Alors que l’érosion côtière progresse partout dans le monde et menace une part considérable des plages telles que nous les connaissons, certains rivages bénéficient encore d’une protection aussi discrète qu’efficace. C’est le cas de la plage de Sainte-Asile à Saint-Mandrier, où la nature offre un bouclier écologique, gratuit et remarquablement performant.
Cette protection porte un nom : Posidonia oceanica. Endémique de la Méditerranée, cette plante sous-marine, et non une algue, forme de vastes herbiers jouant un rôle essentiel dans l’équilibre du littoral. Véritables ingénieures des écosystèmes marins, les posidonies produisent de l’oxygène, abritent une biodiversité exceptionnelle, stabilisent les fonds et atténuent l’énergie des vagues.
Chaque année dès l’automne les banquettes de Posidonie forme une barrière biologique qui protège la plage de Sainte-Asile de l’érosion.
Sur le rivage, leur action se prolonge grâce aux fameuses banquettes de posidonie. Issues de l’échouage naturel des feuilles mortes, ces accumulations végétales constituent une défense côtière de premier ordre. Elles amortissent la houle, limitent l’érosion, favorisent l’engraissement des plages et participent à la stabilisation des sédiments. Elles contribuent également à la dynamique écologique du haut de plage en soutenant la végétalisation et de nombreux organismes vivants.
Les banquettes de Posidonie de la plage de Sainte-Asile sont le dernier rempart contre les assauts des vagues qui atteignent le mur du restaurant Spectacle garanti !
Les images et vidéos captées hier par l’APE à Sainte-Asile illustrent parfaitement ce phénomène : lors des épisodes de forte houle, les vagues perdent leur énergie au contact des banquettes. Ce rempart naturel protège concrètement le trait de côte et les aménagements en arrière-plage comme le restaurant. Le spectacle est saisissant, mais surtout riche d’enseignements.
À défaut d’être reconnues comme un atout majeur pour la résilience du littoral, les banquettes de posidonie sont parfois perçues comme une gêne esthétique ou une « saleté » à nettoyer, éliminer. Certaines collectivités, dont la notre, continuent ainsi de privilégier des pratiques de retrait mécanique coûteuses, écologiquement discutables et, surtout, contre-productives face aux enjeux d’érosion.
La situation locale n’échappe pas à ce débat. À Sainte-Asile, seule plage de la commune à en accueillir régulièrement, l’APE alerte depuis des années : les banquettes ne sont pas un déchet, mais un atout majeur pour la résilience du littoral. Les enlever systématiquement affaiblit la défense naturelle de la plage.
L’APE alerte inlassablement sur la nécessité d’adopter des modes de gestion plus durables et conformes aux connaissances scientifiques. Les banquettes ne sont pas un déchet : elles sont un élément fonctionnel de la plage. Les retirer systématiquement revient à affaiblir la capacité naturelle du littoral à se défendre.
Des alternatives existent pourtant : gestion saisonnière, maintien en place, déplacement raisonné, information du public. Ces approches permettent de concilier usages touristiques, préservation des écosystèmes et protection du trait de côte.
Protéger les banquettes, c’est protéger nos plages
Les banquettes de Posidonie sont un patrimoine naturel, un service écosystémique gratuit, et un rempart essentiel contre l’érosion.
À Sainte-Asile comme ailleurs, la mer nous rappelle une réalité simple : la meilleure défense contre l’érosion est souvent déjà là, façonnée patiemment par la nature. Encore faut-il choisir de la comprendre… et de la respecter.
Enlever les banquettes, c’est affaiblir la plage. Les préserver, c’est préparer l’avenir.
L’APE continuera à informer, documenter et défendre ces protections naturelles qui font la richesse du littoral de notre presqu’ile.
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