Sur notre site, "Look Up" rime d'habitude avec panache de fumée : c'est le signal qu'on lève les yeux pour repérer les traînées de pollution des ferries de la Corsica Ferries et d’autres croisiéristes au-dessus de la rade.
Alors on ne va pas se mentir, hier après-midi, en voyant un Rafale puis la Patrouille de France dessiner leurs figures au-dessus de la rade de Toulon et Saint-Mandrier, le réflexe "Look Up" est resté le même, mais le spectacle, cette fois, avait de quoi couper le souffle pour de bonnes raisons.
Le ciel a enchaîné en soirée avec le feu d'artifice du 15 août tiré depuis Toulon, admiré depuis les plages du village où beaucoup de Mandréens et de visiteurs s'étaient rassemblés pour lever le nez ensemble, une dernière fois dans la journée.
Une fois n'est pas coutume : merci au ciel de nous avoir offert, hier, deux excellentes raisons de "Look Up".
Deux, presque trois en réalité. Car sur l'une des toutes dernières photos de la soirée, alors que les derniers bouquets du feu d'artifice s'éteignaient encore dans le ciel, le Pascal Lota de la Corsica Ferries est venu clôturer le spectacle à sa façon : un panache dense et bien réel, celui-là, qui ne dure pas quelques secondes comme un tir d'artifice mais s'étire, s'épaissit, et retombe lentement sur la rade. Sauf que ce panache-là, personne n'a semblé vouloir le voir : la foule tournait déjà le dos à la mer, pressée de rentrer avec en tête les belles images du feu d'artifice, comme si, ce soir-là, on avait collectivement préféré ne garder que la fête, et laisser filer le reste sans y accorder un regard. Le feu d'artifice, on lève le nez pour lui. La pollution, elle, semble n'avoir droit qu'à l'oubli volontaire, alors même qu'elle est là bien plus longtemps que dix minutes de bouquet final.
Look Up, disait-on. Peut-être faudrait-il, de temps en temps, continuer à regarder un peu le ciel après que le spectacle est fini, même quand ce qu'on voit ne fait pas rêver.
Admirer la beauté de notre ciel, c'est aussi refuser qu'on le pollue !