La COP17 sur la biodiversité, réunie à Erevan en Arménie, s’est achevée le 31 octobre. Les États reconnaissent le retard pris sur les objectifs de 2030 et appellent à accélérer les actions. Mais les compromis et les incertitudes financières persistent. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les indicateurs rappellent que cette crise mondiale se joue aussi dans nos paysages, nos zones humides et notre Méditerranée.
Une urgence reconnue, des décisions encore insuffisantes
En 2022, à Montréal, les États signataires de la Convention sur la diversité biologique adoptaient le Cadre mondial de Kunming-Montréal. Ses 23 objectifs visent notamment à préserver 30 % des terres et des mers, restaurer les écosystèmes dégradés, réduire les pollutions et lutter contre les espèces exotiques envahissantes d’ici 2030.
Dans le Var, la prolifération d’espèces exotiques envahissantes, comme l’algue Caulerpa taxifolia, constitue une menace croissante pour les écosystèmes marins et la biodiversité méditerranéenne. Favorisée notamment par les activités humaines et les perturbations des milieux, leur expansion peut bouleverser les équilibres écologiques et fragiliser davantage des habitats déjà soumis aux pollutions et au réchauffement climatique.
À Erevan, le constat est sévère : le monde est en retard. La COP17 a adopté une feuille de route pour accélérer la mise en œuvre de ces objectifs, mais les négociations ont une nouvelle fois révélé les blocages, en particulier sur les financements.
Le cadre mondial prévoit de mobiliser au moins 200 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour la biodiversité. Pourtant, les moyens restent insuffisants et la répartition de l’effort financier demeure contestée.
Les observateurs ont pointé du doigt un paradoxe français bien connu maintenant : si la diplomatie française est saluée à l'échelle internationale, ses propres indicateurs nationaux de biodiversité continuent de stagner ou de se dégrader !
Reconnaître l’urgence ne suffit pas : encore faut-il financer et mettre en œuvre les actions nécessaires.
En PACA, une richesse naturelle fragilisée
Notre région figure parmi les territoires français les plus riches en biodiversité. Mais cette richesse ne garantit pas la bonne santé des écosystèmes.
L’Indice Région vivante, fondé sur le suivi de 325 espèces de vertébrés entre 2000 et 2021, révèle que 41 % des espèces suivies étaient en déclin. Les tendances sont particulièrement préoccupantes dans les milieux agricoles et marins. Le suivi régional des oiseaux communs fait également apparaître que certaines espèces, souvent spécialistes de milieux particuliers, se raréfient.
Sur le littoral, l’urbanisation, l’artificialisation, les pollutions, la fréquentation et le changement climatique exercent une pression croissante sur les habitats. Les herbiers de posidonie, les fonds coralligènes et les autres milieux marins méditerranéens sont directement concernés.
Dans la rade de Toulon et autour de Saint-Mandrier, ces enjeux ne sont pas abstraits : ils touchent à la qualité des eaux, aux habitats marins et aux choix d’aménagement du territoire.
Des engagements à traduire sur le terrain
La COP17 rappelle que les objectifs mondiaux ne pourront être atteints sans une mobilisation à tous les niveaux. Les engagements internationaux doivent se traduire dans les politiques nationales, les décisions régionales, les documents d’urbanisme et les pratiques locales.
La région PACA dispose d’une stratégie pour la biodiversité 2025-2035. Il reste à en suivre la mise en œuvre et à vérifier que les résultats sont à la hauteur des enjeux.
Pour l’APE, la conclusion est claire : la biodiversité ne peut pas être protégée uniquement dans les discours. Elle doit être prise en compte dans les décisions, les budgets et les projets qui transforment notre territoire.
Le vivant ne peut pas attendre 2030.
Pour découvrir les chiffres, les sources et les enjeux en détail, consultez notre dossier sur la COP17 et le déclin de la biodiversité en PACA.