Pollution de l’air, rejets en mer, impact sur les territoires côtiers : l’industrie de la croisière est depuis longtemps dans le viseur des associations environnementales. Ce lundi 2 novembre à 21 h, l’enquête #SurLeFront consacrée aux croisières sera diffusée en intégralité sur France 5. Pour celles et ceux qui ne veulent pas attendre, elle est dès à présent disponible sur la plateforme france.tv.
De passage dans la rade de Toulon Le Vision of the Seas et le Brilliance of the Seas sont des navires de croisière exploités par Royal Caribbean International. Le voyage inaugural du premier a débuté le 2 mai 1998, il compte 10 ponts passagers et peut accueillir 2 416 passagers et un équipage de 765 personnes. Le second, achevé en 2002, a une capacité maximale de 2 543 passagers et embarque 848 membres d'équipage. (Photographies prises le 29 octobre 2022 à 8h00 et le 23 juin 2026 à 15h30)
Ce que la loi permet aux navires, une fois loin des côtes
Le point central de cette enquête rejoint un combat que l’APE mène depuis des années : en haute mer, les bateaux de croisière disposent d’une grande liberté, souvent à l’abri des regards et des contrôles. L’émission met notamment en lumière l’usage des scrubbers en boucle ouverte.
Ces systèmes, aussi appelés « laveurs de fumées », permettent aux navires de continuer à brûler du carburant très soufré tout en respectant sur le papier les limites d’émissions de soufre dans l’atmosphère. Le principe est de laver les fumées avec de l’eau de mer. En boucle ouverte, cette eau chargée de polluants est ensuite rejetée directement dans le milieu marin.
Une pollution déplacée, pas supprimée
Pour l’APE, le problème est là : la pollution de l’air n’est pas supprimée, elle est transférée vers l’eau. Et ce transfert est parfaitement légal au-delà d’une certaine distance des côtes. La réglementation actuelle permet ainsi aux compagnies de rejeter des eaux polluées sans enfreindre la loi, tant qu’elles respectent les zones et les distances prévues.
Cette situation n’a rien d’une fatalité, mais d’un choix réglementaire. Nous la dénonçons depuis des années, parce qu’un océan ne connaît pas de frontières administratives : ce qui est rejeté à quelques dizaines de kilomètres du rivage finit par atteindre les écosystèmes, la faune marine et, à terme, les littoraux.
Pourquoi regarder cette enquête
En rendant ces pratiques visibles pour le grand public, #SurLeFront contribue à un débat essentiel : celui de la responsabilité d’une industrie touristique en pleine expansion, en particulier dans notre région, et de l’adaptation d’un cadre réglementaire qui, aujourd’hui, autorise ce que beaucoup jugeraient inacceptable s’il se passait près de nos plages.
L’APE invite donc ses adhérents, ses sympathisants et l’ensemble des citoyens à regarder cette enquête, à la partager et à s’emparer du sujet.
À voir donc :
- En direct : lundi 2 novembre à 21 h sur France 5 ( #SurLeFront )
- En replay / à la demande : dès maintenant sur france.tv
L’APE continuera de se mobiliser pour que la protection du milieu marin ne s’arrête pas là où commence la haute mer. Parce que protéger la mer commence aussi par comprendre les réglementations qui autorisent encore certaines formes de pollution, l’APE invite ses adhérents et sympathisants à découvrir cette enquête particulièrement éclairante.
Si vous partagez nos valeurs, merci de soutenir l’APE. JE FAIS UN DON
Pour en savoir plus
- 17 avril 2026 : Pollution atmosphérique en rade de Toulon, les photos parlent d'elles-mêmes
- 7 mai 2025 : La Méditerranée passe en zone à faibles émissions de soufre
- 14 avril 2025 : La valse des croisiéristes dans le silence des politiciens locaux…
- 11 décembre 2024 : Brilliant Lady, les sirènes toulonnaises ont du souci à se faire
- 3 octobre 2023 : D’après Mer et Marine, le Valiant Lady ne polluerait pas, ben voyons …
- 25 mai 2022 : Tu reprendras bien une p’tite pollution ? Avec ou sans scrubber ?
- 16 février 2022 : Nouvel enfumage avec l’interdiction des rejets en mer des scrubbers
- 10 août 2021 : Bonne mère, c’est la risée nationale !
- 16 mai 2021 : INFOX INTOX Municipales - Histoire d'enfumage
- 1er janvier 2020 : Le fuel lourd est mort ! Vive le fuel lourd avec scrubber !