Sur son site Facebook, M. Vincent élabore difficilement des "vérités alternatives" à la Trump : l’APE rétablit les faits point par point.
1. « L’APE veut arrêter les joutes dans le port »
Faux.
L’APE, et son président, n’ont jamais demandé l’arrêt des compétitions de joutes.
Notre demande est simple et de bon sens : que des contrôles microbiologiques réguliers soient réalisés dans les eaux du port, afin de vérifier qu’il n’y a pas de risque sanitaire pour les jouteurs, petits et grands, lors des entraînements et des compétitions.
C’est exactement ce qui a été fait pour les épreuves nautiques sur la Seine lors des Jeux olympiques : on ne supprime pas la compétition, on contrôle l’eau.
2. « Le maire interviewé par FR3, l’APE aussi… mais sur un autre dossier »

Heureusement.
Le président de l’APE a aussi été interviewé par France-TV, mais à partir du rapport que nous avons transmis sur la contamination des eaux du port mise en évidence l’été dernier, après un épisode de fortes pluies et juste avant la Coupe de France des joutes provençales.
C’est une démarche journalistique normale et saine : entendre toutes les parties concernées pour que le public puisse se faire un avis éclairé, en toute transparence.
3. « L’APE demande des interdictions aux autorités »

Faux.
Nous avons transmis un rapport circonstancié au préfet, au directeur de l’ARS, au délégataire du port et au président des Francs‑jouteurs, mais en aucun cas nous ne demandons l’interdiction des joutes.
La conclusion de nos courriers est très claire :
- l’interdiction de baignade dans les ports est une mesure de précaution sanitaire essentielle en l’absence de contrôles adaptés ;
- si des dérogations sont envisagées (comme les joutes), des mesures de prévention renforcées doivent être mises en œuvre (décrites précisément dans notre rapport).
Notre position : sécuriser la pratique, pas la supprimer.
4. « L’APE se base sur des plages éloignées »
Non, nos références sont précises.
Notre rapport mentionne les plages les plus proches du port et directement connectées aux rejets pluviaux : Canon, Touring, La Vieille.
Ce sont ces plages qui reçoivent les eaux de ruissellement du village via des émissaires ; les panneaux d’information y indiquent d’ailleurs clairement les sources potentielles de pollution microbiologique :
- le port de Saint‑Mandrier comme source majeure,
- les collecteurs pluviaux,
- la pompe de relevage du quai Séverine.
5. « Les eaux de baignade des plages proches du port sont excellentes, donc le port aussi »
C’est une déduction plus qu’osée, fausse en réalité.
Les données de l’ARS montrent que, cet été‑là, les eaux de baignade des plages proches du port n’étaient pas toujours excellentes :
- 130 entérocoques / 100 mL au Touring (20 août 2025),
- 230 entérocoques / 100 mL à La Vieille (28 août 2025).
Ces valeurs sont très proches mais inférieures à celle mesurée dans le port atteignant 480 entérocoques / 100 mL (eaux de baignade de mauvaise qualité >370) le 29 aout 2025 et montrent des contaminations significatives par temps de pluie.
Prétendre ignorer ces sources connues de contamination, ou les minimiser, ce n’est pas sérieux.
6. « Les résultats de l’APE ne seraient pas fiables »
Ils le sont, et nous savons ce que nous faisons.
Le président de l’APE a prélevé l’eau du port le 29 août 2025 à 7h45, précisément dans la zone des joutes, à la veille de la Coupe de France. L’échantillon a été confié au Laboratoire départemental d’analyses et d’ingénierie du Var (LDAI), dans le cadre d’une procédure standard (prélèvement, chaîne du froid, délais d’analyse) pour mesurer E. coli et entérocoques intestinaux.
Le président de l’APE a soutenu une thèse sur la persistance des germes pathogènes rejetés en mer par l’émissaire de Marseille-Cortiou (Thèse Université de Marseille, 1980) et a travaillé en laboratoire de microbiologie pendant des années (hôpital Pasteur à Nice). Il maîtrise la problématique de la qualité des eaux et des prélèvements.
Nous serions heureux de connaître les qualifications scientifiques équivalentes de M. Vincent lorsqu’il conteste ces résultats.
7. « L’APE est toujours contre quelque chose (mytiliculture, etc.) »
Vieille rengaine.
La stratégie de M. Vincent est connue : quand nous demandons plus de contrôles (rade, mytiliculture), il affirme que nous sommes “contre les mytiliculteurs”, puis conteste les mesures de l’Ifremer lorsque les valeurs s’envolent.
Et quand une contamination au norovirus frappe les productions mytilicoles, contamination que nous redoutions et annoncions depuis des années, silence radio.
Contester systématiquement les chiffres qui dérangent, s’attaquer aux personnes plutôt que traiter les causes, à force c’est comme écouter un vieux disque rayé.
8. « La commune aussi a fait analyser l’eau du port, et ce n’est pas mauvais »

Comparons ce qui est comparable.
Les résultats mis en avant par M. Vincent concernent un prélèvement unique réalisé le 30 juillet 2025 par Veolia, à la demande de la commune, après un incident sur la station de relevage des eaux usées du quai Séverine le 27 juillet.
Notre prélèvement, lui, date du 29 août 2025, soit un mois plus tard, dans des conditions météorologiques différentes et juste avant la compétition.
Un prélèvement antérieur à un épisode de pollution ne peut pas “prouver” l’innocuité du port dans un autre contexte. Là encore, ce n’est pas sérieux.
9. « Si on a de mauvais résultats, nous, on prend des arrêtés, pas des photos »
Nous aussi, nous faisons plus que des photos.
M. Vincent semble nous reprocher tour à tour de ne faire que « prendre des photos » mais aussi de « faire des analyses » qui finalement le dérange. Et que fait-il lui ? Toujours urgent d’attendre ?
Notre position est simple :
- documenter par des images pour rendre visible ce qui est caché ;
- analyser avec des protocoles rigoureux ;
- et, si les résultats sont mauvais, demander que des arrêtés d’interdiction temporaires soient pris et que des mesures de réduction de la pollution soient engagées.
C’est d’ailleurs ce qui s’est fait pour la Seine aux JO : contrôles, transparence, décisions claires. Pourquoi serait-ce impossible à Saint‑Mandrier ?
10. « L’APE ne connaît même pas la couleur des maillots des Francs‑jouteurs »
Mauvaise foi.
La photo utilisée en couverture de notre rapport montre un jouteur de Martigues, et c’est volontaire.
Nous ne souhaitions pas stigmatiser les Francs‑jouteurs mandréens, ni donner l’impression que notre démarche vise “nos” jouteurs, ce que M. Vincent nous aurait reproché. Elle concerne toutes les équipes accueillies, d’où qu’elles viennent.
Une commune qui organise ou accueille des compétitions doit pouvoir garantir à tous les sportifs, locaux ou invités qu’elle accueille, que leur santé est protégée.
11. « L’APE est politisée parce que le fils du président est tête de liste »
Amalgame.
Oui, le fils du président de l’APE est tête de liste de La Vague Mandréenne et son mandataire est l’ancien secrétaire de l’APE.
Et alors ? Cela n’enlève rien à la légitimité de l’association à alerter sur des risques sanitaires avérés, ni au sérieux des analyses produites. Y aurait-il une loi l’interdisant, à moins que M. Vincent se trompe de pays ?
À ce jeu‑là, faudrait‑il aussi disqualifier toutes les associations dont les dirigeants figurent sur la liste de M. Vincent et que la commune subventionne ? A-t-il oublié que son fils est dans sa liste et dans son parti politique ?
L’engagement bénévole pour la santé et l’environnement n’est pas moins respectable que l’engagement électoral.
12. « L’APE s’acharne sur les joutes »
Non, nous protégeons les jouteurs.
L’APE a un profond respect pour la tradition des joutes et pour le travail des Francs‑jouteurs.
Notre seule exigence est que ces pratiques se déroulent dans des conditions sanitaires sûres.
Plutôt que de caricaturer notre démarche, M. Vincent pourrait choisir la voie la plus simple : mettre en place, avec les autorités compétentes, un protocole de contrôle régulier de la qualité de l’eau du port et des mesures de prévention adaptées.
Ce serait la meilleure façon d’honorer la mémoire des jouteurs d’hier et de protéger ceux d’aujourd’hui.




