Lors des soirées dansantes estivales Mousse et Tagada, l’organisateur a choisi d'ouvrir les soirées en faisant retentir la sirène d'alerte que les habitants entendent habituellement à midi chaque premier mercredi du mois.

Cette sirène n'est pourtant pas un simple effet sonore. Elle fait partie du dispositif d'alerte des populations et doit permettre, lorsqu'elle retentit en dehors des essais programmés, de signaler une situation nécessitant une réaction de la population.

Faut-il alors banaliser ce signal en l'utilisant comme animation lors d'une soirée festive ?

Une alerte n'est efficace que si elle est immédiatement identifiée comme telle. À force d'associer le même signal à des situations ludiques ou festives, ne risque-t-on pas de diminuer son caractère exceptionnel et la réaction qu'il devrait provoquer lorsqu'il correspondra réellement à une situation de danger ?

La question mérite d'autant plus d'être posée que cette sirène peut signaler des événements très différents : accident industriel, incendie majeur, catastrophe naturelle ou autre situation nécessitant la protection de la population.

Et pourquoi avoir choisi précisément ce signal ?

Nous ne prétendons évidemment pas connaître l'intention de ceux qui ont fait ce choix. Mais dans un contexte où l'on demande parallèlement aux citoyens de se préparer davantage aux situations de crise, il serait paradoxal de banaliser l'un des outils permettant justement de les alerter.

Une chose est certaine : les dispositifs d'alerte ne sont pas des accessoires sonores. Ils existent pour être reconnus lorsqu'une situation réelle l'exige.

Une sirène destinée à prévenir d'un danger devrait-elle vraiment devenir un bruit de fête pour attirer le public ? Oui, cette question mérite d’être posée, avant que la frontière entre l’utilisation festive et la vraie alerte ne devienne trop floue dans les esprits.

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