C’est un rendez-vous que la nature nous donne chaque année, et 2026 ne fait pas exception. Depuis hier, les rivages de notre presqu’île se parent d’une ligne de teinte violette : les vélelles (Velella velella) sont arrivées en nombre.
Un voilier miniature poussé par le vent
Ne vous y trompez pas : malgré les apparences, la vélelle n'est pas une méduse au sens strict, même si elle appartient à la famille des cnidaires. C'est un organisme colonial.
Groupes de Vélelles échoués sur la plage de la Coudoulière entre les galets et parfois en mélange avec des feuilles mortes de Posidonie (Photographie du 1er mars 2026 à 16h00) comme en 2018, 2024 et 2025 à la même époque.
Chaque individu possède une petite membrane rigide et transparente en forme de triangle dressé sur un disque cartilagineux : une véritable voile naturelle. Vivant à la surface de l’eau, ces "petits voiliers" ne choisissent pas leur destination. Ce sont les vents du large, et particulièrement le vent d’Est ces derniers jours, qui les poussent inévitablement vers nos plages.
Faut-il s’en inquiéter ?
Absolument pas ! Contrairement à leurs cousines les méduses (comme la Pelagia noctiluca qui pique les baigneurs imprudents), les vélelles sont inoffensives pour l’humain. Leurs cellules urticantes sont trop faibles pour traverser notre peau.
Cependant, comme pour tout organisme marin échoué, nous vous recommandons :
- De ne pas vous toucher les yeux ou la bouche après une manipulation (par simple précaution d'hygiène).
- De respecter ce cycle naturel : ces échouages massifs, bien qu'impressionnants et parfois odorants en séchant, font partie intégrante de l'écosystème marin et nourrissent de nombreux micro-organismes.
Une sentinelle de la biodiversité
Observer ces milliers de taches bleues et violettes à la limite des vagues sur le rivage est une chance de contempler la vie du grand large de près. C’est un rappel de la connexion intime entre notre littoral et la haute mer.
Le saviez-vous ? La couleur bleu intense de la vélelle lui sert de protection contre les rayons UV du soleil et de camouflage face aux prédateurs aériens.
Les images capturées aujourd'hui sont impressionnantes : des déferlantes massives viennent frapper la grande digue de la rade, nos plages et enrochements et redessiner le littoral. Mais d’où vient cette fureur et quel est ce phénomène qui nous secoue ?
Sous l’effet du Mistral, les eaux de la petite rade débordent dans la grande rade, avec à la clef leur remplacement par des eaux plus propres du large !
Pourquoi « Nils » ?
La tempête que nous traversons actuellement est la 14ème de la saison 2025-2026. Elle a été baptisée Nils par le groupe de coordination européen Eumetnet (regroupant Météo-France et ses partenaires espagnols et portugais). Donner un nom à un tel événement n'est pas qu'une tradition : cela permet de mieux communiquer sur les risques et de sensibiliser la population à la dangerosité des vents violents et de la subversion marine. Nils restera dans nos mémoires par la puissance de ses rafales et la hauteur de sa houle.
Nils est née d’une profonde dépression atlantique, alimentée par un contraste marqué entre l’air doux venu du sud et une masse d’air polaire descendue vers l’Europe. Les vents violents, parfois dépassant les 100 km/h, soulèvent des vagues impressionnantes, venues s’écraser sur la grande digue de Toulon et les rivages de notre littoral.
Des vagues en furie, un spectacle à la fois fascinant et inquiétant Les photos des vagues déferlant sur la côte de la presqu’île illustrent la puissance de Nils : des murs d’eau blanche, des embruns projetés à plusieurs mètres de hauteur, et des rochers submergés par la houle. Ces images rappellent la fragilité des littoraux face aux colères de la mer, mais aussi la beauté sauvage de ces instants où la nature reprend ses droits.
Les plages de Cavalas, de la Coudoulière, Sainte-Asile et des Sablettes offraient un spectacle qui a attiré de nombreux promeneurs.
Si le spectacle est fascinant, il nous rappelle la vulnérabilité de notre littoral. Le passage de Nils souligne l'importance de préserver nos barrières naturelles et de limiter l’artificialisation des sols en bord de mer. Chaque vague qui frappe la roche, submerge les plages artificielles de sable nous rappelle que la nature reste la seule maîtresse de la presqu'île et qu’il faudra s’adapter…
Note de sécurité : On rappelle à tous de rester à distance de sécurité du rivage. Une "vague scélérate" peut survenir à tout moment, même après le pic de la tempête.
Ce matin à Mar Vivo, l’ambiance n’était pas seulement aux cœurs et aux fleurs.
Dès l’aube et sous la pluie, un goéland matinal jouait les sentinelles, observant d’un œil expert les vagues générées par une puissante houle de Sud / Sud-Ouest levée durant la nuit.
Pour les passionnés de glisse, les conditions avaient tout d’une invitation : de belles vagues, de l’énergie, un décor tumultueux. Mais à l’approche du rivage, la poésie marine laissait place à une réalité plus rugueuse. Les vagues sont venues frapper et lécher avec insistance les murs de soutènement jusqu’à la plage des Sablettes, rappelant la force intacte des éléments.
Et notre cher petit bistroquet « L’Effet Mer » ouvert à la belle saison a dû encaisser quelques assauts particulièrement enthousiastes… Espérons que son « écoutille » a tenu bon ! Son nom résonne d’ailleurs comme une métaphore : en bord de mer, rien n’est jamais totalement immuable. À l’échelle des temps, l’occupation du littoral demeure, elle aussi, profondément éphémère.
Entre beauté, puissance et rappel des équilibres naturels, cette Saint-Valentin agitée nous offre une leçon simple : admirer la mer, oui — mais ne jamais sous-estimer sa mémoire et sa force.
Joyeuse Saint-Valentin à tous les amoureux… des vagues, de la mer, ou simplement de la vie
La loi Duplomb est une réforme agricole française portée par les sénateurs Laurent Duplomb (Les Républicains) et Franck Menonville (UDI), présentée comme une réponse à la crise agricole de l’hiver 2024. Son objectif déclaré est de « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » en simplifiant certaines règles et en adaptant des normes jugées trop contraignantes pour les agriculteurs. Certes.
La loi contient donc plusieurs dispositions annoncées comme destinées à alléger les contraintes réglementaires pesant sur l’agriculture. Parmi elles, la plus controversée est la réintroduction, à titre dérogatoire et sous conditions, de pesticides de la famille des néonicotinoïdes, notamment l’acétamipride, qui avait été interdit en France en raison de ses effets toxiques sur la santé et la biodiversité.
Ou en est-on ? Petite revue chronologique pour vous aider à y voir plus clair
- La proposition de loi dite « loi Duplomb 1 » (n° 108 rectifié (2024-2025)) a été déposée au Sénat le 1er novembre 2024 par Laurent Duplomb (LR) et Franck Menonville (UDI) et plusieurs de leurs collègues. Elle été adoptée en première lecture au Sénat le 27 janvier 2025.,
- Après plusieurs rebondissements législatifs, le texte a été validé par le Sénat en première lecture le 2 juillet 2025, avec 232 voix pour et 102 contre, marquant un soutien significatif de la chambre haute.
- Un compromis a été trouvé en commission mixte paritaire (CMP) fin juin 2025 entre députés et sénateurs sur la version finale du texte.
- Cette version a ensuite été adoptée définitivement par le Parlement. Lors du vote final à l’Assemblée nationale le 8 juillet 2025, elle a été approuvée par 316 voix contre 223 et promulguée le 11 août 2025 sous le n° 2025-794.
- Après l’adoption du texte, le Conseil constitutionnel en date du 7 août 2025 a partiellement censuré l’article 2 de la loi, celui qui aurait réautorisé l’usage de ces substances interdites, au motif qu’il ne garantissait pas suffisamment le droit à vivre dans un environnement sain, principe fondamental protégé par la Charte de l’environnement.
- En réponse à cette censure, fin janvier de cette année, le même Laurent Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi (Duplomb 2) visant à réautoriser deux insecticides, l’acétamipride et le flupyradifurone. Ce nouveau texte, dans la continuité de la loi Duplomb 1, cherche à tenir compte des remarques du Conseil tout en réintroduisant ces substances au bénéfice de certaines filières agricoles.
- Le 29 janvier 2026, le Sénat s’est prononcé sur cette nouvelle proposition de loi par scrutin public n°178 en séance du et l’a approuvée.
- Hier, 11 février 2026, le débat parlementaire sur la loi Duplomb 1 à l’Assemblée nationale, organisé après la pétition record de plus de deux millions de signatures, est resté sans vote. Des discussions sans intérêt puisque comme l’a rappelé la présidente Yaël Braun-Pivet en ouverture que ce débat ne pouvait « en aucun cas revenir sur la loi votée ».
- Aujourd’hui, un nouveau débat a lieu au parlement pour protéger les aires de captage d'eau des pesticides…
Position du Conseil national de l’ordre des médecins
Le Conseil a pris une position publique et inhabituelle contre la loi Duplomb 1, affirmant que « le doute n’est pas raisonnable lorsqu’il s’agit de substances susceptibles d’exposer la population à des risques majeurs ». Dans un communiqué publié fin juillet 2025, l’Ordre des médecins souligne que les alertes scientifiques sur les risques pour la santé (troubles neuro-développementaux, cancers pédiatriques, maladies chroniques) ne peuvent être ignorées.
Il déplore l’écart entre les connaissances scientifiques disponibles et les décisions réglementaires, et appelle à l’application effective du principe de précaution.
Le Conseil affirme que, sur le plan médical, le doute n’est pas raisonnable lorsqu’il s’agit de substances susceptibles d’exposer la population à des risques majeurs.
Mobilisation citoyenne
La loi Duplomb a suscité une forte mobilisation citoyenne, notamment à travers une pétition en ligne demandant son abrogation. Cette première pétition toujours disponible sur le site de l’Assemblée nationale a recueilli plus de 2 millions de signatures, bien au-delà du seuil de 500 000 requis pour que le Parlement organise un débat en séance publique.
Nouvelle pétition déposée le 2 février 2026 sur le site de l’Assemblée nationale : Intitulée « Non, c’est non, Monsieur Duplomb ! », elle s’oppose à la nouvelle proposition de loi et, à ce jour, a déjà dépassé les 175 000 signatures. Les signataires demandent aux députés de rejeter fermement le texte, pour la santé, les abeilles et le droit à un environnement sain.
Alors si vous aussi vous ne consentez pas à ce que notre santé soit mise en balance avec des intérêts productivistes à court terme, si vous ne consentez pas à l'empoisonnement silencieux de nos sols et de notre eau, si vous considérez que réintroduire une substance bannie, c’est forcer les Français à accepter un risque environnemental et sanitaire qu’ils ont déjà explicitement rejeté massivement, que vous considérez que quand vous dites "non" aux pesticides, "non" signifie "non", signez la pétition :
Chaque année, sa floraison est bien plus qu'un simple signe du printemps : c'est le symbole vivant de notre détermination.
La floraison de l’amandier de Fliche n’est pas seulement un spectacle : elle est une promesse, la trace vivante d’un engagement constant pour le respect du vivant et la préservation de notre cadre de vie.
Cet amandier, que vous voyez aujourd'hui paré de ses plus beaux pétales, revient de loin. Il trône fièrement sur ce terrain de la propriété Fliche que l'urbanisation aurait dû engloutir sans l'action acharnée de votre association.
Un rappel nécessaire : Le maire actuel avait délivré des permis de construire qui auraient condamné ce site et ses arbres. Grâce aux recours juridiques portés par l’APE, ces permis ont été annulés par les tribunaux.
Le voir fleurir aujourd'hui est notre plus belle récompense. C'est la preuve que se battre pour préserver l'identité de Saint-Mandrier et son patrimoine naturel porte ses fruits (et ses fleurs !).
Merci à tous nos membres et soutiens de rendre ces victoires possibles.
Alors, si vous partagez nos valeurs et notre volonté de protéger durablement la presqu’île jusque devant les tribunaux,
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Entre désinformation électorale et réalité du terrain, faisons le point sur l’artificialisation de la presqu’île de Saint-Mandrier.
D’après Michel Marin, responsable communal de l’urbanisme, « il serait faux de parler de bétonnage intensif de la presqu’île, car les surfaces agricoles et naturelles ne sont pas menacées » (Le Mandréen, mars 2023). Une affirmation qui, hélas, ne résiste pas à l’épreuve des faits.
Comparaison édifiante sur la dernière mandature : Les photos aériennes de 2020 et de 2025 montrent clairement l’urbanisation croissante de certaines zones, en particulier à l’entrée du village. Pourtant, en cette période électorale, la liste sortante n’hésite pas à répéter ce mensonge à qui veut l’entendre, sur les sites internet comme dans les tracts glissés dans vos boîtes aux lettres.
Un exercice de désinformation bien rodé : On vous explique même que le maire aurait retiré les permis de construire qu’il avait initialement lui-même signés sur des zones qu’il avait lui-même classées en urbanisables dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU) voté à l’unanimité en 2017 par sa propre liste.
Prenons l’exemple des parcelles des serres Garonne, déclassées d’un zonage agricole en réserve foncière 2AU (Urbanisable) dans le PLU-2017.
Ainsi, par exemple, ils n’hésitent pas à écrire sur la carte de leur tract que les serres Garrone seraient « En zone non classée constructible » (sic). Mais alors, pourquoi ce zonage en 2 AU ? Pourquoi la zone 2AU où sont ces serres apparait-elle à l’Article DG 2 du règlement du PLU dans la section 1/ les zones urbaines et à urbaniser, sous la dénomination « - la zone d'urbanisation future 2AU de long terme de Vert Bois ». Si ce n’est pas pour la bétonner, à quoi sert de créer un « secteurs d'urbanisation future » si ce n’est pour urbaniser ?
Et lorsqu’elle le sera, si ce n’est pas la faute de l’APE (ou de son président), alors ce sera la faute à Duflot, bien sûr, au préfet, à l’Etat ! Cette stratégie interroge : jusqu’à quel point pense‑t‑on que les habitants accepteront ces explications ? …
La réalité en images qui parlent mieux que 1000 mots : Les clichés que M. Vincent n’aime pas évidemment, parlent d’eux-mêmes. Entre 2020 et 2026, les espaces naturels et agricoles ont bel et bien reculé face à l’urbanisation. Le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) semble bien loin des préoccupations de nos édiles.
Conclusion :
À quelques semaines des élections municipales, la désinformation bat son plein. Mais les faits sont têtus : l’artificialisation avance, et les promesses de transparence s’effritent.
À ce stade, il ne s’agit plus d’erreur, ni de maladresse : c’est une stratégie.
Une stratégie connue sur notre presqu’ile qui consiste à bétonner d’abord, à nier ensuite, puis à réécrire l’histoire à l’approche des élections.
Les documents d’urbanisme ont été votés. Les permis ont été signés. Les sols ont été artificialisés.
Et aujourd’hui, ceux qui ont organisé cette transformation de la presqu’île tentent de se présenter en remparts contre ce qu’ils ont eux-mêmes provoqué.
Cette opération de confusion permanente vise une chose : éviter le débat démocratique sur les choix d’aménagement, leurs conséquences environnementales, sanitaires et financières, et la responsabilité politique de ceux qui les ont portés.
À l’APE, nous refusons cette amnésie organisée.
Nous continuerons à rappeler que l’artificialisation n’est pas un slogan, mais un choix politique de la liste en place.
À vous de juger qui ment, qui manipule et d’en tirer les conséquences pour votre qualité de vie à venir sur la presqu’île.
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Les périodes électorales sont propices aux excès, aux propos caricaturaux et aux affirmations péremptoires. À Saint-Mandrier, notre émule local de Trump, autoproclamé « spécialiste des coups tordus », ne déroge pas à la règle : tracts titrés « ils vous mentent », attaques ad hominem, certitudes assénées sur tous les sujets, y compris bien au-delà de ses compétences.
Ce comportement porte un nom : l’ultracrépidarianisme, l’art de donner des leçons sur des domaines que l’on ne maîtrise pas, en ignorant les travaux scientifiques et les alertes documentées depuis des années.
Quand M. Vincent attaque… en oubliant ses propres déclarations
Dans un message sur les réseaux sociaux intitulé « Fotomaniac » (sic), M. Vincent s’en prend à « une association de protection de l’environnement connue dans le monde entier mais qu’à Saint-Mandrier », ainsi qu’aux scientifiques, en ironisant sur notre dernier article montrant des « fotos » et vidéos où la mer déborde sur la place des Résistants, les quais, de routes submergées interdites à la circulation (pour lui ce sont des flaques).
Il prétend dans son post que nous le mettrions en cause, ce qui est faux comme vous pouvez le vérifier facilement. Délire de persécution ? Curieusement, il suggère que ceux qui documentent ces épisodes « ne croiraient pas à la montée des eaux », affirme que « tous les ports débordent » lors des pluies, que si le réseau pluvial se déverse dans le port c’est « la faute à la loi Duflot », et en même temps, il se présente en rempart contre une supposée dramatisation des risques climatiques. On vous laisse chercher la logique du raisonnement.
Problème : les faits, eux, sont têtus.
Et si finalement c’était vrai… Petits rappels utiles (documents à l’appui)
Lors du conseil métropolitain TPM du 16 novembre 2023, le même maire déclarait qu’« il est urgent d’attendre pour vérifier que la mer montera en 2100 » (sic), propos pour le moins climatosceptiques qui avaient fait réagir l’opposition ((procès-verbal, page 18).
Depuis, les submersions répétées à Toulon, la Seyne, Saint-Mandrier et ailleurs n’ont pas vraiment confirmé, c’est le moins qu’on puisse dire, la perspicacité de cette stratégie de l’« attente ».
Une commune absente des dispositifs de prévention du recul du trait de côte
En application de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, une liste de communes littorales devant adapter leur urbanisme à l’érosion côtière a été établie en 2022 puis actualisée en 2024 (317 communes). Saint-Mandrier n’y figure toujours pas.
Ce choix n’est pas neutre :
- la commune se prive de subventions pour bénéficier des appuis techniques (Cerema, BRGM) pour étudier finement l’érosion et la submersion ;
- aucune anticipation sérieuse, alors même que 317 communes bénéficient aujourd’hui de ces dispositifs,
- il envoie le signal que le risque serait négligeable, alors même que certaines zones sont clairement identifiées comme submersibles dans les documents transmis par le préfet.
Les porters à connaissance préfectoraux adressés au maire indiquent, en bleu, les zones de submersion de leur commune. Des secteurs urbanisées/urbanisables y apparaissant dans le PLU-2017 de Saint-Mandrier.
Fort de cette position, dans le même temps, il a délivré des permis de construire dans une zone littorale exposée à ce risque, notamment à Pin-Rolland, en contradiction avec les alertes sur la submersion, l’imperméabilisation et l’augmentation des ruissellements.
Ce que l’APE a réellement défendu à Pin-Rolland
Contrairement aux insinuations du maire, l’APE ne découvre ni la montée des eaux, ni les risques de submersion. Elle les documente depuis des années et les a fait même valoir devant les juridictions administratives. Ce qu’il oublie bien opportunément, alors rappelons-le.
Lors du recours contre le PLU 2017 puis contre le permis de construire qu’il a signé le 30 avril 2019 à Pin-Rolland, l’APE a mis noir sur blanc :
- Les risques de submersion et d’inondation
- Les remblaiements et imperméabilisation aggravent le risque de submersion marine, en contradiction avec le SDAGE.
- La zone est déjà inondable ; densifier accroît l’exposition des habitations et infrastructures.
- Le fossé d’évacuation pluviale est sous-dimensionné, avec des débordements possibles sur la D18 et des risques pour la sécurité des usagers.
- Les accès du lotissement sont précisément situés dans la zone la plus exposée.
- Les risques pour la qualité des eaux
- Rejets pluviaux à proximité immédiate de la baie du Lazaret, avec mytiliculture à moins de 1 km, et dans les eaux de baignade de la plage Sainte-Asile.
- Pollutions bactériologiques déjà récurrentes, risquant d’être aggravées par le projet, avec impacts sur la santé publique et l’économie conchylicole.
- Les atteintes à la biodiversité et aux milieux
- Présence ou proximité d’espèces et de milieux protégés (Vitex agnus-castus, herbiers de Posidonia oceanica, etc.) ignorées ou minimisées.
- Destruction d’habitats, de continuités écologiques et de zones naturelles sensibles (ZNIEFF marine, herbiers).
- Absence d’inventaires sérieux, de mesures d’évitement, de réduction ou de compensation.
Voir ici la requête introductive du recours. Ces arguments ne relèvent ni de l’idéologie ni de la posture, mais d’une lecture attentive des textes (Code de l’environnement, loi sur l’eau, documents de bassin) et des diagnostics existants.
Ce que documente l’APE depuis des années sur la montée des eaux
Pour ceux qui douteraient encore de l’engagement de l’APE sur ces sujets, il suffit de se reporter aux publications déjà en ligne :
- Notre article sur les Conséquences du réchauffement climatique à Saint-Mandrier : fragmentation en 3 îles dès 2018 ;
- la Carte du risque de submersion pour la presqu’île de Saint-Mandrier publiée en 2019 ;
- les articles « Submersion marine, et oui il est urgent d’agir !», « La mer monte et vive le village lacustre de Saint-Mandrier ! », ou encore le compte-rendu du procès-bâillon intenté (et perdu) par la société LA PRESQU’ÎLE contre l’APE et son président ;
- la synthèse de la conférence « LA MER MONTE – Évolution prévisible du trait de côte local », où sont expliquées les bases scientifiques : élévation du niveau marin, marégraphe, rôle de la houle, des tempêtes et de l’érosion des plages.
Autant de documents publics accessibles, sourcés, qui contredisent point par point l’idée que l’APE « ne croirait pas » à la montée du niveau de la mer ou qu’elle découvrirait le sujet à l’occasion d’un épisode de submersion photographié. Affirmation coquasse de M. Vincent qui prétend qu’il n’y a pas de marée en Méditerranée et trouvera donc toute les explications scientifiques et techniques sur le sujet...
Ultracrépidarianisme et diversion
Lorsqu’un responsable politique :
- minimise la montée des eaux en conseil métropolitain ;
- refuse d’inscrire sa commune dans les dispositifs nationaux d’adaptation du littoral ;
- délivre des permis dans des zones submersibles clairement identifiées ;
- puis accuse ceux qui documentent ces risques de mensonge ou d’exagération,
on n’est plus dans le débat contradictoire, mais bien dans l’ultracrépidarianisme et la diversion.
Plutôt que d’attaquer les associations et les scientifiques, il serait plus utile de :
- reconnaître la réalité des risques climatiques sur notre littoral ;
- corriger les erreurs de planification passées ;
- élaborer, avec les habitants et les experts, une véritable stratégie d’adaptation de Saint-Mandrier à la montée des eaux, à l’érosion et aux submersions.
Conclusion
Lorsque M. Vincent parle d’une « association de protection de l’environnement connue dans le monde entier mais seulement à Saint-Mandrier », il est permis de s’interroger.
Parle-t-il réellement de l’APE, ou tente-t-il surtout de détourner l’attention de ses propres déclarations passées et de son absence d’anticipation face à un risque désormais visible de tous ?
À l’APE, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis plus de 40 ans : alerter, documenter, agir, sans céder aux intimidations ni aux infox.
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Créateur (selon le Petit Robert) : Personne qui crée, qui invente ou qui conçoit quelque chose.
M. Vincent répète à longueur de bulletins municipaux, d’interviews et de tracts qu’il serait « le créateur du contrat de baie de la rade de Toulon ». Dans le même temps, il ne se prive pas de caricaturer les défenseurs de l’environnement en « écolo‑bobos » et autres qualificatifs peu flatteurs.
Cette affirmation est doublement fausse : d’une part, le contrat de baie est un outil national né d’une politique de l’État antérieure à son mandat ; d’autre part, s’il préside aujourd’hui le Comité de baie de la rade de Toulon, c’est parce qu’il a été désigné en tant qu’élu local, dans le cadre d’une circulaire… signée par une ministre que lui-même qualifierait sans doute « d’écolo‑bobo » : Mme Ségolène Royal.
Enfin, si le Contrat de baie de la Rade de Toulon a vu le jour, c’est en grande partie grâce à la mobilisation des associations locales…
Un contexte de pollutions anciennes dans la rade de Toulon
Depuis des décennies, la rade de Toulon subit des contaminations d’origine anthropique : apports urbains, industriels et pluviaux du bassin versant, dysfonctionnements ou déficiences des équipements d’assainissement. Ces pollutions limitent ou menacent plusieurs usages : conchyliculture, baignade, loisirs nautiques, pêche, etc.
Face à ce constat de situations chroniques, de nombreux acteurs économiques et associations, dont l’APE, créée en 1983, sont mobilisées pour améliorer la qualité des eaux de la rade et de son bassin versant.
En réalité, le contrat de baie s’inscrit dans une dynamique européenne, nationale et locale, et non dans l’initiative d’un élu isolé.
1991 : un outil national, décidé par l’État
Le 13 mai 1991, le ministre de l’Ecologie, Brice Lalonde, publie la circulaire n° 91‑73 relative à l’amélioration de la qualité des eaux littorales et à la participation de l’État aux contrats de baie. Ce texte, adressé aux préfets, identifie déjà la rade de Toulon comme un secteur problématique au regard de la directive européenne sur les eaux conchylicoles et qui nécessite des actions correctives.
La circulaire rappelle les pouvoirs des préfets pour encadrer les rejets en zone littoral, faire appliquer les lois sur l’eau, la protection du littoral et de la nature, imposer des schémas d’assainissement et conditionner les autorisations de rejet à une vision globale de la qualité des eaux côtières.
Les contrats de baie sont donc d’abord un outil de planification et de coordination piloté par l’État, puis décliné localement.
A Toulon, une relance locale portée par des associations et des acteurs économiques
Au milieu des années 1990, les premières tentatives préfectorales pour lancer un contrat de baie de la rade de Toulon auprès des élus n’aboutissent pas, notamment à cause d’un contexte politique local très fragmenté (quatorze communes à mettre d’accord, Toulon est géré pat les élus du Front national, La Seyne par ceux du PCF, etc.).
A la suite de cet échec, s’appuyant sur la directive européenne de 1991 sur les eaux usées urbaines, la circulaire Lalonde de 1991 et la circulaire n° 93‑36 du 22 mars 1993 signée par Ségolène Royal, une équipe de particuliers passionnés par cette rade et emmenée par Pierre Montagnon, François Morin, Paul Pignon, Jean Guinamant et Jean Ecochard décident de relancer la procédure. Deux objectifs sont fixés et atteints en 1997 :
- rassembler les associations prêtes à soutenir solidairement la mise en place d’un contrat de baie ;
- élaborer un projet de relance crédible du contrat de baie, à l’adresse des élus et des administrations.
Sous l’impulsion de François Morin, le 5 mars 1997, une soixantaine d’associations locales signent la charte d’adhésion au Mouvement d’Actions pour la Rade de Toulon (Fédération MART), dont l’APE qui a milité pour sa création. En parallèle, un dossier de relance du contrat de baie est préparé par Pierre Montagnon et Jean Ecochard qui organise le 9 septembre 1997 une journée de présentation du projet de contrat aux élus des communes du bassin versant et à la Chambre de commerce et d’industrie du Var. En décembre 1997, les élus confirment leur volonté de porter le contrat de baie.
1999 : création du Comité de baie et nomination d’un président…parmi les élus
Conformément aux textes nationaux, la procédure de contrat de baie commence par l’élaboration d’un dossier préalable : diagnostic du site, objectifs, opérations envisagées, études complémentaires, structures porteuses possibles et projet de composition du comité de baie.
L’arrêté préfectoral du 11 juin 1999 crée officiellement le Comité de baie de Toulon. Sa composition, encadrée par la circulaire de 1993, doit garantir un équilibre entre élus, services de l’État, usagers et associations de protection de l’environnement. Cette même circulaire précise explicitement que le « Comité de baie est présidé par un élu ».
C’est à ce titre, en tant qu’élu représentant la structure porteuse du contrat (le SIAT, puis la métropole), que M. Vincent a été désigné par ses pairs comme le premier président du Comité de baie. Il n’est donc pas le « créateur » du contrat, mais nommé dans le cadre d’un dispositif national, grâce à une architecture juridique élaborée par l’État et des textes signés notamment par Brice Lalonde et Ségolène Royal.
2002 : signature du Contrat de baie de Toulon, fruit d’un long travail collectif
Le SIAT, conduit alors les études complémentaires (qualité des sédiments, diagnostic bactériologique, biocénoses marines…) et prépare alors le dossier définitif : hiérarchisation des actions, identification des maîtres d’ouvrage, plans de financement. Ce dossier est présenté au Comité national d’agrément le 22 mars 2002 et obtient l’agrément du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’environnement.
Le 6 septembre 2002, le contrat de baie est signé par une trentaine de partenaires à bord d’un bateau au milieu de la rade. Ce moment symbolique localement marque l’aboutissement de plusieurs années de travail associatif, scientifique, administratif et politique partagé, et non l’œuvre d’un seul homme.
Le Contrat de baie en cours élargi aux îles d’or pour la période 2023-2027élargi aux îles d’or pour la période 2023-2027 s’inscrit dans la continuité des objectifs visés par les Contrats de baie précédents, ceux de la Rade de Toulon depuis 2002 et des Iles d’or (2016-2021) qui ont été animés par la Métropole Toulon Provence Méditerranée.
Conclusion
Le contrat de baie de la rade de Toulon est le résultat d’un long processus collectif associant l’État, les collectivités, les scientifiques, les usagers et les associations. Le présenter comme la création personnelle d’un seul élu relève de la réécriture de l’histoire.
Rappeler la réalité n’est pas une querelle de personnes : c’est reconnaître le travail de celles et ceux qui, souvent bénévolement, se battent depuis des décennies pour que la rade soit mieux protégée et mieux gérée.
Malheureusement, force est de constater, près de 30 ans après sa création, le Contrat de Baie n’a toujours pas permis de résoudre les contaminations bactériologiques des eaux de la petite rade, comme en témoignent les nombreux articles et alertes publiés sur notre site (voir nos précédents posts sur la persistance des pollutions dans la baie du Lazaret).
Plutôt que de s’attribuer des mérites qu’il ne possède pas, M. Vincent ferait donc mieux de :
- Reconnaître le travail des associations comme MART, FNE, l’APE et bien d’autres, qui se battent avec ténacité depuis des décennies pour l’amélioration de la qualité des eaux.
- Agir encore plus pour résoudre les problèmes de contamination et d’assainissement,
- Cesser de dénigrer les défenseurs de l’environnement, qui ne sont pas des « écolo-bobos », mais des citoyens soucieux de l’avenir de leur territoire.
La vérité mérite d’être connue. Partagez cet article pour informer et mobiliser !

Avant-hier, en fin de matinée, la D18 au niveau des stades et de la déchèterie était de nouveau maintenue en sens unique en raison des inondations de la chaussée. Une situation devenue malheureusement habituelle à chaque épisode de pluie importante, et ce depuis des années.
Ce samedi, même en fin de matinée, la situation, visible par tous, parlait une fois encore d’elle-même. Les piétons ne pouvaient circuler sans danger : un trottoir était entièrement sous l’eau, l’autre leur était interdit, tandis que les véhicules se déportaient dangereusement au ras du ruisseau.
Les déchets de toutes sortes, plastiques, polystyrène, déjections canines, etc., présents en bord de route étaient entraînés vers le collecteur, avant d’être déversés dans la baie du Lazaret, précisément à proximité des tables de mytiliculture.
Côté stade, l’eau a complètement envahi la pelouse naturelle, celle en herbe, et non le terrain synthétique rénové en urgence (sic) pour plus de 1,1 million d’euros hors taxes. Des jeunes tentaient d’évacuer l’eau avec énergie, munis des seuls moyens dont ils disposaient. Cette jeunesse, animée d’une fougue et d’une détermination admirables, mérite mieux que des équipements régulièrement inondés et dégradés.
Là encore, l’inondation du stade n’a rien de nouveau : il est situé en zone de submersion marine, un fait connu de longue date par les portés à connaissance préfectoraux adressé au maire. Mais, ici aussi, sa règle semble être qu’il est urgent d’attendre.
Il y a maintenant dix ans, dans les mémoires déposés par l’APE lors des recours devant le tribunal administratif de Toulon, visant l’annulation du PLU 2017, puis celle des permis de construire signés par le maire dans cette zone, nous alertions déjà sur ces risques.
Nous expliquions alors que le réseau d’assainissement, vétuste, ne pouvait en aucun cas absorber l’excédent d’eaux usées généré par les augmentations de population prévues par les autorisations du maire. Nous démontrions également que le réseau pluvial était déjà sous-dimensionné, en nous appuyant sur de nombreuses photographies d’inondations prises au fil des années sur cet axe routier.
Nous préconisions clairement une mise à niveau préalable des réseaux d’assainissement et pluviaux, avant toute nouvelle construction.
Par ailleurs, cette zone aurait dû être classée en zone humide dans le PLU 2017. Des espèces animales ainsi que des plantes caractéristiques des milieux humides y étaient observés autour des mares existantes. Mais reconnaître cette réalité aurait rendu le secteur inconstructible.
Nous avions également refait les calculs de surfaces drainées et estimé les volumes d’eaux pluviales rejetés vers le petit ru bordant l’un des côtés de la D18, dont le fond est quasiment au niveau de la mer. Cette zone est précisément identifiée par les services de la préfecture comme future zone exposée à la submersion marine liée à la montée des eaux.
Les photographies aériennes de la zone de la déchèterie à Pin-Rolland, prises en 2020 puis aujourd’hui, montrent clairement la densification des constructions autorisées par le maire, et l’imperméabilisation massive des sols qui en résulte.
Les volumes d’eau ruisselant désormais depuis les toitures, les routes et les parkings, au lieu de s’infiltrer dans les sols, ne sont pas correctement canalisés, et inondent la route malgré les nouvelles buses enfouies le long de la D18 par le département… aux frais des contribuables.
Nous n’avons évidemment pas été entendus : D’après le maire il était urgent de bétonner.
Malheureusement, une fois de plus, les faits nous donnent raison.
Eh oui, nous savons déjà que M. Vincent expliquera que l’APE est « contre le développement des logements pour les Mandréens». En réalité, nous sommes contre un urbanisme d’un autre temps, fondé sur le bétonnage à outrance, un taux de résidences secondaires dépassant maintenant les 50% du total des logements, au détriment des écosystèmes, du couloir écologique de cette zone, de la sécurité des habitants et de l’argent public.
Notre association vit grâce à l’énergie de ses bénévoles… et grâce à vous.
Si vous partagez nos valeurs et notre volonté de protéger durablement la presqu’île,
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Ensemble, nous pouvons faire bouger les lignes.
La comparaison de photographies aériennes du village de Saint‑Mandrier prises à la fin des années 1970 et aujourd’hui montre clairement la densification des constructions autour du port, ainsi que l’augmentation du nombre de bateaux le long des nouvelles pannes.
Comme nous l’avions déjà indiqué dans les mémoires de l’APE lors des recours devant le tribunal administratif de Toulon demandant l’annulation du PLU 2017, le réseau d’assainissement, vétuste, ne pouvait pas, en l’état, absorber l’excédent d’eaux usées lié aux augmentations de population prévues dans les nouvelles zones constructibles. Nous préconisions une mise à niveau des réseaux d’assainissement et pluviaux avant toute augmentation du nombre de constructions.
Nous n’avons évidemment pas été entendus : il était urgent de bétonner. Malheureusement, une fois de plus, les faits nous donnent raison…
Ce samedi, en fin de matinée, une fois de plus la situation observable par tous parle d’elle‑même.
L’augmentation du nombre de personnes présentes sur la presqu’île et de l’artificialisation des sols entraînent mécaniquement plus d’eaux usées et plus de ruissellement lors des épisodes pluvieux. Les surverses du réseau pluvial vers le réseau sanitaire aggravent encore la situation au niveau du port.
Nous avons déjà souligné les conséquences sanitaires pour les baigneurs dans le port ; mais les habitants, les promeneurs en bord de quai et les plaisanciers sur leurs voiliers ne sont pas, eux non plus, à l’abri des risques sanitaires par ces rejets non contrôlés ni traités.
Et, oui, on sait déjà que M. Vincent expliquera que l’APE serait « contre les promeneurs, les habitants du port et les amateurs de voile ».
En réalité, c’est précisément pour protéger leur santé et la qualité de vie de tous que nous tirons la sonnette d’alarme, et cela fait plus de 40 ans. Il est urgent d’agir, non ?
À voir ce soir sur France 5, Eaux usées : ça déborde de partout
Émission « Sur le front » – Lundi 26 janvier 2026 à 21h05
Ce lundi soir, France 5 consacre un numéro de l’émission Sur le front à un sujet de santé publique et d’environnement majeur, trop souvent minimisé : la saturation des réseaux d’eaux usées en France et ses conséquences directes sur nos territoires, nos rivières, nos plages… et notre santé.
Quand les réseaux débordent, les risques explosent
L’émission met en lumière une réalité désormais bien documentée : des réseaux d’assainissement vieillissants, sous-dimensionnés ou défaillants, qui débordent lors d’épisodes pluvieux pourtant de plus en plus fréquents. Résultat :
- des rejets d’eaux usées au pied des habitations,
- des plages et des zones conchylicoles régulièrement fermées,
- des rivières et des ports contaminés par des bactéries fécales ou des cyanobactéries,
- des risques sanitaires bien réels pour les populations et les sportifs exposés.
Ces constats font directement écho aux travaux, alertes et analyses publiés récemment par FNE/APE, notamment sur la contamination bactériologique des eaux portuaires, les effets du ruissellement après les pluies et l’insuffisance des contrôles préventifs.
Un enjeu local… et national
Si certaines communes ont engagé de lourds travaux de rénovation de leurs réseaux d’assainissement, l’émission montre que ces efforts restent trop rares, souvent tardifs, et parfois freinés par des arbitrages budgétaires ou politiques. Pourtant, la réglementation est claire : la protection de la santé publique et des milieux aquatiques est une obligation, pas une option.
À l’heure du changement climatique, de l’intensification des épisodes pluvieux et de la pression croissante sur les milieux littoraux, ignorer ces signaux d’alerte revient à exposer durablement les habitants, les usagers et les activités locales.
Rendez-vous ce soir, lundi 26 janvier 2026 à 21h05 sur France 5
Sur le front – « Eaux usées : ça déborde de partout »
Un reportage à voir absolument pour toutes celles et ceux qui s’interrogent sur la qualité de l’eau, la santé publique et la responsabilité des collectivités.
À Saint-Mandrier, depuis des années, la stratégie politique de M. Gilles Vincent repose sur sa capacité à imposer un récit qu’il veut « officiel », largement diffusé par les canaux qu’il contrôle comme le bulletin municipal dont il est l’éditeur ou des tracts de campagne, récit relayé par certains articles de la presse locale.
Dans ce récit, il se présente comme un grand défenseur de l’environnement, alors même qu’il s’oppose frontalement à l’action de l’APE, pourtant engagée depuis des années sur ces mêmes enjeux environnementaux, mais privée d’accès à ces médias institutionnels.
Le conflit n’est pas seulement politique : il est informationnel. Il ne porte pas sur les faits eux-mêmes, mais sur la manière dont ils sont racontés, interprétés et diffusés auprès de l’opinion publique. La bataille ne se joue plus uniquement sur le terrain juridique ou institutionnel, mais dans l’espace du récit, qu’il s’agit de faire apparaître comme légitime et incontestable.
Inverser le réel pour imposer une lecture dominante
Depuis plusieurs années, M. Vincent s’approprie, en les inversant, les combats et les victoires obtenus par l’APE.
Les actions en justice menées par l’association pour limiter le bétonnage de la presqu’île et protéger des zones naturelles, à l’Ermitage, Fliche/Bergis, Cavalas, aux Serres Garonne, sont systématiquement réécrites à son bénéfice. Les annulations, par décision de justice, de zones qu’il voulait constructibles ou de permis de construire qu’il avait lui-même accordés sont présentées non comme des rappels du droit, mais comme des entraves idéologiques.
De la même manière, les alertes répétées de l’APE concernant les pollutions bactériologiques et chimiques des eaux de mer et de baignade sont publiquement niées. Elles sont qualifiées de « mensonges » et leurs auteurs disqualifiés par des attaques personnelles : les membres de l’association sont traités « d’écolo-bobos », accusés de mentir systématiquement aux Mandréens et de mener des actions prétendument politiques dans le seul but de nuire au maire.
Ce procédé relève d’un mécanisme bien connu : déplacer le débat des faits vers l’intention, afin d’éviter toute discussion de fond qui lui serait défavorable.
Moraliser, caricaturer, disqualifier
Les luttes de l’APE pour la protection d’espèces protégées, comme les herbiers de posidonie gravement menacés par certaines opérations de réensablement des plages, subissent le même traitement narratif. Elles sont volontairement caricaturées pour affirmer que l’APE serait « contre le nettoyage des plages », transformant un débat écologique et scientifique en affrontement idéologique simpliste.
Cette stratégie permet de moraliser le discours, d’opposer artificiellement les « bons » Mandréens aux « mauvais » Mandréens, et de polariser l’opinion.
Nous sommes ainsi face à une véritable guerre de narratifs à l’échelle locale :
- saturation de l’espace public par un récit unique ;
- usage de mots disqualifiants pour cadrer le débat (« mensonges », « écolo-bobos », « politisation ») ;
- moralisation du discours pour éviter la contradiction ;
- alignement entre communication institutionnelle et relais médiatiques.
Vous l’aurez compris : l’objectif n’est pas d’informer, mais d’imposer une version tronquée ou déformée du réel, tout en délégitimant toute voix critique.
Ainsi, aujourd’hui, selon M. Vincent, la légitimité du récit de notre histoire mandréenne ne reposerait plus sur le droit, les décisions de justice ou les faits établis, mais sur sa seule capacité à imposer sa vision du monde, présentée comme officielle et incontestable. Ceux qui rappellent des faits contrariant ce récit ne pourraient donc, par définition, que « mentir ».
Appel à la vigilance citoyenne
À l’heure où la confiance dans les institutions s’effrite, où l’information circule vite mais de manière fragmentée et souvent caricaturale, lorsqu’une association citoyenne est systématiquement discréditée pour avoir simplement rappelé les faits, le droit et l’état réel de l’environnement une question essentielle se pose à chacune et chacun d’entre nous : quelles histoires sommes-nous prêts à croire sans les vérifier ?
La démocratie locale ne peut se réduire à un récit à sens unique. Elle suppose le pluralisme, le droit à la critique, le respect des faits et des décisions de justice.
Face à une communication de plus en plus verrouillée, la vigilance citoyenne devient un devoir : croiser les sources, questionner les discours, refuser les caricatures et défendre le droit des associations indépendantes à informer et à agir.
Car protéger l’environnement, ce n’est pas contrôler le récit : c’est accepter le débat, les faits, et parfois les vérités qui dérangent.
L’APE Apartisane. Indépendante. Déterminée à faire respecter la loi.
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Merci du fond du cœur pour votre générosité. Ensemble, continuons à faire vivre notre presqu’île !
Nous nous associons à l’émotion générale qui traverse le monde de l’écologie et de la botanique : Francis Hallé, immense défenseur des arbres et des forêts primaires, nous a quittés le 31 décembre 2025 à l’âge de 87 ans. Il laisse derrière lui une œuvre scientifique et écologique immense, ainsi qu’un héritage humaniste profond autour des arbres et des forêts.
Francis Hallé fut bien plus qu’un chercheur : il a consacré toute sa vie à comprendre, explorer et faire aimer les arbres dans toute leur complexité. Professeur de botanique à l’Université de Montpellier et figure reconnue internationalement, il a étudié les forêts tropicales primaires, l’architecture des arbres et la biodiversité des canopées lors d’expéditions à travers l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Asie.
« Les forêts ne sont pas des stocks de bois, mais des mondes vivants », un message que Francis Hallé n’a cessé de transmettre. Dessin de Francis Hallé des espèces d’arbres d’une agroforêt au Sri Lanka .
Dans son approche, Hallé n’a jamais séparé la science de la poésie : par ses dessins, ses conférences et ses ouvrages, il savait transmettre au grand public la beauté et la richesse du vivant. Il fut notamment l’inventeur du “radeau des cimes”, un dispositif innovant permettant d’étudier les forêts depuis leurs hauteurs vertigineuses, au cœur de la canopée où la vie foisonne.
Ses livres, Éloge de la plante, Du bon usage des arbres, Plaidoyer pour l’arbre, ont changé le regard de millions de lecteurs. Il a dénoncé sans relâche le saccage des forêts primaires, l’urbanisation aveugle et la vision utilitariste de la nature. Pour lui, un arbre n’est pas un « stock de bois » : c’est un organisme vieux de plusieurs centaines de millions d’années, bien plus ancien que l’humanité.
Son engagement dépassait la recherche académique : il fut un infatigable défenseur des forêts primaires, souvent décrites comme les poumons de la planète, essentielles à la biodiversité et à la régulation du climat. Hallé appelait sans relâche à regarder les forêts autrement, non comme des ressources à exploiter, mais comme des systèmes vivants à protéger.
Des racines profondes, une canopée tournée vers le ciel : l’arbre, êtres vivants complexes et symbole du lien entre l’humain et le vivant. Il voyait dans chaque arbre, une architecture unique, patiente et silencieuse. « Ils sont souvent abattus, au prétexte qu'ils représentent un danger. Je ne suis pas un intégriste mais il faut tout faire pour qu'un arbre ne soit pas dangereux. Il suffit de lui fourre la paix, à condition d'avoir prévu la place pour ses branches et ses racines » Francis Hallé.
Au-delà de ses travaux scientifiques, il croyait profondément que le rapport de l’humanité aux arbres révélait notre rapport au vivant lui-même. Pour lui, planter un arbre, observer sa croissance, comprendre sa structure, c’est se reconnecter à l’histoire profonde de la Terre et à notre responsabilité pour les générations futures.
À l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire, qu’il a fondée, revient désormais la mission de poursuivre son dernier grand projet : la renaissance d’une forêt primaire en Europe de l’Ouest, sur une superficie de 70 000 hectares, d’une forêt n’ayant donc jamais été exploitée, interdite à toute activité humaine autre que scientifique pendant au moins… sept cents ans. Un rêve à très long terme, pensé bien au-delà d’une vie humaine, mais indispensable pour l’avenir de notre planète.
À Saint-Mandrier, où chaque pin, chaque chêne vert, chaque olivier contribue à notre cadre de vie exceptionnel, ses idées résonnent particulièrement. Défendre nos arbres, nos jardins, nos espaces verts, c’est poursuivre son combat.
Merci, Monsieur Hallé, pour votre passion, votre poésie et votre engagement. Vous avez appris à nombre d’entre nous à lever les yeux vers la canopée… et à ne plus jamais baisser les bras. Reposez en paix au paradis des grands arbres que vous avez tant aimés.
Pour en savoir plus:
- Un naturaliste sur le toit de la forêt, Francis Hallé raconté par Alexis Jenni, une biographie réflexive sur la vie, les découvertes et la pensée de Francis Hallé, qui inclut des réflexions sur l’écologie et les forêts.















