Aujourd’hui s'est déroulée une journée de restitution particulièrement marquante pour l'avenir de notre littoral. C’est à bord d’un catamaran mis à disposition par la société AMC Cape Grace, au cœur de la rade de Marseille, que se sont réunis experts, représentants associatifs et élus afin de dresser le bilan du projet MOANA et de présenter les résultats des études menées au cours des deux dernières années. Porté par France Nature Environnement (FNE) grâce à la mobilisation citoyenne de la soirée télévisée « Les Super-Powers de l’Océan », ce programme a financé quatre études majeures menées au cours des deux dernières années sur les "petits fonds côtiers".

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 À bord d'un catamaran dans la rade de Marseille, la journée de restitution du projet MOANA a réuni associations et experts autour d'un objectif commun : mieux connaître les premiers mètres de mer pour mieux les protéger (Crédit photo : Bandol Littoral).

Ces petits fonds, situés entre 0 et 30 mètres de profondeur, représentent la frange la plus riche mais aussi la plus vulnérable de notre biodiversité marine, subissant de plein fouet la pression humaine.

Quatre projets pour comprendre et agir

Le projet MOANA s'est articulé autour de quatre initiatives concrètes et protocolées sur le terrain, visant à mesurer scientifiquement les impacts humains pour mieux orienter les politiques de gestion :

  • Projet 1 : Protéger un récif frangeant relictuel (étudié par l’APE) : Caractérisation et préservation d’une structure naturel de Posidonie à Saint-Mandrier-sur-Mer, menacée par l'urbanisation, le piétinement, les mouillages et les recharges de sable de carrière de la plage.
  • Projet 2 : Mesurer l'état des populations de poissons (Parc Marin de la Côte Bleue) : Ce projet évalue l'efficacité des zones de cantonnement de pêche face à la surpêche et aux canicules marines en suivant des « espèces cibles » à l'aide de « l'indice poisson ». Les résultats démontrent un véritable "effet réserve" qui s'essaime désormais sur d'autres sites du littoral.
  • Projet 3 : L'impact du piétinement (Université de Nice-Côte d’Azur) : Menée sur l’île Saint-Honorat, cette étude pilote quantifie l'impact destructeur du piétinement des baigneurs, accentué par l'usage des chaussures de plage, sur les macroalgues Cystoseires en forte régression. Un protocole par comptages et prises de vue permet d'évaluer précisément cette pression touristique.
  • Projet 4 : Quand l'eau douce devient rare (Réserve de Camargue) : Cette étude analyse la vulnérabilité du mythique Bois des Rièges et de ses vieux genévriers de Phénicie. Les suivis par sondes piézométriques mettent en évidence la dynamique de la lentille d'eau douce dunaire, menacée par la sécheresse et la remontée des nappes salées.
Zoom sur notre action : protéger le récif frangeant de Posidonie de Saint-Mandrier

Au sein de ce collectif, l'APE a pris une part active et passionnée en menant l’étude dédiée à la caractérisation du récif frangeant de Posidonia oceanica au niveau de la plage de la Vieille à Saint-Mandrier-sur-Mer, dans la petite rade de Toulon.

Les récifs frangeants de posidonie sont de véritables monuments patrimoniaux naturels, emblématiques de la Méditerranée. Ils se forment sur des siècles lorsque les herbiers s'élèvent jusqu'à affleurer la surface de l'eau, jouant le rôle d'allié le plus sûr des plages naturelles. Ce "récif" remplit des fonctions écologiques cruciales : il brise l’énergie des vagues, protège nos plages de l'érosion, et sert de nurserie à la faune marine. Or, en petite rade de Toulon, les herbiers sont en régression dramatique et ont complètement disparu.

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Le récif frangeant de posidonie étudié par l'APE à Saint-Mandrier illustre l'extraordinaire richesse écologique des petits fonds côtiers méditerranéens mais aussi les impacts auxquels sont soumis ces écosystèmes marins.

La découverte de ce récif non cartographié à Saint-Mandrier a été une heureuse surprise. Durant deux ans, l’APE a mené un travail complet :

  • Caractérisation et suivi de l'herbier (densité, vitalité, et suivi de la biodiversité piscicole associée) pour établir un état de référence.
  • Actions d'éducation et de sensibilisation sur site, notamment en période estivale.
  • Défense du site, en proposant l’arrêt des recharges en sable, installation d’un balisage pour délimiter une « zone de protection » réglementaire pour éviter son piétinement.

Contrairement à l'image classique de vastes herbiers immergés, ce site se caractérise par une mosaïque d'habitats très peu profonds, où alternent herbiers fragmentés de Posidonia oceanica, mattes mortes, petits fonds sableux et zones rocheuses colonisées par des algues photophiles.

Les études menées au cours des deux dernières années ont permis de mettre en évidence la richesse écologique de ce secteur, qui joue un rôle majeur de nurserie pour de nombreuses espèces de poissons, tout en offrant des habitats variés à une faune et une flore remarquables.

Connaître pour mieux protéger

Ces quatre projets illustrent une même conviction : la protection du littoral méditerranéen repose avant tout sur une meilleure connaissance scientifique des milieux naturels.

Pour l'APE, la participation au projet MOANA constitue une reconnaissance de l'importance écologique du récif frangeant de Saint-Mandrier et renforce notre détermination à défendre les herbiers de posidonie et les petits fonds côtiers face aux pressions croissantes qui s'exercent sur eux.

Parce que les premiers mètres de mer sont souvent les premiers touchés par les activités humaines, ils doivent aussi être les premiers à bénéficier de notre attention et de notre protection.

Lors de cette journée, le président de l'APE, Dominique Calmet, rappelle l'urgence d'agir contre le fléau des recharges annuels de sable blanc sur les plages artificielles : « Ils détruisent l’habitat naturel d'origine (galets, rochers). De plus, ce sable ne reste pas à cause des vagues, il est dispersé lors des tempêtes et sédimente dans les herbiers de posidonie qui longent notre côte, les étouffant progressivement. »

Gestion des plages : des échanges constructifs avec la mairie de Marseille

Cette journée a également été l'occasion pour les représentants de l'APE d'échanger avec Hervé Menchon, adjoint au Maire de Marseille délégué à l'environnement et à la biodiversité. Les discussions ont notamment porté sur les choix opérés par la Ville de Marseille en matière de gestion des plages sans recours aux rechargements artificiels en sable, privilégiant une approche fondée sur le fonctionnement naturel du littoral et la préservation des banquettes de posidonie.

Ces échanges riches et constructifs illustrent l'importance du dialogue entre collectivités, scientifiques et associations environnementales pour développer des solutions conciliant accueil du public, lutte contre l'érosion et protection des écosystèmes marins. Pour l'APE, ils confirment qu'une gestion plus respectueuse des dynamiques naturelles du littoral méditerranéen est non seulement possible, mais constitue une voie d'avenir.

Le mot de l'APE : Sauver ce patrimoine naturel inestimable pour lui-même et le transmettre intact aux générations futures : c'est là tout le sens du combat et de l'engagement quotidien de l'APE.

Alors, si vous partagez nos valeurs et notre volonté de protéger durablement la presqu’île,

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