29 janvier 2025 : Communiqué de clarification – APE Saint-Mandrier
À la suite de notre publication concernant la contamination bactériologique du port de Saint-Mandrier, les habituels dénigreurs de l’APE se sont exprimés sans retenue. Aussi, nous souhaitons apporter une clarification claire et sans ambiguïté sur le sens de notre démarche notamment aux pratiquants des joutes provençales.
L’APE ne s’attaque ni aux joutes provençales, ni à aucun sport nautique. Les joutes font partie intégrante de l’histoire, de l’identité et de la culture de Saint-Mandrier. Elles doivent pouvoir continuer à être pratiquées, transmises et vécues avec fierté.
Notre démarche vise un seul objectif : La protection de la santé des personnes, qu’il s’agisse de jouteurs, de baigneurs, de plongeurs, de plaisanciers ou de leurs proches.
Les conditions environnementales ont évolué au fil des années : augmentation du nombre de bateaux dans le port, accroissement de la population, rejets liés aux eaux de ruissellement après les pluies de plus en plus fréquentes, épisodes de contamination récurrents. Ces éléments font que la situation actuelle ne peut plus être comparée à celle d’il y a plusieurs décennies.
Lorsque les indicateurs bactériologiques sont élevés, ils peuvent révéler la présence d’autres germes pathogènes non systématiquement mesurés. La contamination n’est pas toujours immédiatement perceptible et ne provoque pas nécessairement des symptômes chez tous les individus.
C’est pourquoi l’APE demande simplement la mise en place de contrôles microbiologiques de l’eau avant les entraînements ou les épreuves, en particulier après de fortes pluies, comme cela se pratique dans de nombreux sports nautiques et comme cela a été fait récemment pour les activités dans les eaux de la Seine depuis les épreuves olympiques.
Quelles sont les raisons qui justifient que ces contrôles bactériologiques ne sont pas réalisés sur les eaux du port de Saint-Mandrier, mystère comme diraient certains ?
Prévenir un risque, ce n’est pas interdire une pratique. C’est permettre qu’elle se poursuive durablement et en toute sécurité.
L’APE agit depuis des années sur l’ensemble des problématiques liées à la qualité de l’eau : port, rade, baignade, productions mytilicoles et ostréicoles. Nous ne sommes ni contre les sportifs, ni contre les professionnels de la mer. Nous sommes pour l’amélioration de la qualité de l’eau, au bénéfice de toutes et tous.
Notre volonté est simple : que jouteurs, baigneurs, plongeurs, voileux et familles puissent continuer à vivre en harmonie avec la mer, sans mettre leur santé en danger.
Nous regrettons enfin que certains élus de la commune cherchent à instrumentaliser ce débat sanitaire en établissant un lien entre l’APE et la liste d’opposition, essayant de créer la polémique afin d’éviter d’aborder le fond du sujet. Créer la confusion en dénigrant ceux qui ne pensent pas comme eux semble être leur mantra.
L’APE est une association indépendante, qui agit depuis plus de 40 ans sur les questions de santé environnementale et de qualité de vie, en dehors de tout engagement partisan. Réduire ces enjeux à une manœuvre politique ne sert ni l’intérêt général, ni la protection de la santé des habitantes et habitants.
De notre côté, le dialogue reste ouvert, dans le respect mutuel et l’intérêt général.
26 janvier 2026 : Joutes nautiques à Saint-Mandrier : une alerte sanitaire ignorée ?
À Saint-Mandrier-sur-Mer, cette question engage directement la responsabilité des autorités publiques. Depuis plusieurs années, l’APE alerte sur l’état sanitaire des eaux du port, sans réponse adaptée.
À la veille d’une grande compétition nationale de joutes provençales, l’Association de protection de l’environnement a donc pris ses responsabilités en réalisant des analyses indépendantes.
Les résultats sont sans appel : les eaux du port présentent une contamination fécale significative, incompatible avec la sécurité sanitaire des sportifs.
Ces résultats font l’objet d’un rapport qui vise à informer, alerter et rappeler que la protection de la santé publique ne saurait être reléguée derrière les impératifs événementiels ou politiques.
Port de Saint-Mandrier-sur-Mer : Un bassin semi-fermé où le renouvellement des eaux est lent, favorisant l’accumulation des polluants microbiologiques, en particulier après les épisodes pluvieux.
Contexte
Des entraînements et des épreuves de joutes sont organisés chaque année dans le port de Saint-Mandrier-sur-Mer, un espace pourtant interdit à la baignade au regard des réglementations européenne et nationale en vigueur.
Signes visibles de pollution chronique : Turbidité élevée, irisations de surface et présence de déchets témoignent d’apports récurrents de polluants dans les eaux du port.
Depuis plusieurs années, des signes de pollution chronique sont observés par l’APE dans les eaux du port : turbidité élevée, notamment lors des épisodes pluvieux intenses, dépôts vaseux importants, irisations en surface, présence de déchets de toutes sortes (plastiques, etc.).
Exutoires pluviaux en activité : Lors des pluies, les eaux de ruissellement lessivent routes et quais, entraînant bactéries et polluants directement dans le bassin portuaire.
Des rejets parfois importants sont également constatés au niveau des nombreux exutoires du réseau d’eaux pluviales débouchant dans le port.
Plages à proximité immédiate du port : Les plages du Canon, du Touring et de La Vieille font régulièrement l’objet d’interdictions de baignade pour cause de contamination microbiologique. (Photographie de l’accès de la plage de La Vieille prise le 28 août 2025).
Les contrôles bactériologiques réglementaires réalisés en période estivale sur les eaux de baignade des plages situées à la sortie du port (plages du Canon, du Touring et de La Vieille) montrent régulièrement des niveaux élevés de contamination microbiologique, conduisant à des interdictions temporaires de baignade.
Ces contrôles mesurent les concentrations en Escherichia coli (E. coli) et en entérocoques intestinaux, bactéries indicatrices de contamination fécale (BIF), conformément à la directive européenne 2006/7/CE et au Code de la santé publique.
Contact direct avec une eau contaminée : La nage dans le port lors d’épreuve de triathlon par exemple et les chutes répétées lors des joutes exposent les sportifs à des risques d’infections gastro-intestinales, cutanées et ORL.
Le signalement de ces pollutions chroniques a été transmis à la commune, aux services préfectoraux, à l’Agence régionale de santé (ARS) du Var et à l’autorité portuaire, accompagné d’une demande de contrôles microbiologiques des eaux du port avant la délivrance d’autorisations pour des activités sportives, comme les épreuves de joutes, impliquant un contact direct avec l’eau.
L’objectif de cette étude est d’évaluer les risques microbiologiques encourus par les participants à ces épreuves.
Baignade interdite dans les ports : une règle de salubrité publique : L’interdiction de baignade vise à protéger la santé des personnes. Elle ne peut être levée sans garanties sanitaires solides.
Méthode
La veille de la Coupe de France des joutes provençales organisée dans le port de Saint-Mandrier-sur-Mer, un prélèvement d’eau a été réalisé par l’APE le 29 août 2025 à 7 h 45, dans la zone où se déroulent les joutes. L’échantillon a été confié au Laboratoire départemental d’analyses et d’ingénierie du Var (LDAI) afin de déterminer les concentrations en E. coli et en entérocoques intestinaux.
Résultats
Les analyses ont mis en évidence les concentrations suivantes :
- 480 entérocoques / 100 mL et 410 E. coli / 100 mL
Ces valeurs élevées indiquent une contamination bactériologique significative d’origine fécale des eaux du port.
Risques sanitaires
La concentration en entérocoques intestinaux (480 e/100 mL) conduit à qualifier l’échantillon d’eau du port de « mauvais », car elle dépasse la valeur guide de 370 entérocoques/100 mL, correspondant à une qualité insuffisante justifiant une interdiction de baignade.
Ces résultats confirment l’existence d’un risque microbiologique pour les personnes exposées aux eaux du port ou aux embruns. Les seuils réglementaires applicables aux eaux de baignade ne sont donc pas respectés.
De telles concentrations peuvent entraîner des infections gastro-intestinales, cutanées ou urinaires, otites, en particulier chez les populations les plus vulnérables.
Conclusion
Les contaminations microbiologiques observées confirment que l’interdiction de baignade dans les ports constitue une mesure de précaution sanitaire essentielle, qui devrait être strictement respectée en l’absence de contrôles adaptés.
Lorsque des dérogations sont envisagées, des mesures de prévention renforcées doivent impérativement être mises en œuvre.
Actions urgentes proposées
- Interdire l’organisation des joutes dans le port en l’absence de contrôles préalables des concentrations en bactéries indicatrices de contamination fécale (BIF).
- Conditionner toute autorisation à la prise en compte, au-delà des seuls seuils microbiologiques, de paramètres complémentaires, tels que ceux recommandés par la fédération World Aquatics, notamment: les conditions météorologiques récentes (précipitations abondantes) et des paramètres « d’inspection sanitaire » de l’eau, incluant la présence d’algues, de déchets, de contaminants de surface, la clarté de l’eau et les odeurs.
- Réduire l’exposition des sportifs aux eaux contaminées en mettant en place des douches permettant un rinçage abondant immédiatement après les épreuves, et en limitant autant que possible le temps de port des vêtements mouillés, afin de diminuer la durée de contact cutané et ORL avec l’eau du port.
- Limiter les « portes d’entrée » cutanées en portant une attention particulière aux lésions de la peau avant les épreuves (protection et recouvrement des plaies), et en assurant après les épreuves une désinfection efficace de celles-ci.
- Mettre en place un système d’alerte précoce en cas d’incident ou de conditions à risque, permettant de déclencher de nouveaux contrôles et, le cas échéant, de reporter les épreuves durant une période de sécurité d’au moins 72 heures, par principe de précaution, en l’absence de quantification précise des risques selon les agents ou substances en présence.
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Ce lundi 26 janvier 2026 à 21h05 sur France 5: Eaux usées : ça déborde de partout
À voir ce soir sur France 5, Eaux usées : ça déborde de partout
Émission « Sur le front » – Lundi 26 janvier 2026 à 21h05
Ce lundi soir, France 5 consacre un numéro de l’émission Sur le front à un sujet de santé publique et d’environnement majeur, trop souvent minimisé : la saturation des réseaux d’eaux usées en France et ses conséquences directes sur nos territoires, nos rivières, nos plages… et notre santé.
Quand les réseaux débordent, les risques explosent
L’émission met en lumière une réalité désormais bien documentée : des réseaux d’assainissement vieillissants, sous-dimensionnés ou défaillants, qui débordent lors d’épisodes pluvieux pourtant de plus en plus fréquents. Résultat :
- des rejets d’eaux usées au pied des habitations,
- des plages et des zones conchylicoles régulièrement fermées,
- des rivières et des ports contaminés par des bactéries fécales ou des cyanobactéries,
- des risques sanitaires bien réels pour les populations et les sportifs exposés.
Ces constats font directement écho aux travaux, alertes et analyses publiés récemment par FNE/APE, notamment sur la contamination bactériologique des eaux portuaires, les effets du ruissellement après les pluies et l’insuffisance des contrôles préventifs.
Un enjeu local… et national
Si certaines communes ont engagé de lourds travaux de rénovation de leurs réseaux d’assainissement, l’émission montre que ces efforts restent trop rares, souvent tardifs, et parfois freinés par des arbitrages budgétaires ou politiques. Pourtant, la réglementation est claire : la protection de la santé publique et des milieux aquatiques est une obligation, pas une option.
À l’heure du changement climatique, de l’intensification des épisodes pluvieux et de la pression croissante sur les milieux littoraux, ignorer ces signaux d’alerte revient à exposer durablement les habitants, les usagers et les activités locales.
Rendez-vous ce soir, lundi 26 janvier 2026 à 21h05 sur France 5
Sur le front – « Eaux usées : ça déborde de partout »
Un reportage à voir absolument pour toutes celles et ceux qui s’interrogent sur la qualité de l’eau, la santé publique et la responsabilité des collectivités.
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