Alors que le préfet du Var a déclenché une procédure d’alerte en raison d’un épisode de pollution à l’ozone, les automobilistes sont invités à réduire leur vitesse et chacun est appelé à limiter les émissions de polluants atmosphériques.
Ces recommandations sont légitimes. Elles visent à diminuer les émissions des précurseurs de l’ozone, notamment les oxydes d’azote (NOₓ), qui réagissent sous l’effet du rayonnement solaire pour former cet ozone troposphérique nocif pour la santé humaine et les écosystèmes.
Sur cette vidéo, le Mega Serena de Corsica Ferries arrive et quitte la rade de Toulon en laissant derrière lui un important panache de fumée jaunâtre, particulièrement visible (Vidéo du 22 juin 2026 prise à 18h00 et à partir de 19h10).
Pourtant, au même moment, les habitants du littoral ont pu observer le passage dans la rade de Toulon de plusieurs ferries laissant derrière eux d’importants panaches de fumées, comme en témoignent les vidéos illustrant cet article.
Il convient de rappeler que l’ozone n’est pas directement émis par les moteurs. Il résulte de réactions chimiques complexes impliquant notamment les oxydes d’azote (NOₓ) et d’autres polluants atmosphériques. Les moteurs marins constituent l’une des sources de ces émissions, au même titre que le trafic routier ou certaines activités industrielles.
La question mérite donc d’être posée : pourquoi les efforts demandés aux particuliers et aux automobilistes ne s’accompagnent-ils pas d’une réflexion tout aussi exigeante sur les émissions du transport maritime ?
Depuis plusieurs années, l’APE alerte sur l’impact de certains navires anciens qui fréquentent régulièrement la rade de Toulon. Une partie de la flotte assurant les liaisons avec la Corse est composée de bâtiments construits il y a plusieurs décennies, parfois exploités auparavant sur des lignes d’Europe du Nord avant leur transfert vers la Méditerranée. Même lorsqu’ils respectent les réglementations en vigueur, ces navires ont été conçus selon des standards techniques et environnementaux aujourd’hui dépassés par les meilleures technologies disponibles.
Les habitants de la rade ont ainsi le sentiment d’être soumis à une forme de double discours : d’un côté, on demande aux citoyens de modifier leurs comportements lors des épisodes de pollution ; de l’autre, des navires fortement émetteurs continuent leurs rotations quotidiennes sans que leur contribution aux émissions atmosphériques ne fasse l’objet d’un débat public à la hauteur des enjeux.
L’APE tient cependant à être parfaitement claire : notre association n’est pas opposée aux liaisons maritimes avec la Corse. Elles sont essentielles à la continuité territoriale, au développement économique, au tourisme et aux échanges humains entre l’île et le continent.
Notre position est tout autre : nous demandons que ces liaisons soient assurées par des navires beaucoup moins polluants.
L’avenir du transport maritime passe par des bâtiments de nouvelle génération équipés de technologies permettant de réduire drastiquement les émissions d’oxydes d’azote (NOₓ), d’oxydes de soufre (SOₓ), de particules fines et des autres polluants atmosphériques. L’électrification à quai, l’utilisation de carburants plus propres, les systèmes performants de dépollution des gaz d’échappement ou encore les nouvelles motorisations constituent autant de solutions déjà mises en œuvre dans de nombreux ports européens.
Les baigneurs respirent, les aquaculteurs produisent, les navires passent… Il est temps que les technologies évoluent pour concilier mobilité maritime, santé publique et protection de la Méditerranée et de ses ressources (rotation du Mega Serena de la Corsica Ferries le 22 juin 2026).
La proximité des navires conduit à des rejets de polluants qui touchent inévitablement des zones où vivent les habitants de la presqu’ile de Saint-Mandrier.
Il serait incompréhensible que les habitants du Var supportent durablement les conséquences sanitaires et environnementales d’une flotte vieillissante alors même que des alternatives existent.
Les photographies et vidéos présentées ici ne sont pas seulement des images spectaculaires : elles illustrent une réalité qui interroge. Elles rappellent que la lutte contre la pollution atmosphérique doit être cohérente et concerner toutes les sources significatives d’émissions, sans exception.
Réduire la vitesse des voitures lors d’un pic d’ozone est utile. Mais si, dans le même temps, les plus gros émetteurs continuent à traverser quotidiennement notre rade sans évolution majeure de leurs technologies, l’efficacité globale des politiques publiques restera limitée.
La Méditerranée est un patrimoine naturel exceptionnel. La rade de Toulon est un territoire où vivent, travaillent et respirent des centaines de milliers de personnes. Il est temps d’engager une véritable transition écologique du transport maritime afin que la desserte de la Corse demeure une réussite économique et humaine, tout en devenant enfin un modèle d’exemplarité environnementale.
L’APE continuera de défendre cette vision : non pas moins de ferries, mais des ferries propres, modernes et respectueux de la santé publique comme de l’environnement.
Alors, si vous partagez nos valeurs et notre volonté de protéger durablement les habitants de notre région,
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