oui… mais surtout préserver
Cette visite rappelle une évidence : la restauration écologique est une démarche passionnante et prometteuse, mais elle ne saurait remplacer la préservation des herbiers existants.
Restaurer les herbiers est possible, mais préserver ceux qui existent demeure la priorité absolue pour protéger la biodiversité méditerranéenne.
Chaque fragment replanté demande des dizaines d'heures de travail, des moyens humains importants et un suivi scientifique de longue durée. À l'inverse, éviter les dégradations – qu'elles soient causées par les mouillages anarchiques, certains aménagements côtiers ou les rechargements inadaptés de plages – reste la solution la plus efficace, la moins coûteuse et la plus respectueuse du fonctionnement naturel des écosystèmes.
Une source d'inspiration pour la protection des petits fonds côtiers
Pour l'APE, cette immersion constitue également un encouragement à poursuivre les travaux engagés sur le récif frangeant de posidonie de la plage de la Vieille, de l’herbier de la plage de Sainte-Asile à Saint-Mandrier-sur-Mer. Les herbiers superficiels que nous étudions jouent un rôle essentiel de nurserie pour de nombreuses espèces marines et participent à la stabilisation du littoral.
Voir renaître des fragments condamnés grâce à l'engagement de bénévoles, de scientifiques et de plongeurs est un formidable message d'espoir. Mais ce message s'accompagne d'une responsabilité : protéger les herbiers encore intacts afin qu'ils n'aient jamais besoin d'être restaurés.
La meilleure restauration reste celle que l'on n'a pas besoin d'entreprendre.
18 juin 2026 : Face aux agressions humaines, la résilience de la nature a ses limites
« Vieille terre, rongée par les âges, rabotée de pluies et de tempêtes, épuisée de végétation, mais prête, indéfiniment, à produire ce qu'il faut pour que se succèdent les vivants ! »
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre (Tome 1, L'Appel)
Lorsque le général de Gaulle écrivait ces lignes, il contemplait la permanence de nos paysages, cette formidable capacité de la terre à panser ses propres plaies. Depuis des millénaires, la nature essuie les colères du ciel : les tempêtes érodent nos côtes, les sécheresses fatiguent les sols, les hivers gèlent les bourgeons. Pourtant, chaque printemps, la vie reprend ses droits. Les graines germent à nouveau, les écosystèmes se rééquilibrent et la Terre, résiliente, continue inlassablement de nourrir « les vivants ».
17 juin 2026 : Éclats de soleil
Il suffit parfois d'un rayon de lumière traversant le feuillage pour transformer une simple promenade en véritable spectacle. Là où l'ombre domine encore, quelques fleurs semblent soudain s'embraser et capter toute l'énergie du soleil.
15 juin 2026 : Projet MOANA, une journée de restitution pour la protection de nos petits fonds côtiers
Aujourd’hui s'est déroulée une journée de restitution particulièrement marquante pour l'avenir de notre littoral. C’est à bord d’un catamaran mis à disposition par la société AMC Cape Grace, au cœur de la rade de Marseille, que se sont réunis experts, représentants associatifs et élus afin de dresser le bilan du projet MOANA et de présenter les résultats des études menées au cours des deux dernières années. Porté par France Nature Environnement (FNE) grâce à la mobilisation citoyenne de la soirée télévisée « Les Super-Powers de l’Océan », ce programme a financé quatre études majeures menées au cours des deux dernières années sur les "petits fonds côtiers".
14 juin 2026 : Rapport moral et nouvelle présidence, France Nature Environnement confirme sa ligne et son ambition
À l'occasion de son Assemblée générale, France Nature Environnement (FNE) a élu Nicolas Richard à la présidence de la fédération, succédant à Antoine Gatet, dont le rapport moral 2025 rappelle le bilan de trois années d'engagement au service de la protection de la nature et de l'intérêt général.
11 juin 2026 : La nature est un spectacle permanent… pour qui prend le temps de regarder
Il n'est pas nécessaire de parcourir les forêts tropicales ou les grands espaces sauvages pour s'émerveiller devant la nature. Parfois, quelques pas dans un jardin, une promenade attentive ou simplement quelques minutes d'observation suffisent pour découvrir un monde d'une richesse insoupçonnée.
Les photographies réalisées aujourd'hui en témoignent une fois encore.
9 juin 2026 : Pétition pour le nettoyage de la plage de Sainte-Asile. Ce que dit la pétition, Ce que disent les faits
Une "pétition pour le nettoyage et réensablement de la plage saint asile" circule actuellement dans les quartiers du Pin Rolland et du Marégau . Elle vient également d'être mise en ligne. Avant de la signer, nous invitons chacun à examiner les faits.
8 juin 2026 : Pollution atmosphérique en rade de Toulon, l'urgence sanitaire doit guider les choix publics
Les photographies de ferries ou de paquebots laissant échapper des panaches de fumée au-dessus de la rade de Toulon suscitent régulièrement la crainte des résidents pour leur santé. En effet, derrière ces panaches bien visibles se cache une réalité bien plus préoccupante : celle d'une pollution atmosphérique dont les conséquences sur la santé humaine sont aujourd'hui largement documentées.
5 juin 2026 : Échappée culturelle à Draguignan. Un voyage entre terre, mer et élégance !
Avis aux curieux, passionnés de nature et amateurs d'histoire locale ! Hier, nous avons eu la chance de découvrir deux magnifiques expositions qui viennent tout juste d'ouvrir leurs portes à Draguignan. C'est l’occasion rêvée de planifier une belle escapade d'une journée en Dracénie pour faire d'une pierre deux coups !
Étape 1 : L'explosion de couleurs au Musée des Beaux-Arts
On commence la journée avec l'exposition « Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle » (visible jusqu’au 31 octobre 2026).
À la fin du XIXe siècle, grâce à l'arrivée des lignes de chemin de fer et des premiers guides touristiques, le massif de l’Estérel est devenu le terrain de jeu favori des peintres d'avant-garde.
4 juin 2026 : Fumées grises, jaunasse et promesses vertes, dans la rade de Toulon, Corsica Ferries continue de nous enfumer (aux frais du contribuable)
Ce matin encore, le spectacle était grandiose au large et en petite rade de Toulon. Le ferry Pascal Lota de la Corsica ferries battant pavillon italien, faisait son entrée, majestueux, traînant derrière lui un nuage de fumée conséquent. Oh, rassurez-vous, la fumée n’était pas noire ! Elle était grise, jaunasse. Une nuance subtile qui pour certain.es changerait sans doute tout pour nos poumons, mais absolument rien au sentiment général sur notre santé : on se moque ouvertement de nous.
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