C'est avec tristesse que nous avons appris le décès de Jane Goodall, survenu le 1er octobre 2025 à l'âge de 91 ans, des suites de causes naturelles. « À ce stade de sa vie, Jane voyageait encore à travers le monde, avec énergie et passion, dans sa défense inlassable de la planète et de tous ses habitants, inspirant des millions de personnes par son message d’espoir », indique le communiqué de l’Institut Jane Goodall annonçant son décès.
Cette primatologue légendaire, pionnière de l'étude des chimpanzés et ambassadrice infatigable de la conservation de la nature, laisse derrière elle un héritage inestimable qui résonne particulièrement au sein de notre association, dédiée à l'éducation et à la sensibilisation environnementale pour les jeunes générations de Saint-Mandrier-sur-Mer.
Née en 1934 en Angleterre, Jane Goodall a révolutionné notre compréhension des primates en Afrique, à Gombe, en Tanzanie. À une époque où les animaux étaient vus comme des sujets d'étude distants, elle a prouvé que les chimpanzés possèdent des émotions, des outils et une société complexe, comparable à la nôtre. Son travail a non seulement transformé la science, mais aussi éveillé les consciences mondiales sur l'urgence de protéger la biodiversité.
Plus qu’une scientifique, elle est devenue une voix morale forte pour l’environnement, fondant en 1977 le Jane Goodall Institute et le programme Roots & Shoots, porteurs de l’engagement citoyen pour la planète. Elle a consacré sa vie à la lutte contre la déforestation, le braconnage et le changement climatique, inspirant des millions de personnes dès leur plus jeune âge à devenir des "racines et pousses" d'espoir pour un avenir durable.
« Rassemblons-nous et faisons chacun de notre mieux, de toutes les manières possibles. Rendons le monde meilleur pour les enfants qui viendront après nous et aidons-les à rendre le monde meilleur pour eux-mêmes » mais elle averti « Pour le moment si nous ne gagnons pas la bataille du climat, c’est que nous avons des gens assez méchants à des postes élevés au sein des gouvernements, cela ne fait aucun doute... Il y a tellement de mal au pouvoir dans certains pays). (Dr Jane Goodall, discours prononcé « pour l’histoire » à l’Unesco-Paris le 21 octobre 2024).
Jane Goodall, c’était aussi une militante de terrain, une messagère de paix des Nations Unies, une conférencière passionnée qui, jusqu’à ses derniers jours, parcourait le monde pour transmettre un message d’espoir et de responsabilité.
À Saint-Mandrier, où nos espaces naturels sont menacés de disparition par l'urbanisation et la pollution, l'exemple de Jane Goodall nous interpelle plus que jamais. Ses leçons sur l'empathie envers tous les êtres vivants nous guident dans nos actions locales et plaidoyers pour une presqu'île préservée d’une urbanisation massive. Elle nous rappelait que "seul si nous comprenons, nous pourrons protéger".
La petite lumière de vie de Jane Goodall ne s’est pas éteinte ; elle vit dans chaque arbre sauvé, chaque animal protégé, et chaque enfant qui pose des questions sur le monde qui l'entoure. Reposez en paix, Docteur Goodall. Merci pour votre lumière.
L'APE 83430 rend hommage à cette femme extraordinaire et vous invite à continuer ensemble le combat pour une presqu’ile vivante !
Dans la nuit du 21 septembre 2025, des pluies diluviennes ont frappé Saint-Mandrier, avec 125 mm d’eau tombés en une soirée, provoquant des crues et inondations dévastatrices. Habitations, commerces et infrastructures ont subi des dégâts importants. Nos pensées vont aux familles touchées, et nous continuerons à prêter main-forte pour surmonter cette épreuve.
Mais cette catastrophe n’est pas un hasard. La bétonisation excessive et l’artificialisation des sols, piliers de la politique d’urbanisation régionale, aggravent ces désastres. Saint-Mandrier n’est donc pas seule : d’autres communes subissent les mêmes conséquences.
Les scientifiques nous alertent depuis des années : les événements météorologiques extrêmes seront plus fréquents et violents. Il est urgent d’agir pour un développement durable qui préserve notre presqu’île, nos biens et notre qualité de vie.
Les plages de Saint-Mandrier bouleversées, sous le sable les canalisations
Les eaux de ruissellement, d’une puissance redoutable, ont ravagé nos plages. Nos photos et vidéo témoignent de leur impact sur les plages de Cavalas, Graves, La Vieille et de Sainte-Asile. Voici en bref ce que nous avons observé.
Plage de Cavalas : Ravinement et pollution
À la plage naturelle de Cavalas, les galets ont été emportés sur plus d’un mètre de profondeur, exposant la roche sous-jacente. Le ruisseau, pollué par des bactéries fécales, s’est élargi en rejoignant la mer, déplaçant des blocs de béton.
Plage de Graves : Oursins frelons et déchets
Les vagues violentes de la tempête ont arraché des oursins des rochers proches de la plage, les rejetant en épaves sur la grève, mêlés à des débris plastiques, seringue et autres déchets. Cette hécatombe attire les frelons asiatiques, une espèce invasive qui décortique les oursins pour s’en nourrir. Ce spectacle, visible dans nos images, montre l’impact des tempêtes sur la faune marine mais aussi l’opportunisme de ces prédateurs, dangereux pour la biodiversité et les humains.
Plage de La Vieille : Sable et débris emportés
À la plage de La Vieille, les eaux de ruissellement ont emporté l’excès de sable accumulé en haut de la plage, jusque sur la route d’accès. Via le réseau pluvial, elles ont charrié des débris naturels et de plastique ainsi que de polluants bactériologiques et autres vers la mer, rappelant que 80 % des déchets marins proviennent de la terre.
Plage de Sainte-Asile : Plage éventrée
La plage artificielle de Sainte-Asile est éventrée au niveau de ses accès, révélant les remblais de gravats et les canalisations qui rejettent les eaux boueuses directement sur la plage. Une partie du sable des recharges des années passées a été entraînée en mer par les eaux de ruissellement dévalant, entre autres, de l’avenue de la mer, qui porte bien son nom. La couleur marron de l’eau montre bien l’étendue de la zone sous l’influence des apports des eaux de ruissellement potentiellement polluées par le lessivage des routes et parkings à proximité. Heureusement, grâce à notre action en justice pour une étude d’impact sur les posidonies, aucune recharge de sable n’avait été faite cette année. En effet, un nouvel apport aurait été entraîné et dispersé encore plus de sable dans l’herbier de posidonie se développant à quelques mètres du rivage.
Plage de Sainte-Asile : Les posidonies, rempart naturel
Les banquettes de posidonie, malgré l’instrumentalisation politique de ce dossier et les violentes critiques portées cet été contre notre association et son président, ont prouvé leur efficacité en limitant l’érosion côtière lors de cette tempête. Leur préservation est essentielle pour protéger nos plages. C’est un fait scientifique qu’il faudra bien un jour intégrer à la politique de gestion de notre littoral.
Les frelons asiatiques : une menace amplifiée
La présence massive des frelons asiatiques sur la plage de Grave-Cavalas est un exemple particulièrement alarmant des évolutions de notre environnement. Ces insectes, déjà connus pour leur impact sur la biodiversité, cigales et abeilles en particulier, profitent des oursins échoués comme d’un festin facile.
Ce phénomène, accentué par la tempête, montre comment les déséquilibres environnementaux (pollution, érosion, débris) peuvent favoriser les espèces invasives. Les frelons, dangereux pour les humains (leurs piqûres peuvent être graves), posent un défi supplémentaire pour bénéficier de nos plages. Nos images saisissantes montrent leur frénésie autour des oursins, un signal d’alerte pour agir.
Une politique d’urbanisation à revoir
Ces dégâts sont un cri d’alarme. La bétonisation excessive et le sous-dimensionnement des réseaux pluviaux, que nous dénoncions dès 2017 dans nos recours contre le Plan Local d’Urbanisme (PLU) devant le tribunal administratif de Toulon, sont au cœur du problème. Les faits nous donnent raison : il est temps de réviser le PLU pour limiter l’artificialisation des sols et préserver nos derniers espaces naturels.
Depuis plus de 40 ans, l’APE refuse d’être spectateur du bétonnage de la presqu’ile et continuera à faire entendre votre voix pour un urbanisme responsable et un PLU révisé.
Rejoignez l'APE pour agir ou faites un don pour soutenir nos actions : www.ape83430.fr
Sauvons la presqu’île de Saint-Mandrier du bétonnage intensif, restaurons ses plages et défendons sa qualité de vie !
#Tempête2025 #SaintMandrier #Cavalas #Posidonies #StopBéton #APE83430
Comme chaque année, l’APE était présente hier au Forum des associations de Saint-Mandrier.
Ce rendez-vous citoyen reste un moment essentiel d’échanges, de rencontres et d’accueil de nouveaux adhérents.
Les discussions ont porté sur nos thèmes de mobilisation :
- la gestion des plages et la protection des herbiers de posidonie,
- la pollution plastique et bactériologique qui affecte nos eaux de baignade,
- l’impact des excès de bétonisation sur les derniers espaces naturels de la presqu’île,
- les suites données aux recours contre les projets immobiliers destructeurs de notre qualité de vie.
De nombreux habitants nous ont également interrogés sur les perspectives pour les constructions du chemin des roses, Fliche-Bergis, les serres de monsieur Garrone et sur la nécessité de préserver ce dernier site pour l’agriculture plutôt que de le livrer prochainement à l’urbanisation.
Un grand merci à toutes celles et ceux qui sont venus échanger, s’informer et soutiennent nos actions.
Depuis plus de 40 ans, nos mots d’ordre restent les mêmes :
La nature a besoin de vous !
L’APE reste mobilisée pour faire respecter la loi et
protéger les derniers sites naturels de la presqu’île.
Adhérez ou faites un don pour renforcer notre action : www.ape83430.fr
Les nuages, sombres et imposants, ont progressivement envahi le ciel au-dessus de l’horizon avant de déverser une pluie abondante sur la presqu’île.
Un ruissellement potentiellement chargé de polluants vers des zones inondées et vulnérables
Lors des pluies intenses sur la presqu’ile, comme le 28 août, ce 1er septembre, les eaux de pluie dévalent des collines par les routes jusqu’au village. Canalisées par les murs, elles lessivent les polluants accumulés sur les sols et la chaussée (bactéries, virus, hydrocarbures, particules fines, etc.). Lorsque les précipitations dépassent 20 L/m² en moins d’une heure, le réseau pluvial, sous-dimensionné, ne parvient plus à évacuer correctement les eaux de ruissellement.
Les eaux s’accumulent alors dans les zones les plus basses du village, déjà identifiées comme zones de submersion par le BRGM et les services préfectoraux. Leur parcours s’achève dans les eaux du port, où elles déversent les polluants collectés en chemin.
Un phénomène récurrent malgré les travaux
Malgré les travaux successifs de voirie, les mêmes zones de Pin Rolland sont régulièrement inondées lors des fortes pluies comme celles des derniers jours. Les eaux de ruissellement, chargées de polluants, proviennent des routes, parkings et autres surfaces imperméabilisées. Elles finissent leur course soit en traversant les plages, soit via les émissaires des eaux pluviales, contaminant ainsi les eaux de baignade.
Une différence de couleur révélatrice La différence de couleur des eaux est bien visible depuis la jetée : Côté rochers, l’eau reste claire, Côté plage, zone de rechargement en sable, l’eau apparaît turbide, signe de la présence de particules qui vont inévitablement se déposer dans l’herbier de Posidonie.
En bref
Les sources de pollutions microbiologiques des eaux sont issues notamment de mauvais raccordements d'habitations au réseau d'assainissement, de débordements des réseaux d'eaux usées, de rejets de station d'épuration d'eaux résiduaires et du ruissellement sur les sols, chaussées, surfaces souillées.
Les pluies intenses peuvent également provoquer des débordements des ouvrages de collecte et de traitement des eaux usées contribuant à la contamination du milieu naturel.
Aussi, à la suite d’épisode de pluie, la pollution microbiologique d'origine fécale est souvent observée au niveau des exutoires naturels ou artificiels sur le littoral marin au niveau, entre autres, des sites de baignades, et être cause d'une mauvaise qualité de l'eau.
Pour en savoir plus
Le département du Var a été placé en vigilance orange à partir de ce lundi 4h du matin, et ce jusqu’en soirée, en raison de l’arrivée d’un épisode méditerranéen actif. Ce phénomène concerne également les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence.
Selon Météo-France, des orages violents accompagnés de très fortes précipitations sont attendus dans l’après-midi. D’abord localisés en vallée du Rhône, ils progresseront vers le littoral varois au cours de la journée. Le dernier bulletin indique que « dimanche soir, un épisode méditerranéen se met en place avec des orages violents caractérisés en particulier par de très fortes intensités pluvieuses. Ils perdurent dans la nuit de dimanche soir jusqu’en fin d’après-midi de lundi. »
Face à ce risque météorologique élevé, et en accord avec les autorités académiques, le préfet du Var a décidé de reporter la rentrée scolaire au mardi 2 septembre.
Vigilance ORANGE orages et pluie-inondation : La rentrée scolaire reportée au mardi 2 septembre
Nuage sur le Coudon aujourd’hui 31 aout à 18h50
Ce que cela nous rappelle
Nous rappelons que ces épisodes extrêmes, de plus en plus fréquents, sont les manifestations concrètes du dérèglement climatique. Ils mettent en lumière la vulnérabilité de nos territoires littoraux face aux aléas naturels : inondations, ruissellements, submersions marines.
La météo n’est plus un simple bulletin : elle est devenue un signal d’alerte.
Écoutons-la. Agissons.
Dans le cadre de la concertation préalable sur le Plan national de restauration de la nature qui s’est clôturée le 23 août 2025, l’APE a rappelé dans sa contribution que la restauration ne doit pas masquer l’essentiel : protéger d’abord, réparer ensuite. En effet, restaurer sans protéger, c’est « verser de l’eau dans un seau percé ».
L’élaboration de ce plan s’inscrit dans un contexte alarmant : le rapport 2024 sur l’état de l’environnement souligne l’accélération du déclin de la biodiversité en France (17 % des espèces métropolitaines menacées, artificialisation des sols, pollutions multiples, changement climatique, etc.), tandis que les engagements internationaux (Accord de Paris, cadre mondial biodiversité de Kunming-Montréal) restent largement insuffisants pour limiter le réchauffement climatique.
L’APE déplore un cadrage trop centré sur « l’après-dégâts », qui risque de légitimer la destruction en la présentant comme inévitable, alors que la prévention est toujours la stratégie la plus efficace et la moins coûteuse.
L’APE défend donc l’adoption d’un Principe de Protection : faire de la protection de l’environnement la règle et de l’exploitation l’exception, en inversant la charge de la preuve. Ce n’est plus aux défenseurs de justifier la protection de l’environnement, mais aux exploitants de démontrer scientifiquement l’innocuité de leurs activités. Et sans cette preuve formelle, on s’abstient.
Enfin, l’APE appelle à reconnaître les droits de la Nature : considérer écosystèmes, espèces et entités naturelles comme des sujets de droit, afin qu’ils puissent être représentés et défendus pour leurs propres intérêts. Cette position vise à replacer la Nature au cœur du droit, non plus comme un objet à gérer, mais comme une communauté vivante, dont nous faisons parti et avec qui nous partagerons l’avenir du Vivant de cette planète.
Un tel changement enverrait un signal fort aux décideurs et soutiendrait les actions citoyennes qui portent une vision alternative à la doxa actuelle.
Ce matin, la lumière encore douce filtrait à travers l’eau limpide de la plage de Cavalas laissant deviner les dépôts de sable fréquents cette année.
Mais à l’horizon, les machines des hommes s’agitent : ferries et cargos se croisent, se dépassent, laissant derrière eux de lourds panaches noirs qui tachent le ciel sans nuage. Dans ce même ciel, un groupe de goélands se querelle bruyamment autour d’un poisson fraîchement capturé.
À l’autre extrémité de la plage, le contraste est saisissant : la surface de la mer est polluée, comme trop souvent. Les derniers résultats de mesure de la surveillance microbiologique de dette plage réalisées sur un prélèvement le 20 aout montrent encore la présence d’Entérocoques intestinaux (77/100mL) et d’Escherichia coli (30 /100mL) au-dessus des seuils de détection. Des mousses mêlées de débris dérivent vers les rochers. L’irisation argentée de la couche de surface laisse deviner une nappe parallèle au rivage, semblant rejoindre les Deux Frères. Les rejets de la station d’épuration d’Amphitria ?
Alors que la chaleur s’installe, il est temps de plonger dans l’eau claire. Là, un tout autre monde s’anime. Autour des blocs de la digue dégingandée, des girelles paon aux couleurs vives virevoltent de leur nage saccadée. Petits et grands individus se croisent, certains déjà parés de leur livrée adulte de verts, bleus et d’orangés, tandis que de jeunes sars argentés les accompagnent calmement.
Plus loin, des bancs de saupes juvéniles broutent les algues accrochées aux rochers, illuminés par les rayons du soleil. Au-dessus d’elles, des mulets glissent avec grâce, jouant avec le miroitement de la surface.
Puis vient le moment de sortir de l’eau. Cette vie sous-marine, si foisonnante et colorée, repose pourtant sur un équilibre fragile, semblable à des galets empilés les uns sur les autres. Un équilibre qu’il nous appartient de protéger si nous voulons continuer à partager ces instants de beauté avec le Vivant.
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