Le 4 février 2026, la Préfecture du Var a confirmé le maintien de l’interdiction de collecte, de vente et de consommation des coquillages (huîtres, moules, palourdes) issus de la Baie du Lazaret, dans la rade de Toulon. Cette mesure, prise initialement par arrêté préfectoral du 9 janvier dernier, fait suite à de nouvelles analyses sanitaires du 29 janvier qui ont révélé la présence persistante de norovirus dans les coquillages.
Ce maintien intervient dans un contexte environnemental particulièrement dégradé : des épisodes de fortes pluies depuis le 18 janvier ont affecté le bassin versant de la rade, saturant les réseaux d’assainissement et favorisant les rejets d’eaux usées dans les milieux naturels, contribuant à la contamination microbiologique des milieux littoraux comme la Baie du Lazaret.
Ainsi, le bulletin hebdomadaire du réseau sentinelle pour la semaine dernière montre un taux d’incidence élevé de diarrhée aiguë en région PACA. Le taux d’incidence de diarrhée aiguë est de 227 cas pour 100 000 habitants, plus du double de celui pour la France à 101 cas pour 100 000 habitants.
Littoral de la rade et submersions
Parallèlement à ces préoccupations sanitaires, notre littoral continue de subir les conséquences des événements météorologiques extrêmes. Les phénomènes de pluies intenses conjointement à une pression barométrique basse et des vagues ont entraîner des phénomènes de submersion marine.
Les routes longeant la baie du Lazaret à Tamaris et au niveau des ports de La Seyne et Saint-Mandrier ont été submergées comme c’est le cas par fortes pluies
En particulier, les zones basses et portuaires de la rade, déjà fragilisées par des pressions multiples (urbanisation, assainissement, climat), montrent une vulnérabilité accrue aux inondations et aux intrusions marines. Cette vulnérabilité ne concerne pas seulement la sécurité sanitaire avec la consommation des coquillages, mais aussi l’intégrité des milieux naturels sensibles et à terme la sécurité des habitants et de leurs habitations dans ces secteurs littoraux.
Une alerte qui dépasse la conchyliculture
Les eaux usées non maîtrisées lors des épisodes pluvieux, combinées à la montée du niveau de la mer et à des réseaux d’assainissement parfois saturés, créent un terrain propice aux contaminations récurrentes des zones conchylicoles et des eaux baignables.
Il est essentiel que les autorités compétentes (État, Métropole, communes) s’engagent de manière plus déterminée dans :
- l’adaptation des réseaux d’assainissement à l’augmentation de population et pluviaux face aux pluies méditerranéennes intenses ;
- la surveillance sanitaire continue des zones littorales sensibles, y compris en conditions post-pluvieuses ;
- la communication claire et transparente envers les professionnels et le grand public. En effet, aujourd’hui aucune donnée n’est disponible sur les niveaux de contamination des mollusques depuis avril 204 sur le site de l’Ifremer.
Notre littoral, ses activités traditionnelles et la santé publique ne peuvent plus être sacrifiés au nom d’une gestion par défaut. L’alerte sanitaire de la Baie du Lazaret doit servir de déclencheur pour repenser la protection environnementale et sanitaire du bassin de la rade de Toulon.
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